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Foire aux veaux de Corbigny

Premières enchères organisées par les lycéens de Château-Chinon

La foire aux veaux de Corbigny s’est déroulée jeudi 16 octobre au marché au cadran. Pour la première fois, des enchères avaient lieu sur place, à l’initiative de lycéens agricoles de Château-Chinon. Malgré la conjoncture difficile, Corbigny reste un point de rencontre du commerce charolais
Par Emmanuel Coulombeix
Premières enchères organisées  par les lycéens de Château-Chinon
Jasmin (à gauche), 1er prix d’honneur inscrits, et Jukebox, 1er prix d’honneur non inscrits, étaient présentés par Guy Perrin, pour sa dernière participation, et le Gaec Langlet.
Même si le moral n’y est pas, même si beaucoup d’éleveurs présents ont rappelé que les cours sont au plus bas (-80 cts en trois semaines), la foire aux veaux reproducteurs de Corbigny, la semaine dernière, a remporté un grand succès. D’abord parce que près de 250 professionnels y sont venus, malgré la conjoncture, ensuite parce que le repas convivial -devenu une tradition- a permis à chacun d’échanger et d’oublier les nuages noirs qui s’amoncellent sur l’élevage, enfin parce que ce rendez-vous demeure un point de rencontre incontournable «dont le point fort réside dans les échanges commerciaux qui ne manquent pas de se faire», selon Gilles Lorré, l’ancien président du Comité des foires. Pascal Loisy, celui qui lui a succédé, ne dit pas autre chose et témoigne de sa satisfaction  : «l’effectif est maintenu. Nous avons cette année 80 animaux, contre 60 en 2013, notamment grâce aux 20 taureaux de 18 mois présentés à la vente aux enchères». Car, et c’est une innovation «qui a bien plu aux éleveurs», une vente aux enchères a été organisée, jeudi dernier, à la Sicagemac. Cette initiative est due à un groupe de quatre lycéens du LEPA de Château-Chinon qui ont fait cette proposition dans le cadre d’un projet pédagogique. Si, durant la vente, un seul veau reproducteur a été adjugé, une douzaine d’autres se sont échangés, à l’amiable, un peu plus tard, dans les allées. Au total, grâce aux concessions faites par les exposants, venus habituellement de la Nièvre et de la Saône-et-Loire, le prix moyen de la vente a atteint 2150 euros, ce qui est un peu décevant mais suit la tendance générale. Pour Pascal Loisy, «les enchères ont un peu accéléré les ventes car elles ont attisé la curiosité des visiteurs et qu’il y avait plus de choix dans les 18 mois». Et de se motiver  : «vu la crise, on montre que nous ne baissons pas les bras, que nous sommes accrocheurs et que nous sommes les ressuscités de la conjoncture. Il y avait des animaux remarquables (ndlr  : une quarantaine en concours) et les éleveurs présents comptaient parmi les plus réputés du département»  !

Les adieux en beauté de Guy Perrin
Le concours en lui-même a récompensé de beaux animaux charolais. Le sous-préfet de Clamecy, Nicolas Regny, la maire  et le conseiller général de Corbigny ainsi que celui de Lormes ont remis les prix aux lauréats à l’heure du café (voire du thé). Ils ont très sobrement mais sincèrement félicité les champions du jour, parmi lesquels le Gaec Langlet et Guy Perrin se sont particulièrement distingués. Le premier, qui a remporté le 1er prix d’honneur des veaux non inscrits, participera à la finale de La Nocle Maulaix, le second à celle de Luzy. Jukebox, présenté par Élisabeth, Francis et Damien Langlet, de Gâcogne, était le nouveau champion de la famille, après que celle-ci ait remporté un prix d’honneur, un prix d’ensemble et un prix d’honneur des taureaux 18 mois en 2013. Guy Perrin, lui, était fier d’obtenir pour la 6ème fois un 1er prix d’honneur des veaux inscrits, à Corbigny, Jasmin, fils de Gavroche, ayant déjà été 1er au salon du charolais de Saulieu et été vendu «illico» dès la fin du concours. Agé de 55 ans, l’éleveur de Saint-Léger de Fougeret ne cachait pas une pointe d’émotion puisqu’il cédera une partie de son exploitation à son actuel jeune salarié dans les semaines à venir. Un premier pas vers des adieux à l’élevage bien mérités...