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Réunion “Grandes cultures” à Pouilly-sur-Loire

Quelles solutions pour les zones céréalières à moindre potentiel ?

Comme la section bovine tous les ans à Châtillon-en-Bazois, la section Grandes cultures de la FDSEA58 organise un rendez-vous annuel pour ses adhérents. Après Pierre Pagès en 2012 et la soirée-débat à Pougues-les-Eaux l’an dernier, c’était au tour de Pouilly-sur-Loire, mercredi 3 février, d’accueillir une conférence sur le thème «quelles pistes de réflexion pour nos zones céréalières à moindre potentiel» ?
Par Emmanuel Coulombeix
Quelles solutions pour les zones céréalières à moindre potentiel ?
Dominique Chambrette, vice-président de l’AGPB, a fait part des priorités syndicales pour ces territoires à faible potentiel.
Il y a eu beaucoup de monde le 3 février au soir à la salle des fêtes de Pouilly, sur les solutions à envisager pour les zones céréalières à moindre potentiel. Une centaine de personnes avaient pris place, des Nivernais bien sûr, mais aussi des céréaliers du Cher, invités en voisins. Selon Stéphane Aurousseau, le président de la FDSEA58, qui a introduit les débats, l’objectif est «d’informer le réseau sur l’action syndicale de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), souvent méconnue, et de bâtir une stratégie syndicale sur les grandes cultures»... C’est ce que propose l’AGPB depuis 2014, avec la mise en place d’un groupe de travail, co-présidé par le Côte-d’Orien Dominique Chambrette et Philippe Dubief, qui ont restitué les premiers travaux du groupe, dont le mot d’ordre est de sortir de «l’image d’Epinal des gros riches céréaliers qui n’ont besoin de rien et qui polluent».

Cinq régions françaises (du Sud-Ouest au Nord-Est) comptent neuf zones à faibles potentiel identifiées, dont deux concernent la Nièvre. Et l’AGPB confirme que sur 45600 exploitations ayant un revenu négatif en 2014 (avant cotisations sociales), un tiers sont spécialisées en cultures et oléo-protéagineux, notamment du fait d’une forte volatilité des résultats à l’ha, très dépendants des aides et pas toujours compensés par la productivité du travail. En Bourgogne, la SCOP connaît aussi des rendements qui plafonnent plus qu’ailleurs, des produits qui peuvent varier du simple au double, des hausses des charges et des baisses des aides qui dégradent et fragilisent le revenu.
Depuis trois ans, les exploitations céréalières qui ont connu des revenus négatifs étaient 54% en 2013, 70% en 2014 et 41% en 2015...

Leviers agronomiques et plans de soutien
Les pistes évoquées à Pouilly sont de deux ordres. Michaël Geloen a pour sa part plaidé pour un retour aux bases de l’agronomie, avec comme proposition de rallonger les rotations, notamment avec des cultures de printemps plus ou moins tardives, et de changer l’ordre des cultures, de bien observer le cycle des plantes aussi, d’utiliser des techniques innovantes (colza associé, strip-till, localisation, semis direct sous couvert...) afin tout à la fois de réduire les intrants et d’optimiser les charges. Quant à Dominique Chambrette, les revendications qu’il porte visent à faire reconnaître la situation dégradée depuis trois campagnes: accès aux mesures d’urgence du plan Valls pour les scopeurs (MSA N-1, année blanche), MAEC en zones intermédiaires (corriger les biais des IFT de référence...), redistribution des aides PAC (bloquer à 5% l’aide aux 52 premiers ha) et ouvrir les Plans de compétitivité et d’adaptation régionaux aux céréaliers... Pour rompre avec un ostracisme anticéréalier inacceptable  !