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Syndicalisme

Rétablissons les vérités !

La filière viande bovine serait-elle la filière «fake news» du moment ? Dans les cours de ferme, tout est prétexte à justifier auprès des éleveurs de prix d’animaux ne pouvant se tenir qu’au plus bas ! A l’heure où l’éthique de certains acteurs de la filière fleurte avec le niveau de la mer, petit florilège des contre-vérités dont usent à tout va les vendeurs de peur dans la campagne.
Par Section bovine FDSEA 58
Consommation de viande bovine ?
Les vendeurs de peur : La consommation de viande bovine chute drastiquement !
La vérité : Allégation mensongère !
Souvent relayé en information, les chiffres et statistiques de consommation de viande bovine en France nous prouvent le contraire. En 2018, la consommation de viande bovine a progressé en France de 1,6 % par rapport à l’année 2017, tout en constatant un recul des achats des ménages sur cette même période.
Concrètement, la consommation globale de viande augmente sous l’effet d’une mutation des modes de consommation, avec l’avènement du burger et de la consommation de viande hachée (bolognaise …) dans l’ensemble des enseignes de restauration, et une consommation hors domicile de viande qui se renforce au profit de la consommation « à domicile ».  

Saturation du marché ?
Les vendeurs de peur : La recrudescence d’abattage de bovins allaitants sature le marché du gras !
La vérité : Allégation mensongère !
Depuis 2017, le cheptel de vaches allaitantes en France connaît une baisse structurelle avec 84 000 vaches en moins au 1er septembre 2018 par rapport au 1er septembre 2017. Moins d’animaux allaitants sont de fait disponibles sur le marché. Par ailleurs depuis la semaine 31 de l’année 2018 (début août), les statistiques d’abattage fournis par Normabev font apparaître un volume d’abattage de vaches à viande (en noir sur le graphique joint), inférieur à l’année 2017.

Prix de la viande en GMS ?
Les vendeurs de peur : Les prix de la viande bovine en magasin sont sans cesse en baisse !
La vérité : Allégation mensongère !
Là, l’allégation ne peut être l’œuvre que d’un interlocuteur qui prend le paysan pour un niais … L’aval de la filière n’a jamais été en capacité de s’organiser pour peser face à la grande distribution et chacun, tour à tour et chaque semaine, sacrifie la marge qui devrait revenir aux producteurs pour placer sa marchandise au moins disant face à l’abatteur majeur du marché. Une des raisons pour lesquelles la filière accompagne à sa manière la stagnation basse des cours des animaux, de manière à garder un peu de marge et assurer le fonctionnement des outils.
Quant aux prix à la consommation, ils n’ont jamais été aussi élevés et par ailleurs éloignés des niveaux de charges des éleveurs. En témoigne le graphique faisant état de l’évolution des prix à la consommation (en rouge), des prix entrée abattoir (en bleu) et de l’indice Ipampa (en vert) matérialisant le niveau de charges des exploitations.
En synthèse la filière viande bovine c’est une chaîne où la grande distribution marge en compressant ses fournisseurs, où les fournisseurs sacrifient le prix de vente de la viande pour évacuer la marchandise qu’ils ont sur les bras et où les producteurs récupèrent les miettes.
Pour contrecarrer cette dynamique suicidaire, la FNB, JA et la FNSEA ont travaillé dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation à l’élaboration d’un cadre juridique permettant de sanctionner les pratiques des GMS (promotion abusive, seuil de revente à perte, importations distorsives), et en organisant les relations entre producteurs et aval via le regroupement de l’offre, la contractualisation et la reconnaissance des coûts de production. La loi donne des outils mais ne déterminera pas le prix du kilo de viande. Aux producteurs de prendre les initiatives désormais.

Compétitivité à l’export ?
Les vendeurs de peur : Les éleveurs français ne sont pas assez compétitifs à l’export !
La vérité : Allégation mensongère !
Les prix pratiqués par la France à l’Export sont loin d’être déconnectés de ceux pratiqués par les autres pays Européens. En revanche, la filière ne cherche pas nécessairement à se positionner sur ces marchés, alors même qu’ils sont susceptibles de tendre l’offre sur le marché intérieur et de mécaniquement influencer les cours vers le haut.
Voici quelques vérités rétablies parmi un tissu d’âneries brassé au quotidien par des opérateurs parfois peu scrupuleux. Faites-en bon usage. Le travail des éleveurs mérite reconnaissance et respect. Sachez le rappeler à celles et ceux qui tentent de laisser penser le contraire.