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Débat

Quel avenir pour la presse agricole et rurale ?

Sénateur de l’Yonne, Jean-Baptiste Lemoyne est intervenu au Sénat le 5 février dernier sur la proposition de loi relative à la modernisation du secteur de la presse, évoquant notamment l’avenir de la presse agricole et rurale. Extraits de son intervention.
Par Ma signature
«Le second point que je souhaite évoquer n’est pas nécessairement lié à la présente proposition de loi, mais un texte peut servir de prétexte. Il s’agit de la situation d’une presse dont on parle moins. Chacun reconnaît l’apport de la presse d’information politique et générale à la vitalité de notre démocratie. Cependant, dans les régions, un certain nombre de titres y contribuent également : je veux parler de la presse dite “agricole et rurale”. Derrière des titres qui fleurent bon nos terroirs, cette presse a souvent un contenu beaucoup plus large qui traite de l’actualité nationale ou internationale. On peut citer à ce titre Terres de Bourgogne.
Outre cette presse agricole et rurale, la presse hebdomadaire régionale peut être d’un apport considérable. Les membres du Gouvernement utilisent d’ailleurs régulièrement ce vecteur pour s’adresser à certains lecteurs.
On a le sentiment qu’un fossé se creuse de plus en plus entre ceux qui relèvent du statut de la presse d’information politique et générale et les autres, alors même que tous font face aux mêmes défis. C’est sur ce point que je veux attirer votre attention. Un certain nombre de titres de la presse dite spécialisée, qui ne l’est pas réellement au regard de son contenu, n’ont pas accès au fonds soutenant, par exemple, le passage au numérique et par voie de conséquence, la modernisation.
A partir de 2016, ce fonds sera réservé à la presse d’information politique et générale, mentionnée à l’article 39 bis A du code général des impôts. Il y a là une forme d’iniquité. Certes, les territoires ruraux ne sont pas bien lotis en matière d’accès au numérique et Madame la Ministre je sais que dans vos précédentes fonctions vous avez œuvré pour améliorer cet accès. Nous aurions eu besoin que vous poursuiviez votre action pendant encore quelques temps, afin d’avoir une meilleure desserte. La presse des territoires ruraux mériterait elle aussi qu’on l’aide à relever les défis de demain.
Cela étant, la présente proposition de loi prévoit de créer le statut d’entreprise solidaire de presse d’information. Pourquoi ne pas réfléchir à d’autres catégories ? Pourquoi rester figé sur la distinction entre les titres d’information politique et générale et les autres ? Pourquoi ne pas envisager un statut de presse de territoire pour des titres qui ont un intérêt général ?
Je voulais soumettre ces quelques pistes de réflexion à la Haute Assemblée. Je sais que les questions que j’ai soulevées ne seront pas réglées ce soir, mais le rôle du Sénat est aussi d’éclairer l’avenir, de tracer des perspectives».