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Quand état et parlementaires organisent délibérément le sacrifice de l’élevage

Nous y sommes, ou presque! Ce n’est qu’une question de temps, mais le choix politique français est tranché. D’ici quelques mois, le marché de la viande bovine, déjà asphyxié, se verra inondé par des milliers de tonnes de viande venus d’Amérique du Sud, tel que l’a confirmé le Président Macron lors de ses voeux à l’agriculture le 26 janvier dernier.
Par Communiqué de la Section bovine FDSEA 58
Voilà où nous en sommes huit mois après la prise de fonction d’une majorité nouvelle à la tête de notre pays, majorité cherchant à ce jour à donner du sens à l’improbable équation d’un libéralisme exacerbé, assumé, le tout en souhaitant laver plus vert que vert au sein même de nos frontières.
- Il faudra dans les prochains mois expliquer aux éleveurs bovins que leur mode production est remis en cause alors qu’est fait le choix, en connaissance de cause, de favoriser l’entrée sur le territoire européen et français, de produits ne répondant à aucun de nos standards de production environnementaux, sanitaires ou encore sociaux.
- Il faudra dans les prochains mois expliquer sans réserve aux éleveurs que la grand-messe des États Généraux de l’Alimentation leur permettra de trouver un niveau de rémunération conforme à l’acharnement qu’ils mettent dans leur travail, alors même que le projet de loi «alimentation» présenté cette semaine en conseil des ministres ignore quelques fondamentaux des engagements d’Emmanuel Macron, le 12 octobre dernier à Rungis.
Il faudra enfin, après avoir permis l’impensable, expliquer concrètement aux éleveurs quel pouvoir d’influence sera celui de la France à Bruxelles pour permettre le tri des «bons» et des «mauvais» produits sud-américains, et faire en sorte que ceux qui franchiront les lignes rouges françaises (cf.discours Emmanuel Macron le 26/01/2018) ne rentreront pas sur le territoire hexagonal. Le gouvernement pense-t-il réellement que les agriculteurs croient au Père Noël ?

Alors soyons clairs et concis :
- Après le discours de Stéphane Travert au dernier Sommet de l’Élevage : «La France n’acceptera aucun accord avec le Mercosur contenant une offre de viande bovine».
- Après le discours du Président Macron le 12 Octobre 2017 à Rungis : «Nos connaissances environnementales et sanitaires ont profondément changé [...] on ne peut se lancer dans cette affaire, en quelque sorte dans une fuite en avant».

En matière alimentaire, il existe deux catégories de perdants face à l’action gouvernementale et parlementaire : Les agriculteurs sont les premiers d’entre-eux : huit mois de sacrifices consentis sur l’agriculture entre accords commerciaux suicidaires, disparition des mesures d’allègements de cotisations sociales, retrait sans alternatives des moyens de maîtrise des adventices, non inscription dans le projet de loi de finances de mesures de gestion des risques. Les faits sont explicites.
Les consommateurs, enfin, sont eux aussi les dindons de la farce! Car quand le Président de la République explique le 26 janvier dernier que la compétitivité future de la filière bovine passe par l’export, c’est bien des plus qualitatifs de nos produits dont il s’agit. Pour équilibrer les comptes, les éleveurs devront exporter ! Et que restera-t-il dans ce cas aux consommateurs français ? Ce que nos clients à l’export n’auront pas voulu acheter et les produits sud-américains bien entendu.