Plan protéines végétales
Réduire la dépendance
Économie, agronomie, environnement, sécurité alimentaire... Tout milite pour le développement de la production de protéines végétales. Le conseil régional de Bourgogne a mandaté la Chambre régionale d’agriculture pour construire un plan protéines avec les partenaires amont et aval des filières végétales et animales. Enjeux et perspectives.
Qui dit protéines, pense souvent soja... Tant il est vrai que le soja tient la première place dans l’alimentation animale, avec un déficit récurrent qui tourne à 70% entre production et consommation. Nous importons massivement du soja pour répondre aux besoins de l’alimentation des animaux, c’est mauvais pour la balance commerciale, dommageable pour l’environnement et l’économie des élevages... Sans parler du risque de [I]«dépendance»[i] des systèmes à ces importations. Quelle sécurité physique des approvisionnements en protéines des éleveurs européens ? La question a été posée en ces termes par Coop de France Déshydratation depuis longtemps déjà.
[INTER]Un diagnostic partagé[inter]
Toutes les productions d’élevage sont concernées par l’élaboration d’un plan protéines régional, défini à partir d’un diagnostic partagé et qui s’appuie sur des complémentarités évidentes entre les grandes cultures et l’élevage.
Où trouver les protéines végétales ? Les pois, la féverole et les fèves, la luzerne, le lupin doux, le méteil (mélange de céréales et de protéagineux), le soja bien sûr... mais aussi les cultures intermédiaires représentent une source de protéines trop souvent négligée. Mais les surfaces de légumineuses restent très limitées, en baisse constante depuis des années et les rendements moyens plafonnent, pénalisés par certaines disparités locales et climatiques.
Pour inverser la tendance actuelle, un plan protéines doit impérativement s’appuyer sur le progrès génétique pour déterminer des variétés mieux adaptées au contexte pédo-climatique. Résistance au froid, amélioration des rendements, résistance au stress biotiques et abiotiques... Ce sont quelques unes des clés du futur qui appuieront le développement régional d’une production de protéines végétales significative.
[INTER]Le tourteau de colza, préféré des Bourguignons[inter]
Par rapport à la dépendance au soja brésilien notamment, des progrès ont été faits, puisque le marché bourguignon de la protéine est aujourd’hui dominé à 47% par le tourteau de colza, qui se situe à la première place des matières riches en protéines introduites dans les fabrications d’aliments pour le bétail en Bourgogne (contre 35% pour le soja, 19% pour le tournesol et 0,1% pour les pois). Depuis 2010, les incorporations d’oléoprotéagineux graines et tourteaux ont fortement augmenté en Bourgogne, comme en France.
L’enjeu d’un plan protéines n’est pas seulement économique, il est aussi agronomique et environnemental. Il peut ainsi permettre d’optimiser des rotations à base de colza, blé et orge, en y introduisant du pois. Des équipes de recherche-développement conçoivent et testent des itinéraires techniques d’association céréales-légumineuses, économes en intrants, de niveaux quantitatif et qualitatif élevés.
D’autres expérimentations conduites en Bourgogne (à Jalogny, Fontaines et Charolles, notamment) concernent l’autonomie protéique des ruminants. Mais le cadre des recherches est bien plus large que la seule alimentation animale, il participe en fait de la relance industrielle par l’innovation, pilotée par le ministère du Redressement productif. Ce dernier fait référence à un plan agroalimentaire [I]«produit innovant pour une alimentation sûre, saine et durable»[i]. Plan qui a été mis au premier rang des priorités régionale du Conseil de Bourgogne.
Le renforcement des apports protéiques d’origine végétale en alimentation humaine passe par l’innovation alimentaire et, dans ce domaine, le pôle de compétitivité Vitagora est bien placé pour accompagner la recherche-développement.
[INTER]Innover, produire, valoriser...[inter]
Le plan d’action [I]«Protéines»[i] va donc concerner trois axes : la recherche-développement, la production, la valorisation des productions. Développer la production de légumineuses en Bourgogne suppose d’initier un important travail d’information et de formation des agriculteurs, et un accompagnement personnalisé permettant de sortir des impasses techniques. Il va aussi être nécessaire de développer des unités de séchages en grange, par l’intermédiaires de projets individuels ou semi-collectifs (Cuma), de créer une unité de trituration de soja (adaptation de l’Usine Extrusel à Chalon-sur-Saône)...
En un mot la marge de progrès est importante et la réussite toute-à-fait envisageable, à condition d’investir et d’utiliser tous les ressorts des financements nationaux et européens, au travers notamment de la PAC et du Feader.
[INTER]Un diagnostic partagé[inter]
Toutes les productions d’élevage sont concernées par l’élaboration d’un plan protéines régional, défini à partir d’un diagnostic partagé et qui s’appuie sur des complémentarités évidentes entre les grandes cultures et l’élevage.
Où trouver les protéines végétales ? Les pois, la féverole et les fèves, la luzerne, le lupin doux, le méteil (mélange de céréales et de protéagineux), le soja bien sûr... mais aussi les cultures intermédiaires représentent une source de protéines trop souvent négligée. Mais les surfaces de légumineuses restent très limitées, en baisse constante depuis des années et les rendements moyens plafonnent, pénalisés par certaines disparités locales et climatiques.
Pour inverser la tendance actuelle, un plan protéines doit impérativement s’appuyer sur le progrès génétique pour déterminer des variétés mieux adaptées au contexte pédo-climatique. Résistance au froid, amélioration des rendements, résistance au stress biotiques et abiotiques... Ce sont quelques unes des clés du futur qui appuieront le développement régional d’une production de protéines végétales significative.
[INTER]Le tourteau de colza, préféré des Bourguignons[inter]
Par rapport à la dépendance au soja brésilien notamment, des progrès ont été faits, puisque le marché bourguignon de la protéine est aujourd’hui dominé à 47% par le tourteau de colza, qui se situe à la première place des matières riches en protéines introduites dans les fabrications d’aliments pour le bétail en Bourgogne (contre 35% pour le soja, 19% pour le tournesol et 0,1% pour les pois). Depuis 2010, les incorporations d’oléoprotéagineux graines et tourteaux ont fortement augmenté en Bourgogne, comme en France.
L’enjeu d’un plan protéines n’est pas seulement économique, il est aussi agronomique et environnemental. Il peut ainsi permettre d’optimiser des rotations à base de colza, blé et orge, en y introduisant du pois. Des équipes de recherche-développement conçoivent et testent des itinéraires techniques d’association céréales-légumineuses, économes en intrants, de niveaux quantitatif et qualitatif élevés.
D’autres expérimentations conduites en Bourgogne (à Jalogny, Fontaines et Charolles, notamment) concernent l’autonomie protéique des ruminants. Mais le cadre des recherches est bien plus large que la seule alimentation animale, il participe en fait de la relance industrielle par l’innovation, pilotée par le ministère du Redressement productif. Ce dernier fait référence à un plan agroalimentaire [I]«produit innovant pour une alimentation sûre, saine et durable»[i]. Plan qui a été mis au premier rang des priorités régionale du Conseil de Bourgogne.
Le renforcement des apports protéiques d’origine végétale en alimentation humaine passe par l’innovation alimentaire et, dans ce domaine, le pôle de compétitivité Vitagora est bien placé pour accompagner la recherche-développement.
[INTER]Innover, produire, valoriser...[inter]
Le plan d’action [I]«Protéines»[i] va donc concerner trois axes : la recherche-développement, la production, la valorisation des productions. Développer la production de légumineuses en Bourgogne suppose d’initier un important travail d’information et de formation des agriculteurs, et un accompagnement personnalisé permettant de sortir des impasses techniques. Il va aussi être nécessaire de développer des unités de séchages en grange, par l’intermédiaires de projets individuels ou semi-collectifs (Cuma), de créer une unité de trituration de soja (adaptation de l’Usine Extrusel à Chalon-sur-Saône)...
En un mot la marge de progrès est importante et la réussite toute-à-fait envisageable, à condition d’investir et d’utiliser tous les ressorts des financements nationaux et européens, au travers notamment de la PAC et du Feader.
Ils ont dit…
Vincent Lavier (Chambre d’agriculture) : «Aujourd’hui, certains agriculteurs ont bien compris la nécessité agronomique de diversifier leurs cultures et sont prêts à produire. Cela dit, une valorisation de ces protéines passe par une production suffisamment importante pour pérenniser les filières. Nous sentons de véritables attentes après cette réunion. Personnellement, je crois en ce plan protéines car nous sommes dans un contexte beaucoup plus favorable que lors des précédentes tentatives. L’envolée du prix des tourteaux et notamment du soja redonne de l’intérêt aux autres sources de protéines. La difficulté de trouver du soja non OGM exigé par certaines filières permettrait de pérenniser une filière de production locale. Les problèmes agronomiques rencontrés par certains agriculteurs entraînent la nécessité de diversifier les assolements et notamment d’introduire de nouvelles cultures de printemps. Il faudra aussi relancer la production de légumineuses pour réintroduire de l’azote dans les systèmes culturaux. Tous ces éléments doivent nous permettre de réussir».
Jacques Rebillard (Conseil régional): «Il y a énormément de bonnes volontés autour de ce projet. Le potentiel et les possibilités d’accompagnements financiers sont là. Un véritable comité de pilotage doit se mettre en place au niveau des transformateurs. La production, la transformation et la commercialisation doivent être en adéquation. Il ne faut pas forcément s’attendre à une sur-valorisation des protéines végétales produites en Bourgogne, même si la recherche de nouveaux débouchés peut apporter de bonnes perspectives. Les aspects amélioration génétique et effets positifs sur les sols sont à retenir».
Jean-Roch Gaillet (Draaf): «Le mouvement est lancé. Cette fois-ci, le plan protéines, il faut le réussir ! En Bourgogne, nous avons la chance de tous aller dans le même sens. Pour la partie végétale, les agriculteurs doivent s’engager sur du long-terme puisque les rotations sont longues. Même chose pour les éleveurs qui doivent changer de rations. C’est une décision à prendre maintenant. Acceptons l’idée que seuls 80% de nos broutards vont vers l’Italie, 5% vers l’Espagne, et qu’il nous reste 15% à engraisser chez nous, dès que possible».
Propos recueillis par Aurélien Genest