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Moissons

Premier bilan en demi-teinte

Les premières tendances sont aux rendements nettement meilleurs que l’année dernière, même si l’on observe des disparités importantes selon les terres.
Par Céline Clément
Premier bilan en demi-teinte
Le premier point d’étape fait état de rendements corrects, avec des disparités selon les terres.
Des rendements corrects, mais de gros écarts selon les sols, c’est le premier constat que fait Didier Guyon, président de la commission grandes cultures à la FDSEA. Si le climat sec des mois de mars et avril avait inquiété les agriculteurs, la tendance s’est renversée et on observe même de bonnes surprises sur le terrain. Ce sont finalement les terres argileuses, caillouteuses et à faible potentiel qui risquent d’être pénalisées. Pour le reste en ce qui concerne l’orge et le blé, «la qualité est là, avec un poids spécifique et un taux de protéines bon», remarque Didier Guyon. Concernant le colza, le président de la commission grandes cultures a eu de bons échos, «les rendements sont corrects et le taux de protéines et le calibrage sont bons». Pour résumer «on aura fait une bonne année. Même si l’on avait une petite crainte au printemps à cause de la sécheresse, le mois de mai a été bien arrosé». Néanmoins «ça va encore peiner car les prix ne sont pas là, tempère Didier Guyon. Les prix sont bas et ne vont pas permettre de remettre les trésoreries à flot». à Asnois l’exploitant Romaric Gobillot est plus nuancé. Pour lui c’est «une petite année en terme de rendement et de qualité». La faute surtout aux pluies tardives qui ont fait chuter le poids spécifique. «Par rapport à une moyenne on est en dessous des valeurs. Avec la sécheresse, tout a grillé au mois de juin. En une semaine, la plaine est passée du vert au jaune». Les cultures de l’exploitant ont souffert des fortes températures et du manque d’eau. «Ce qui est décevant ce ne sont pas les rendements mais la qualité. Ce n’est pas avec cette année qu’on va renflouer l’année dernière». C’est donc un premier bilan en demi-teinte qui se dessine, avec un doute persistant sur la qualité des blés notamment ceux récoltés après la pluie.

Axéréal «Si la météo ne nous aide pas, c’est compliqué»

La coopérative Axéréal compte une trentaine de silos de céréales et d’approvisionnement dans la Nièvre. Elle traite les céréales du semis jusqu’à la transformation. Celles-ci sont destinées à l’alimentation humaine et animale. Comme l’explique Jérémy Laigne, technico-commercial à Corbigny, le rendement tout comme la qualité des céréales sont impactés par un ensemble d’éléments, et les prix sont  eux-mêmes déterminés par la qualité et le marché du jour. «Ce qui détermine la qualité, c’est la qualité du semis, de la semence, les interventions phytosanitaires, et bien sûr la météo. Le pire à éviter ce sont les grosses gelées et les fortes amplitudes thermiques». Si l’an dernier, les récoltes ont été catastrophiques, cette année les rendements sont dans la moyenne. Si le temps s’est dégradé en fin de cycle, celui-ci a joué de différentes manières selon les secteurs. Les sols les plus superficiels sont ceux qui ont davantage souffert de la sécheresse.