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Machinisme

Optimiser sa consommation de carburant

La semaine dernière, le conseiller en machinisme de la Cuma Bourgogne, Fabrice Maitrot, a organisé une session bancs d'essais moteurs dans l'Yonne. L'occasion de faire le point sur l'état de santé des moteurs et sur la consommation de carburant.

Par Charlotte Sauvignac
Machinisme
Cuma Bourgogne Franche Comté
Retour sur la session machinisme donnée par Fabrice Maitrot, conseiller machinisme à la Fédération Cuma Bourgne Franche Comté.

Depuis 2024, la fédération Cuma Bourgogne Franche-Comté (BFC) a répondu à un projet lancé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et propose donc des sessions dans chaque département afin de « cibler les tracteurs anciens ayant un mauvais état de combustion créant des particules » appelées normes antipollution Tier III et antérieur. « Ce sont 50 euros qui sont proposés par l'Ademe, en reste à charge, afin d'aider les exploitants agricoles à réduire leurs émissions d'ammoniac et de particules fines », explique Fabrice Maitrot, conseiller machinisme à la Fédération des Cuma (BFC). Ce projet vient s'ajouter au travail historique que réalisent les Cuma depuis 2006, qui intègre des « sessions réalisées à l'aide d'un banc d'essai moteur mobile » composé d'un frein électromagnétique et d'un module permettant de mesurer « la consommation du tracteur pendant l'essai ». Cet ensemble est commandé par un logiciel qui enregistre les mesures et qui fait ressortir les « différentes courbes de puissance réelle, de couple, de consommation horaire, de réserve de couple, de débit de la pompe d'injection et la consommation spécifique ». Les courbes affichées par le banc d'essai moteur permettent de comparer ces mesures avec celles de l’essai officiel d’un tracteur dit « étalon » en parfait état et permettent de « déterminer les zones de conduite économique, le comportement et l'état d'entretien du moteur… ». En se rendant sur le terrain, les 3 et 4 mars derniers, Fabrice Maitrot confie s'être occupé de deux tracteurs d'élevage et un tracteur dédié aux grandes cultures. « Les agriculteurs avaient, pour la plupart, besoin d’objectiver leur ressenti par des chiffres, que ce soit en termes de manque de puissance ou de suspicion d’une avarie moteur » confie-t-il. Sur le terrain, ce qu'il peut ajouter c'est « que beaucoup d’exploitants sont déçus par le dernier investissement qu'ils ont réalisé en termes de ressenti de puissance de traction. Si les tracteurs anciens développement souvent beaucoup plus de puissance qu’annoncés, les tracteurs actuels la produisent tout juste ».

Limiter l'utilisation de carburant

Le contexte géopolitique tendu, où les prix du pétrole ont flambé, a créé une hausse immédiate et significative des charges. Le baril de pétrole est passé de 71,65 dollars en 2025 à plus de 100 dollars à ce jour ; soit une augmentation de 19 %. Quant au prix moyen du gazole non routier (GNR), il est passé de 0,69 euro/I HT à 1,05 euro/I HT (source : Ministère de la Transition Écologique). À travers ce contexte, malgré une hausse importante du coût du GNR, l'écoconduite peut permettre de « limiter les dégâts ». Adapter au mieux la pression des pneumatiques entre les travaux de transport et de champs est le levier le plus important avec 5 à 10 % de gain potentiel. Fabrice Maitrot insiste également sur « l’efficience énergétique du moteur, qui est directement proportionnelle au taux de charge moteur. À l’échelle du chantier, des leviers existent mais sont difficiles à mettre en œuvre : séquence de travail longue en îlots, échange de parcelle, regroupement parcellaire, gestion d’un assolement en commun ».

Une autre session est prévue pour le mois d'octobre dont les précisions seront communiqués ultérieurement. Pour plus d'informations, vous pouvez contacter Mathilde Bonneau au 06 12 22 87 47 et Fabrice Maitrot au 06 25 00 71 48.