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Agir Agri 58

Pour un accompagnement individualisé

2015 a été une année difficile. Certains agriculteurs, isolés, empêtrés dans leur détresse, n’osent pas appeler au secours pour chercher des recours. C’est de ce constat qu’est née l’association Agir Agri 58, émanation de l’ensemble  des organisations professionnelles agricoles de la Nièvre, dont chacune mettra un référent accessible à des agriculteurs en situation d’urgence.
Par Emmanuel Coulombeix
Pour un accompagnement  individualisé
Les outils de communication visuelle, qui indiqueront les coordonnées des référents de confiance de chaque OPA membre, sont en voie de création (création graphique Isasa – Nevers).
Mercredi 6 janvier à la Chambre d’agriculture, après six mois de travail, les représentants d’Axéréal, de CER France, de la Chambre, de la Coordination rurale 58, du Crédit agricole, de la FDSEA 58, du GDS, de Groupama, des JA 58, de la MSA, de la Safer, de la Sicafome et de la Sicagemac se sont retrouvés pour porter sur les fonts baptismaux la nouvelle association, dont ils sont à la fois les initiateurs, les porteurs et les pilotes. Agir Agri 58 a pour objet «d’accompagner, de mutualiser et de mobiliser les compétences pour aider les agriculteurs rencontrant des difficultés économiques, techniques, sociales, à sortir de l’ornière dans laquelle ils se trouvent». A peine créée, la structure inter-OPA, dont l’administration sera invitée permanente, prévoit de communiquer très rapidement, via des affiches et des tracts d’information qui seront diffusés dans les établissements de ses fondateurs. La ligne directrice est d’inciter ces agriculteurs nivernais rencontrant «de manière épisodique ou durable» des difficultés de tout ordre (problèmes de santé, déprime, problème technique, problèmes familiaux, problème de gestion...) d’oser tirer la sonnette d’alarme, car ces difficultés, en fin de compte, deviennent quasiment toujours économiques. Selon son nouveau président, Stéphane Aurousseau, «il manquait une structure telle qu’Agir Agri 58, pour accompagner et épauler les agriculteurs gratuitement et bénévolement dans cette dimension humaine». Afin peut-être aussi d’éviter le pire, dans certains cas, quand la succession de crises et d’aléas que traverse l’agriculture départementale devient trop pesante...

Des référents de confiance
Concrètement, l’association exercera sa mission au travers de deux approches : l’identification du besoin de l’agriculteur, par les techniciens de terrain de chaque OPA qui pourra, dans son propre champ d’activité, proposer directement à l’agriculteur d’être accompagné, soit la sollicitation de l’agriculteur lui-même, ayant déjà identifié une ou plusieurs difficultés. Chaque membre de l’association aura désigné en son sein un tiers de confiance, un référent, dont les coordonnées seront diffusées sur les documents de communication, et que la personne pourra solliciter à son gré en cas de besoin. C’est un principe de solidarité, dont les campagnes ont historiquement toujours su faire preuve, qui est remis sur le haut du panier. Une fois le contact établi, un rendez-vous individualisé et anonyme permettra d’établir un plan d’action prévisionnel, dont l’agriculteur pourra se rendre acteur ou pas, puis une table ronde avec les OPA se tiendra, éventuellement en présence d’acteurs nécessaires. Permettre à chacun de parler, être à l’écoute, accompagner... Agir Agri 58 veut replacer le lien social au cœur des relations entre les agriculteurs et leurs organismes professionnels, au-delà du simple rapport de clientèle, d’adhésion ou de consommation de services. Afin de se tirer d’un mauvais pas, le plus tôt et le plus confortablement possible. Pour autant, les OPA, politiquement, ne veulent pas laisser des espoirs inconsidérés aux agriculteurs. Elles se proposent d’étudier toutes les voies d’action disponibles pour rebondir... tant que cela est encore possible.

Des signaux d’alerte à prendre en compte...

Parmi les signes qui peuvent alerter les agriculteurs, pour les inciter à la contacter, l’association AGIR AGRI 58 cite quelques exemples :
• avoir demandé à son fournisseur d’engrais ou d’aliment un délai pour payer alors que d’habitude le paiement se faisait au comptant   ;
• avoir demandé à sa banque une ouverture de crédit ou une augmentation de son ouverture de crédit   ;
• se faire signaler par sa coopérative que son compte coopérateur est débiteur alors qu’il est toujours positif   ;
• son compte fournisseur est toujours négatif et sa dette fournisseur a progressé de plus de 15% en un an   ;
• ne plus pouvoir faire face à une échéance MSA ou de prêt importante, demander un délai de paiement ou un report d’échéance   ;
• être obligé de solliciter sa banque pour un court terme d’avance de versement des aides PAC dès le mois de janvier...
etc.