Visite du préfet de région sur le thème « bois et forêt »
Réflexion sur la ressource et la quête de valeur ajoutée
Pascal Mailhos, préfet de région, était dans la Nièvre le 4 décembre dernier, pour une table ronde et une série de visites consacrées à la filière «bois et forêt».
Entre une visite à la scierie Petitrenaud à Dirol, de la station de Douglas de Montreuillon et, en fin d’après-midi, de l’entreprise de sapins de Noël Naudet à Planchez-en-Morvan, le préfet de région et son homologue de la Nièvre, Michèle Kirry, ont animé une table ronde, à Montreuillon, en présence des acteurs majeurs de la filière bois dans le département. En 1h30 chrono en main, les participants ont été amenés à plancher tour-à-tour sur [I]«la ressource forestière»[i], [I]«les outils industriels nivernais»[i] et [I]«les conditions d’un développement global de la filière»[i]. Rappelant que la Nièvre compte [I]«autant d’hectare de forêt que d’habitant»[i], Michèle Kirry a introduit ce début de réflexion collective en justifiant que [I]«le thème mérite notre attention si l’on veut commencer à mieux valoriser cette richesse nivernaise»[i]. Et Pascal Mailhos de lui emboiter le pas: [I]«nous avons une série de défis à relever, dans la compétitivité, l’adaptation aux normes, l’adéquation de la production à la consommation, le renouvellement de la forêt, l’approvisionnement en bois, l’adaptation des outils industriels»[i]. Détaillant l’engagement de l’État de faire de ce secteur l’une des priorités du redressement productif national (Arnaud Montebourg était venu dans la Nièvre sur ce thème il y a un mois), que ce soit au travers du nouveau Plan national pour l’industrie du bois, de la prochaine loi d’avenir (instituant un fond stratégique forêt/bois) ou de la loi de finances 2014 (proposant des dispositifs fiscaux pour l’investissement dans la forêt), le préfet a tenu à préciser quels sont les enjeux pour la Bourgogne: [I]«3ème région de récolte avec 920 000 m3, faisant vivre directement 15 000 personnes, dont les forêts sont composées à 80% de feuillus et 20% de résineux»[i]. Et il a prévenu: [I]«nous devons être prêts à prendre le train en route dès que les soutiens nationaux seront mis en place»[i].
[INTER]Renouveler la ressource...[inter]
La ressource doit monopoliser l’attention. Les 225 000 ha de surfaces boisées nivernaises sont couvertes à majorité de feuillus, les résineux ne représentant que 6% de l’ensemble, sauf dans le Morvan où la proportion de résineux, de Douglas notamment, grimpe à 55%. C’est ce qu’a rappelé Bruno Vanstaevel, responsable du CRPF dans le département, qui a souligné que la spécificité nivernaise résidait dans la propriété des bois, à trois quart privée. Si 16 200 propriétaires possèdent moins de 1 ha, 950 autres en possèdent 118 000 ha, la plupart du temps gérés selon des documents de gestion durable. Et, malgré quelques idées reçues, la ressource n’est pas toujours exploitable. [I]«Seuls 46% sont accessibles, à moins de 200 m, tandis que 25% des bois sont à plus de 1000 mètres d’une desserte»[i] a-t-il souligné en pointant du doigt à la fois un problème et un potentiel. La production annuelle de la Nièvre représente 40 millions de m3 sur pied (dont 27 millions de chêne) soit 1,3 million de m3 de volume brut. Quant au Douglas, qui atteint 11 m3 par ha et par an, [I]«on peut en améliorer la productivité si on fait un effort sur l’amélioration des routes et le réinvestissement dans les plantations»[i]. Car, selon Jean-Roch Gaillet, le DRAAF, [I]«la Bourgogne est déficitaire de 450 000 m3 par rapport au Limousin et à Rhône-Alpes»[i]. Un paradoxe, compte tenu d’une ressource considérée comme fournie. Pour le représentant des propriétaires privés, M. de Bourgoin, [I]«il y a un problème de ressource disponible qui perce à horizon de 2030-2035. Je ne suis pas inquiet pour le Douglas et les taillis sont favorables mais la tendance à long terme pour le chêne se casse la figure»[i] a-t-il alerté l’assistance. C’est que le chêne, contrairement aux résineux, met plus de 100 ans à produire (contre 40 ans pour le Douglas) et [I]«qu’il nous faut trouver des débouchés, dès l’aval, en s’engageant dans la voie de la recherche et du marketing»[i]. [I]«Depuis Colbert et la forêt publique, il n’y a pas d’investissement en plantation car pas de moteur économique et donc de rentabilité, notamment en feuillus»[i] a confirmé le SGAR pour qui l’essor des résineux dans le Morvan [I]«résulte de la dépréciation des terres agricoles»[i]. D’où l’urgence absolue de créer les conditions d’un véritable pôle bois/forêt dans la Nièvre et la Bourgogne, [I]«avec tous les acteurs et les Pouvoirs Publics et non pas chacun de son côté»[i] a insisté Patrice Joly, le président du Conseil général et du Parc naturel régional du Morvan.
[INTER]Innovation et valeur ajoutée[inter]
Car, si tous les responsables présents à Montreuillon sont convaincus de devoir initier [I]«une démarche collective, une réflexion globale de nature à développer la ressource et capter de la valeur ajoutée»[i], selon la préfète de la Nièvre, les intervenants de la filière agissent pour l’instant en ordre dispersé. [I]«La Nièvre ne concentre que 12% des emplois régionaux du secteur pour 50% de la transformation régionale»[i] a détaillé Didier Verlynde, le directeur de Nièvre Développement, l’agence de développement économique du département. Alors que circulaient des échantillons de nouveaux matériaux conçus à partir du bois, le plus souvent faits en Chine, l’unanimité s’est faite autour de l’idée que l’innovation devait venir asseoir le développement de la filière. Outre les sociétés de sciage, dont le poids lourd s’appelle Bois et sciages de Sougy, l’accent doit être mis sur les outils à plus forte valeur ajoutée. [I]«Trois thèmes sont prioritaires: le bois énergie, la création d’unités en séchage/sciage/tri/rabotage, et attirer des industriels de 2ème transformation»[i]. [I]«Nous ne sommes pas plus bêtes que les Chinois pour proposer de nouveaux produits»[i] a réagi Michèle Kirry, en conclusion de la table ronde.
Encore faut-il que les investissements suivent et que l’envie de travailler ensemble dépasse, comme par ailleurs l’élevage allaitant, la seule vocation primaire...
[INTER]Renouveler la ressource...[inter]
La ressource doit monopoliser l’attention. Les 225 000 ha de surfaces boisées nivernaises sont couvertes à majorité de feuillus, les résineux ne représentant que 6% de l’ensemble, sauf dans le Morvan où la proportion de résineux, de Douglas notamment, grimpe à 55%. C’est ce qu’a rappelé Bruno Vanstaevel, responsable du CRPF dans le département, qui a souligné que la spécificité nivernaise résidait dans la propriété des bois, à trois quart privée. Si 16 200 propriétaires possèdent moins de 1 ha, 950 autres en possèdent 118 000 ha, la plupart du temps gérés selon des documents de gestion durable. Et, malgré quelques idées reçues, la ressource n’est pas toujours exploitable. [I]«Seuls 46% sont accessibles, à moins de 200 m, tandis que 25% des bois sont à plus de 1000 mètres d’une desserte»[i] a-t-il souligné en pointant du doigt à la fois un problème et un potentiel. La production annuelle de la Nièvre représente 40 millions de m3 sur pied (dont 27 millions de chêne) soit 1,3 million de m3 de volume brut. Quant au Douglas, qui atteint 11 m3 par ha et par an, [I]«on peut en améliorer la productivité si on fait un effort sur l’amélioration des routes et le réinvestissement dans les plantations»[i]. Car, selon Jean-Roch Gaillet, le DRAAF, [I]«la Bourgogne est déficitaire de 450 000 m3 par rapport au Limousin et à Rhône-Alpes»[i]. Un paradoxe, compte tenu d’une ressource considérée comme fournie. Pour le représentant des propriétaires privés, M. de Bourgoin, [I]«il y a un problème de ressource disponible qui perce à horizon de 2030-2035. Je ne suis pas inquiet pour le Douglas et les taillis sont favorables mais la tendance à long terme pour le chêne se casse la figure»[i] a-t-il alerté l’assistance. C’est que le chêne, contrairement aux résineux, met plus de 100 ans à produire (contre 40 ans pour le Douglas) et [I]«qu’il nous faut trouver des débouchés, dès l’aval, en s’engageant dans la voie de la recherche et du marketing»[i]. [I]«Depuis Colbert et la forêt publique, il n’y a pas d’investissement en plantation car pas de moteur économique et donc de rentabilité, notamment en feuillus»[i] a confirmé le SGAR pour qui l’essor des résineux dans le Morvan [I]«résulte de la dépréciation des terres agricoles»[i]. D’où l’urgence absolue de créer les conditions d’un véritable pôle bois/forêt dans la Nièvre et la Bourgogne, [I]«avec tous les acteurs et les Pouvoirs Publics et non pas chacun de son côté»[i] a insisté Patrice Joly, le président du Conseil général et du Parc naturel régional du Morvan.
[INTER]Innovation et valeur ajoutée[inter]
Car, si tous les responsables présents à Montreuillon sont convaincus de devoir initier [I]«une démarche collective, une réflexion globale de nature à développer la ressource et capter de la valeur ajoutée»[i], selon la préfète de la Nièvre, les intervenants de la filière agissent pour l’instant en ordre dispersé. [I]«La Nièvre ne concentre que 12% des emplois régionaux du secteur pour 50% de la transformation régionale»[i] a détaillé Didier Verlynde, le directeur de Nièvre Développement, l’agence de développement économique du département. Alors que circulaient des échantillons de nouveaux matériaux conçus à partir du bois, le plus souvent faits en Chine, l’unanimité s’est faite autour de l’idée que l’innovation devait venir asseoir le développement de la filière. Outre les sociétés de sciage, dont le poids lourd s’appelle Bois et sciages de Sougy, l’accent doit être mis sur les outils à plus forte valeur ajoutée. [I]«Trois thèmes sont prioritaires: le bois énergie, la création d’unités en séchage/sciage/tri/rabotage, et attirer des industriels de 2ème transformation»[i]. [I]«Nous ne sommes pas plus bêtes que les Chinois pour proposer de nouveaux produits»[i] a réagi Michèle Kirry, en conclusion de la table ronde.
Encore faut-il que les investissements suivent et que l’envie de travailler ensemble dépasse, comme par ailleurs l’élevage allaitant, la seule vocation primaire...
Fréderic Naudet: « 300 000 sapins partent de Planchez-en-Morvan»
A Planchez-en-Morvan, le P-DG des pépinière Naudet est sur le pont. C’est la période de rush pour ce leader de la production de sapins de Noël naturels. La coupe s’est étalée de début à mi-novembre et les livraisons ont commencé autour du 15 novembre. En recevant les préfets de région et de la Nièvre, le DRAAF et le président du Conseil général, le 4 décembre, Frédéric Naudet pouvait consacrer un peu de temps à la communication puisque «nous sommes déjà en fin de saison. Ce qui compte le plus pour nous, ce sont les semaines 46 à 49, avec un pic durant la semaine 48». Sur la plateforme de 5 ha dédiée à l’expédition, l’entreprise reçoit jusqu’à 45 poids lourds par jour, à cette époque, pour livrer 450 000 sapins (dont 150 000 à partir des autres sites de l’Yonne et de la Saône-et-Loire). Le dépôt et le bureau ne servent qu’un mois et demi par an mais là, il faut servir les commandes des clients que sont les Système U, Carrefour, Monoprix, Intermarchés de Bourges et Montargis et Auchan. Ensachés, palettisés, chargés: les sapins, Nordmann le plus souvent, offrent la vision d’un balai incessant, d’un volume géant, avant que chaque « roi des forêts » ne trône fièrement dans les foyers durant les fêtes. «Nos concurrents sont en Bretagne et à Rungis mais nous produisons 80% de ce que nous vendons» assure Fréderic Naudet, statistiques de l’interprofession Val’Hor à l’appui, qui indiquent que la Nièvre est le 1er département producteur français et que dans le Morvan son entreprise en est la locomotive. «On manque de surfaces par rapport à la demande de nos clients et on fait appel à certains collègues producteurs locaux pour nous fournir» explique le chef d’entreprise heureux, qui a confirmé aux préfets l’embauche de deux salariés en Emploi d’avenir. Cette année, l’entreprise s’est diversifiée sur des marchés de niche, en proposant à la fois des couronnes de sapins naturels mais aussi un site internet (mylittlesapin.fr) qui permet en trois clics de commander et de se faire livrer son sapin.