énergie renouvelable
Quel avenir pour la méthanisation dans la Nièvre ?
Les agriculteurs du département étaient invités le 27 mars dernier par la Chambre d’agriculture du département pour débattre de cette question et réfléchir à la faisabilité d’un tel projet au sein de leur exploitation. La Nièvre peine à méthaniser son agriculture, alors que des débouchés peuvent être envisagés. Explications.
Les exploitants agricoles du département ont répondu présent à l’appel d’Étienne Bourgy, chargé de mission à la Chambre de la Nièvre. Son homologue de la Chambre de l’Yonne Vincent Gallois, a participé également au débat. C’est lui qui a exposé les intérêts de la méthanisation et surtout les solutions adaptables à la Nièvre. Visiblement, le message est passé puisque les échanges durant l’après-midi ont été nombreux. Parmi les parties prenantes au débat, il faut également noter la présence de Bertrand Jamet, Responsable des engagements à l’agriculture au Crédit Agricole Centre Loire et Didier Guyon élu à la Chambre de la Nièvre.
Tout commence par un constat
En réalité cette réunion s’inscrit dans les discussions du moment autour de la transition énergétique, la réduction de l’impact carbone et des accords internationaux de Kyoto en 1998, Grenelle 2008 et la Cop 21 à Paris. Les agriculteurs doivent également y prendre part. à titre d’exemple, pour les exploitations grandes cultures, un agriculteur consomme 300 litres de fioul à l’hectare. C’est donc le moment de changer de stratégie. D’autant plus que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert a félicité le 26 mars dernier, le groupe de travail «méthanisation» piloté par Sébastien Lecornu. Une enveloppe de 100 millions d’euros va être débloquée pour accélérer la méthanisation agricole.
Des conditions optimales à favoriser
Pour envisager une unité de méthanisation, il faut d’abord du substrat. Or dans la Nièvre, en raison de son bassin allaitant, il n’y a quasiment que du fumier pendant 6 mois. Il faut donc trouver une solution alternative. Vincent Gallois de la Chambre d’agriculture de l’Yonne rappelle qu’il est possible d’utiliser des déchets organiques, ou provenant de l’industrie agro alimentaire. Le mieux étant, pour lui, des effluents d’élevage. Ensuite, il faut une quarantaine de jours au méthaniseur pour produire du gaz. Gaz qui pourra être injecté dans le réseau pour chauffer un bâtiment ou sécher des fourrages. Il peut être brûlé ou introduit dans un moteur thermique équipé d’un générateur électrique.
Autre condition essentielle, il faut que votre exploitation soit à proximité d’une conduite de gaz, dans le cas contraire l’installation d’un méthaniseur est compliquée.
Quatre types de process
Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il n’y a pas qu’une technique de méthanisation. La nature de vos ressources va déterminer aussi le choix technique. Il existe quatre possibilités. La voie sèche avec des matières qui sont manutentionnables. Dans ce cas c’est essentiellement du fumier. Il y a également la voie humide avec des matières qui peuvent être pompables et injectées directement. On peut envisager du lisier ou du fumier liquide.
On parle de technique continue où le substrat est introduit automatiquement heure par heure. Ce qui vous permet de gérer au plus juste votre méthanisation. Ou il y a la dernière technique dite «discontinue» où les substrats sont emprisonnés dans un silo fermé pendant 6 à 8 semaines.
De toutes ces techniques, la plus fréquemment utilisée est la voie humide continue. Mais attention, toutes les matières organiques ne se valent pas.
La valeur fertilisante du digestat ?
Concernant le digestat, sa valeur fertilisante va surtout dépendre de la composition des intrants. Seule une partie du carbone est retirée. Et il faut savoir qu’il se valorise dans le cadre d’un plan d’épandage. Il faut veiller aussi à ne pas utiliser une tonne à lisier équipée de buse palette car la volatilisation d’ammoniac serait trop importante. Privilégiez plutôt un épandage avec des rampes.
Perspectives et investissement
L’investissement est en moyenne de 7 000 à 10 000€ par Kilowatt installé. Comptez entre 500 mille à 2 millions d’euros d’investissement, voire davantage. Le taux de retour sur investissement se situe entre 8 à 10 ans. Vous pouvez également envisager des subventions de l’Ademe, jusqu’à 30 % selon le projet. Les conditions sont les suivantes : 10 % maximum du tonnage en cultures principales ; 25 % maximum du méthane issu de cultures principales ou intermédiaires (Cive) et enfin 50 % de la chaleur valorisée (hors process) séchage du digestat exclu.
Petits et grands projets
Le petit projet agricole, avec environ 3 000 tonnes de matières, il offre une sécurité de l’approvisionnement et permet de chauffer trois ou quatre maisons. C’est l’exemple de la « Pierre qui Vire » à Saint Léger-Vauban. Ensuite, le projet agricole en multi-partenaires, avec moins de 10 000 tonnes de matières peut être porté par un groupe d’exploitants. On en trouve à Athié dans l’Yonne. Et enfin, le projet territorial qui est porté par les communautés de communes comme chez Géotexia en Bretagne.
Tout commence par un constat
En réalité cette réunion s’inscrit dans les discussions du moment autour de la transition énergétique, la réduction de l’impact carbone et des accords internationaux de Kyoto en 1998, Grenelle 2008 et la Cop 21 à Paris. Les agriculteurs doivent également y prendre part. à titre d’exemple, pour les exploitations grandes cultures, un agriculteur consomme 300 litres de fioul à l’hectare. C’est donc le moment de changer de stratégie. D’autant plus que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert a félicité le 26 mars dernier, le groupe de travail «méthanisation» piloté par Sébastien Lecornu. Une enveloppe de 100 millions d’euros va être débloquée pour accélérer la méthanisation agricole.
Des conditions optimales à favoriser
Pour envisager une unité de méthanisation, il faut d’abord du substrat. Or dans la Nièvre, en raison de son bassin allaitant, il n’y a quasiment que du fumier pendant 6 mois. Il faut donc trouver une solution alternative. Vincent Gallois de la Chambre d’agriculture de l’Yonne rappelle qu’il est possible d’utiliser des déchets organiques, ou provenant de l’industrie agro alimentaire. Le mieux étant, pour lui, des effluents d’élevage. Ensuite, il faut une quarantaine de jours au méthaniseur pour produire du gaz. Gaz qui pourra être injecté dans le réseau pour chauffer un bâtiment ou sécher des fourrages. Il peut être brûlé ou introduit dans un moteur thermique équipé d’un générateur électrique.
Autre condition essentielle, il faut que votre exploitation soit à proximité d’une conduite de gaz, dans le cas contraire l’installation d’un méthaniseur est compliquée.
Quatre types de process
Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il n’y a pas qu’une technique de méthanisation. La nature de vos ressources va déterminer aussi le choix technique. Il existe quatre possibilités. La voie sèche avec des matières qui sont manutentionnables. Dans ce cas c’est essentiellement du fumier. Il y a également la voie humide avec des matières qui peuvent être pompables et injectées directement. On peut envisager du lisier ou du fumier liquide.
On parle de technique continue où le substrat est introduit automatiquement heure par heure. Ce qui vous permet de gérer au plus juste votre méthanisation. Ou il y a la dernière technique dite «discontinue» où les substrats sont emprisonnés dans un silo fermé pendant 6 à 8 semaines.
De toutes ces techniques, la plus fréquemment utilisée est la voie humide continue. Mais attention, toutes les matières organiques ne se valent pas.
La valeur fertilisante du digestat ?
Concernant le digestat, sa valeur fertilisante va surtout dépendre de la composition des intrants. Seule une partie du carbone est retirée. Et il faut savoir qu’il se valorise dans le cadre d’un plan d’épandage. Il faut veiller aussi à ne pas utiliser une tonne à lisier équipée de buse palette car la volatilisation d’ammoniac serait trop importante. Privilégiez plutôt un épandage avec des rampes.
Perspectives et investissement
L’investissement est en moyenne de 7 000 à 10 000€ par Kilowatt installé. Comptez entre 500 mille à 2 millions d’euros d’investissement, voire davantage. Le taux de retour sur investissement se situe entre 8 à 10 ans. Vous pouvez également envisager des subventions de l’Ademe, jusqu’à 30 % selon le projet. Les conditions sont les suivantes : 10 % maximum du tonnage en cultures principales ; 25 % maximum du méthane issu de cultures principales ou intermédiaires (Cive) et enfin 50 % de la chaleur valorisée (hors process) séchage du digestat exclu.
Petits et grands projets
Le petit projet agricole, avec environ 3 000 tonnes de matières, il offre une sécurité de l’approvisionnement et permet de chauffer trois ou quatre maisons. C’est l’exemple de la « Pierre qui Vire » à Saint Léger-Vauban. Ensuite, le projet agricole en multi-partenaires, avec moins de 10 000 tonnes de matières peut être porté par un groupe d’exploitants. On en trouve à Athié dans l’Yonne. Et enfin, le projet territorial qui est porté par les communautés de communes comme chez Géotexia en Bretagne.
Contact
Pour toutes questions relatives à un projet de méthanisation, adressez-vous à la Chambre d’agriculture auprès d’Étienne Bourgy, chargé de missions énergie au 03 86 93 40 18 ou par mail etienne.bourgy@nievre.chamagri.fr