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Chez Michel Rameau, à Bouhy (58)

Retour sur 5 ans d’exploitation de parcelles en Maet sur un bac

Le mardi 26 mai, la Chambre d’Agriculture de la Nièvre a proposé une rencontre technique à Bouhy, chez Michel Rameau, sur la mise en place d’un système de culture sur un bassin d’alimentation de captage (Bac). La combinaison des leviers techniques mis en oeuvre pour parvenir à des objectifs de réduction d’IFT et d’azote dans le cadre d’une Maet de 2009 à 2013 ainsi qu’un bilan des résultats techniques et économiques ont été présentés.
Par Communiqué
Retour sur 5 ans d’exploitation de parcelles en Maet sur un bac
La herse étrille est un complément dans le désherbage. Elle vient s’intégrer dans le programme de désherbage chimique réduit.
Michel Rameau, polyculteur-éleveur, est concerné par la délimitation du bassin d’alimentation du captage de Bouhy, il cultive 34ha sur cette zone. C’est pourquoi, dès 2009, il souscrit à une Maet réduction d’azote et de produits phytosanitaires. «La Maet était pour moi l’occasion de changer progressivement mes pratiques et d’introduire d’autres cultures que le colza, le blé tendre et l’orge d’hiver. Dans une certaine mesure elle m’a permis de sécuriser mon revenu par rapport à un risque de diminution des rendements».

Rotation longue, résistante et varié
Il investit aussi dans une herse étrille cette année là afin de compléter le désherbage chimique réduit.
Une rotation de six ans (pois d’hiver/blé/colza/blé/orge d’hiver/orge de printemps), le choix de variétés résistantes aux maladies, le décalage de la date de semis des céréales, les faux semis en interculture et le désherbage mécanique sont les principaux leviers agronomiques qu’il a retenu pour la gestion des maladies, des ravageurs et des adventices.
«L’objectif du système n’est pas en soi de se passer d’herbicide. Il est de combiner différents leviers pour avoir à gérer une pression adventice moindre et optimiser ainsi l’efficacité du traitement, même à doses réduites» précise Cédric Zambotto, conseiller Grandes Cultures à la Chambre d’Agriculture, et animateur du réseau Dephy dont fait partie Michel Rameau.
L’agriculteur complète en expliquant que ce système demande de s’adapter au climat de l’année et de bien observer les parcelles. «Le désherbage à la herse étrille est tributaire des fenêtre climatiques. L’outil ne sort pas tous les ans à l’automne avec la pluie».
Sur les 5 campagnes, ce système présente en moyenne une réduction de l’IFT* herbicide de -38% (-44% la dernière année) par rapport à la référence du Bac et de -61% de l’IFT* total. Techniquement, les rendements n’ont pas diminués et la Maet a compensé quelques difficultés rencontrées (soucis de levée de culture de printemps, densité de semis un peu faible dans les débuts à la herse étrille).

A marge égale
Avec la diminution des charges, il n’a pas diminué ses marges qui restent du niveau des références locales de la Chambre d’Agriculture. Le changement de système de culture ne s’est pas traduit non plus par une forte augmentation de la charge de travail de par l’étalement des dates de semis et aussi par la valorisation de la herse pour semer les couverts.

En bilan, quelques facteurs limitant sont apparus : les deux dernières campagnes assez favorables aux adventices couplées au contexte de forte réduction herbicide ont un peu sali les parcelles. L’agriculteur a décidé de labourer cette année devant ses céréales. Enfin la réduction d’azote (115 U en moyenne toutes cultures confondues) peut s’avérer limitante sans attention dans la répartition des cultures dans l’assolement. Néanmoins l’agriculteur reste globalement satisfait des résultats obtenus.

* L’IFT (Indice de Fréquence de Traitement) se calcule selon le rapport (Dose appliquée du produit/Dose homologuée du produit) x (Surface traitée/Surface traitable). Cet indicateur représente le niveau d’utilisation des produits phytosanitaires à l’échelle des exploitations. Des références locales peuvent exister et permettent de distinguer IFT herbicides et IFT hors herbicides