Bourgogne 2030
Quel réveil programmer pour la belle endormie ?
A l'horizon 2030 quel avenir pour la Bourgogne et les Bourguignons ? La prospective n'a rien à voir avec la divination, mais tout avec une réflexion argumentée et soutenue par un constat objectif. L'exercice prospectif est délicat et courageux, surtout quand il est assorti de propositions d'action concrètes. Le Conseil économique, social et environnemental a relevé le défi et présenté ses conclusions sous forme de trois scénarios. Aux Bourguignons maintenant de réfléchir et de débattre pour participer à la construction de leur avenir et de celui de leurs enfants.
Imaginez... l'avenir en 2030, la Bourgogne dans dix-sept ans... L'exercice est difficile, le Conseil économique, social et environnemental a d'ailleurs mis quatre ans pour produire trois scénarios qui pourraient dessiner cet avenir. En partant bien entendu d'un constat, présenté en 2011 sous forme de diagnostic, passant au crible tous les domaines de la vie économique, sociale, culturelle et environnementale de la Bourgogne. A partir de ce constat, les membres du Ceser, tous issus de la société civile, ont envisagé trois approches radicalement différentes de ce que pourrait être la Bourgogne en 2030.
Pourquoi ? Pour qui ? Peut-on se demander, alors que chaque jour apporte son lot de nouvelles difficultés. D'abord parce que gouverner c'est prévoir, mais que les responsables politiques manquent de recul et que les décisions politiques se réduisent, surtout en période de crise, encore trop souvent à naviguer à la godille. Président du Ceser, François Berthelon justifie la vocation du Ceser d'être [I]«un agitateur de politiques»[i] car [I]«raisonner sur le long terme c'est le seul moyen de ne pas se prendre les pieds dans le tapis des contingences immédiates. Tout débat vraiment démocratique demande du temps»[i].
Ensuite, Pour nous, pour nos enfants et nos petits enfants, dont nous devons assurer l'avenir dans une région qui ne manque pas d'atouts, loin s'en faut mais qui, a contrario, comme l'a souligné Michel Morineau, président de la section Bourgogne Prospective du Ceser [I]«donne des signes de décrochage, de recul par rapport à la moyenne des autres régions, sur le PIB comme sur l'emploi, avec des lignes de fractures très fortes sur certains territoires»[i]. Le tableau n'est pas si rose qu'il y paraît et à force de se mirer dans son passé, son patrimoine et ses canaux, la Bourgogne ne s'aperçoit pas qu'elle vieillit. D'ici 2030 un Bourguignon sur trois aura plus de 60 ans, seule l'imagination et [I]«une démarche prospective, réaliste et volontariste»[i] comme celle du Ceser peut transformer cette bombe à retardement en atout.
[INTER]Trouver le cap, le chemin...[inter]
La première assemblée de la Région, le Conseil régional, ne s'y est pas trompé, son président François Patriat, appréciant que le Ceser contribue ainsi à trouver [I]«le cap, le chemin»[i] tout en identifiant [I]«les atouts, les difficultés»[i]. Chacun des scénarios montre que [I]«nous sommes capables de faire preuve de lucidité, de courage et d'audace»[i].
Chaque scénario pousse à sortir des schémas traditionnels. Et si l'avenir était ailleurs ? Dans un autrement qui reste à construire en bousculant les idées reçues. La Bourgogne se plaît à s'imaginer rurale, ondoyante de verdure et champêtre... Et pourtant les 2/3 de ses habitants vivent en ville! La vraie culture majoritaire de la Bourgogne aujourd'hui serait donc plutôt une culture urbaine. Cela pousse à réfléchir différemment la notion de territorialité... Dijon rayonne mais n'arrive pas à s'imposer comme capitale régionale du fait de sa situation excentrée par rapport aux territoires régionaux...
La Bourgogne est diverse par sa géographie et sa géologie, elle est à la fois seuil, couloir et carrefour. La force d'attraction de ses puissantes régions voisines que sont la région parisienne et Rhône-Alpes joue en sa défaveur. La Bourgogne frise l'éclatement et ses coutures administratives peinent à maintenir un tissu bourguignon qui s'effiloche.
La Bourgogne imaginée, magnifiée est celle du vin, de la gastronomie, des vieilles pierres et de la douceur de vivre (réelle ou supposée), mais François Patriat invite [I]«à dépasser l'image réductrice de la gastronomie et du patrimoine en se rappelant que la région se classe aussi au 5ème rang des régions industrielles de France, avec des clusters d'avenir et un fort pôle logistique»[i]. La Bourgogne est donc aussi industrielle et industrieuse, deux atouts dont elle ne joue pas suffisamment pour compenser sa fragilité économique.
Les scénarios présentés peuvent surprendre, agacer, amuser pour certaines propositions... Mais ils ne méritent pas qu'on les balaie d'un haussement d'épaule, car ils s'appuient sur la réalité et augmentent les chances de regarder l'avenir en face.
Michel Morineau déconseille d'ailleurs de céder à la facilité
en grappillant dans l'un ou l'autre pour en faire un tout neuf.
Car chaque scénario possède
sa propre logique de développement.
Et maintenant, qu'allons nous faire ? Maintenant, comme l'a encouragé le secrétaire général aux affaires régionales, il s'agit [I]«d'organiser la contagion des idées neuves»[i] en laissant la place à l'expression de la société civile, avec une certitude [I]«l'héritage ne peut pas faire office d'avenir, mais l'héritage est le socle de l'avenir»[i]. Les scénarios vont être discutés, enrichis, amendés par les contributions de tous ceux qui voudront bien participer à la réflexion désormais ouverte de façon collective. D'ici trois ans, le Ceser devrait avoir assez d'éléments pour revoir la copie initiale, après que les Bourguignons, sans qui rien ne peut se faire, se soient exprimés. A eux de ne pas se contenter d'un refrain à boire pour se sentir bourguignons.
Pourquoi ? Pour qui ? Peut-on se demander, alors que chaque jour apporte son lot de nouvelles difficultés. D'abord parce que gouverner c'est prévoir, mais que les responsables politiques manquent de recul et que les décisions politiques se réduisent, surtout en période de crise, encore trop souvent à naviguer à la godille. Président du Ceser, François Berthelon justifie la vocation du Ceser d'être [I]«un agitateur de politiques»[i] car [I]«raisonner sur le long terme c'est le seul moyen de ne pas se prendre les pieds dans le tapis des contingences immédiates. Tout débat vraiment démocratique demande du temps»[i].
Ensuite, Pour nous, pour nos enfants et nos petits enfants, dont nous devons assurer l'avenir dans une région qui ne manque pas d'atouts, loin s'en faut mais qui, a contrario, comme l'a souligné Michel Morineau, président de la section Bourgogne Prospective du Ceser [I]«donne des signes de décrochage, de recul par rapport à la moyenne des autres régions, sur le PIB comme sur l'emploi, avec des lignes de fractures très fortes sur certains territoires»[i]. Le tableau n'est pas si rose qu'il y paraît et à force de se mirer dans son passé, son patrimoine et ses canaux, la Bourgogne ne s'aperçoit pas qu'elle vieillit. D'ici 2030 un Bourguignon sur trois aura plus de 60 ans, seule l'imagination et [I]«une démarche prospective, réaliste et volontariste»[i] comme celle du Ceser peut transformer cette bombe à retardement en atout.
[INTER]Trouver le cap, le chemin...[inter]
La première assemblée de la Région, le Conseil régional, ne s'y est pas trompé, son président François Patriat, appréciant que le Ceser contribue ainsi à trouver [I]«le cap, le chemin»[i] tout en identifiant [I]«les atouts, les difficultés»[i]. Chacun des scénarios montre que [I]«nous sommes capables de faire preuve de lucidité, de courage et d'audace»[i].
Chaque scénario pousse à sortir des schémas traditionnels. Et si l'avenir était ailleurs ? Dans un autrement qui reste à construire en bousculant les idées reçues. La Bourgogne se plaît à s'imaginer rurale, ondoyante de verdure et champêtre... Et pourtant les 2/3 de ses habitants vivent en ville! La vraie culture majoritaire de la Bourgogne aujourd'hui serait donc plutôt une culture urbaine. Cela pousse à réfléchir différemment la notion de territorialité... Dijon rayonne mais n'arrive pas à s'imposer comme capitale régionale du fait de sa situation excentrée par rapport aux territoires régionaux...
La Bourgogne est diverse par sa géographie et sa géologie, elle est à la fois seuil, couloir et carrefour. La force d'attraction de ses puissantes régions voisines que sont la région parisienne et Rhône-Alpes joue en sa défaveur. La Bourgogne frise l'éclatement et ses coutures administratives peinent à maintenir un tissu bourguignon qui s'effiloche.
La Bourgogne imaginée, magnifiée est celle du vin, de la gastronomie, des vieilles pierres et de la douceur de vivre (réelle ou supposée), mais François Patriat invite [I]«à dépasser l'image réductrice de la gastronomie et du patrimoine en se rappelant que la région se classe aussi au 5ème rang des régions industrielles de France, avec des clusters d'avenir et un fort pôle logistique»[i]. La Bourgogne est donc aussi industrielle et industrieuse, deux atouts dont elle ne joue pas suffisamment pour compenser sa fragilité économique.
Les scénarios présentés peuvent surprendre, agacer, amuser pour certaines propositions... Mais ils ne méritent pas qu'on les balaie d'un haussement d'épaule, car ils s'appuient sur la réalité et augmentent les chances de regarder l'avenir en face.
Michel Morineau déconseille d'ailleurs de céder à la facilité
en grappillant dans l'un ou l'autre pour en faire un tout neuf.
Car chaque scénario possède
sa propre logique de développement.
Et maintenant, qu'allons nous faire ? Maintenant, comme l'a encouragé le secrétaire général aux affaires régionales, il s'agit [I]«d'organiser la contagion des idées neuves»[i] en laissant la place à l'expression de la société civile, avec une certitude [I]«l'héritage ne peut pas faire office d'avenir, mais l'héritage est le socle de l'avenir»[i]. Les scénarios vont être discutés, enrichis, amendés par les contributions de tous ceux qui voudront bien participer à la réflexion désormais ouverte de façon collective. D'ici trois ans, le Ceser devrait avoir assez d'éléments pour revoir la copie initiale, après que les Bourguignons, sans qui rien ne peut se faire, se soient exprimés. A eux de ne pas se contenter d'un refrain à boire pour se sentir bourguignons.
3 scénarios, 3 choix de société et de modèle de développement
Scénario N° 1 : la Bourgogne au fil de l'eau. Chronique d'un éclatement annoncé ?
Tout est dans le point d'interrogation. Les coutures des départements craquent, la forte attraction de l'Ile de France et de Rhône-Alpes amplifie ses effets. La région perd sa cohésion et son identité, mais ce qui pourrait amener un repli suicidaire provoque au contraire un sursaut. Opportunisme, volontarisme et pragmatisme sous-tendent un projet qui va tirer parti de ces nouvelles opportunités. Si la Bourgogne comme entité en pâtit, les Bourguignons peuvent eux en profiter et les territoires qu'ils habitent aussi, des territoires de projets pour des projets cohérents et porteurs de développement. Dans ce scénario, l'agriculture bien positionnée entre proximité et mondialisation tire son épingle du jeu. Christophe Monot, agriculteur et membre du Ceser, a participé à son élaboration. Un plus pour lui car «ce scénario permet aux territoires de reprendre la main et de se reprendre en main. Les territoires sont vus comme des bassins dynamiques dans une approche territoriale respectueuse de la diversité des situations et des attentes. D'ailleurs, de fait aucune structure coopérative ou mutualiste n'épouse le découpage administratif de la Bourgogne».
Scénario N°2 : La Bourgogne attractive du bien vivre ensemble.
La région mise tout sur son potentiel historique, patrimonial, géologique... Elle joue de ses atouts, «miroir, mon beau miroir...» et elle tire parti de sa situation géographique et de son accessibilité pour attirer la clientèle touristique internationale, nationale... L'autre carte c'est la conservation de ses résidents et l'attraction d'autres populationS. Le tourisme devient la plaque tournante d'une véritable économie résidentielle. Cela passe par le renforcement de l'attractivité de Dijon et la création d'un grand événement fédérateur au plan régional, qui mette la Bourgogne sous les feux de la rampe au plan mondial. La Bourgogne se révèle à elle-même et aux autres et devient ainsi l'une des grandes destinations touristiques mondiales.
Scénario N°3 : La Bourgogne terre d'éco-industrie et d'économie environnementale.
Là on rebat les cartes et on s'appuie sur le fort passé industriel de la région. La transition écologique et énergétique est en marche, avec la forte implication des citoyens mis à contribution pour relever le pari du développement vertueux. Ce changement de paradigme mise sur une nouvelle industrie, basée sur la qualité de vie et un développement durable adossé à la recherche. Dans un premier temps le tissu industriel bourguignon s'adapte, puis il se renforce. Beaucoup d'audace dans ce scénario qui demande un vrai changement de mentalité pour le citoyen transformé en éco-citoyen et un basculement de la culture régionale dans une culture «éco...» qui imprègne l'ensemble de la sphère économique et sociale.