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2ème projet photovoltaïque collectif dans la Nièvre

Pour que «le soleil brille pour tout le monde»

Une nouvelle réunion d’information a eu lieu, lundi 7 décembre, au marché au cadran de Corbigny. Objectif  : permettre la création d’une deuxième société constituée d’agriculteurs du département, afin que chacun puisse financer une stabulation ou un bâtiment de stockage, par les panneaux photovoltaïques qui équiperont leurs toîts.
Par Emmanuel Coulombeix
Pour que «le soleil brille pour tout le monde»
Une quinzaine d’agriculteurs nivernais se sont retrouvés le 7 décembre au marché au cadran de Corbigny pour entendre les partenaires techniques, administratifs et financiers d’un tel projet collectif photovoltaïque.
Le précédent projet, mûri et engagé au début de l’année, avait abouti à la création d’une société, la Sasu 58 solaire, désormais présidée par Didier Ramet. Les procédures techniques et administratives engagées, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) devrait dire, dans les jours qui viennent, si oui ou non, les 16 premiers associés pourront mener leur dossier à son terme. Au lancement de l’idée, il y a un an et demi, plus de 50 agriculteurs nivernais avaient manifesté leur intérêt pour ce projet, même si, de fil en aiguille, de zones Natura 2000 en problèmes d’orientation des bâtiments, beaucoup avaient dû renoncer aux portes de la nouvelle société. Pour autant, des agriculteurs qui n’avaient pas pu s’inscrire dans le premier projet dans les délais impartis, avaient souhaité mener une réflexion sur la création d’une nouvelle structure, différente de la première. Après une première réunion à la Sicagemac, il y a quinzaine de jours, quelques Nivernais se sont donc retrouvés, lundi dernier, en soirée, pour rencontrer les partenaires et responsables du solaire agricole. «Il s’agit d’un projet nouveau mais qui va largement s’inspirer et bénéficier du travail et de l’expertise du premier» a souligné, en introduction, Fabienne Cardot, adjointe à la mairie de Corbigny et qui, professionnellement, œuvre au sein du groupe EDF. Ainsi, lundi, face aux agriculteurs intéressés venus de tout le département, ce sont pas moins de six intervenants qui ont présenté les conditions, techniques, juridiques, économiques et financières de ce dossier. Il y avait là un représentant d’EDF ENR solaire, un charpentier métallique, Etienne Bourgy, le responsable des énergies renouvelables de la Chambre d’agriculture, et deux responsables du Crédit agricole Centre Loire.

Clé en main
Même si d’autres solutions sont possibles sur ce genre de montage par des sociétés et des intervenants concurrents, les interlocuteurs présents ont mis en lumière les avantages de leurs solutions, quasi-clé en main, proposée à celles et ceux qui pourraient en devenir les acteurs. Une société (SAS), avec un président, un bureau et un Comité de pilotage, pourrait voir le jour prochainement, si au moins dix à quinze d’entre eux décident de franchir le pas. Sur le fond, rappelons qu’il s’agit de construire, pour chaque associé, un bâtiment à usage exclusivement agricole (stabulation ou bâtiment de stockage), équipé de panneaux solaires et dont le rachat de l’énergie par EDF permettra de financer tout ou presque tout, l’investissement d’origine, selon les options choisies, d’ici 20 ans.

Au-delà de vingt ans, les cellules continueront de produire de l’énergie et, au moins jusqu’à la fin du bail de 30 ans, accordé par le propriétaire de la parcelle à la société contre loyer, devrait apporter un bénéfice financier à chacun de ses associés. Lundi soir, les questions ont fusé, notamment sur le montage technique ou financier, mais aussi sur les conditions de succession ou de transmission des investissements. Un éleveur s’inquiétant que «les agriculteurs préfèrent toujours partager les succès que les pertes, et qu’il faudrait peut-être envisager un entretien psychologique des candidats, qui ne se connaissent pas» avant d’envisager d’aller plus loin. Si les partenaires présents ont dévoilé la complexité des aspects à prendre en compte dans un tel projet, ils ont également confirmé que la maîtrise d’ouvrage étant dévolue à la SAS. Ce sera donc à chaque associé de s’intéresser à l’organisation... Que ce soit dans le cadre du Comité de pilotage préparatoire ou d’un futur règlement intérieur. En tout état de cause, le projet, s’il doit être monté, devra être administrativement (permis de construire, formulaires, données techniques et financières des partenaires...) bouclé pour le 21 mars prochain, date de la prochaine réunion de la CRE qui se prononcera sur la faisabilité des projets.

La suivante est prévue en juillet 2016. D’ici-là, les difficultés individuelles et collectives, telles que les coûts de raccordement ou la propriété des parcelles, devront avoir été levées par les candidats.