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Élections municipales

Une réforme qui pose question

Nous nous sommes invités chez Olivier Gallien, agriculteur et maire d'une petite commune de Côte-d'Or, pour évoquer les prochaines élections municipales.

Par AG
Une réforme qui pose question
Ce producteur céréalier bio, qui vient de fêter son 60ème anniversaire, briguera un quatrième mandat dans son petit village de 37 habitants, près de Baigneux-les-Juifs.

Mars arrive à grands pas. Les 15 et 22 de ce mois auront lieu le premier et le second tours des élections municipales, avec son lot de nouveautés qu'Olivier Gallien accepte d'aborder… Sans langue de bois ! Notre première question le concerne directement : oui, le premier édile d'Oigny se représentera et briguera un quatrième mandat consécutif. « Il y a un bon conseil, une bonne entente dans le village, tout se passe bien, c'est cool ! Je ne vois pas de raison pour arrêter. Je n'avais compté mais oui, cela fait déjà quand même 18 ans que j'y suis… Ça commence à faire, effectivement ! ».

Une femme est recherchée

Comme dans chaque commune, les listes devront être déposées au plus tard le 26 février à 18 heures. Olivier Gallien, qui imagine une seule liste pour son petit village, n'est pas très tendre avec les dirigeants qui sont à l'origine des changements du prochain scrutin. « Pour la première fois, les communes de moins de 1 000 habitants devront proposer des listes dans lesquelles la parité est appliquée et en plus, ce sera des listes fermées… C'est vraiment n'importe quoi ! Pour nous à Oigny, il nous faudra donc sept candidats dont trois femmes. Aujourd'hui, nous sommes déjà sept, mais avec une seule femme. Il va falloir en trouver deux et dire au revoir à deux hommes. Pour ces derniers, nous savons déjà de qui il s'agit : si l'un d'eux avait prévu de partir, l'autre est très impliqué dans le conseil, c'est dommage de s'en séparer à cause d'une connerie réglementaire ! La parité, pourquoi pas, cela part d'un bon esprit, mais pourquoi ne pas l'avoir mise en place progressivement ? Cela aurait été plus souple. À Oigny, nous avons déjà trouvé une femme, il nous en faut une seconde. Nous allons la trouver, mais d'autres petites communes ne peuvent peut-être pas en dire autant ».

Des listes fermées

Les listes seront donc fermées en 2026 et ne comprendront que le nombre de candidats correspondant au futur conseil. « Les électeurs ne barreront donc aucun nom. S'ils le font, le bulletin ne sera pas comptabilisé. Le dépouillement du dimanche soir sera vite réalisé. Dans le cas d'une seule liste, le seul intérêt du dépouillement sera de connaître le taux de participation… Il suffira d'un vote et la liste sera élue, c'est très antidémocratique tout ça ! C'est une connerie monumentale pour moi. Ceux qui pondent ces règlements sont déconnectés de la ruralité. Quel sera l'intérêt d'aller voter pour une liste déjà ficelée ? Je me mets à la place des votants… Lors de mon premier mandat, nous avions mis le nom de tous les votants sur la liste, sauf celles et ceux qui ne souhaitaient pas du tout faire partie du conseil. En ce temps-là, nous n'étions pas emmerdés ! Cette réforme de 2026 est nulle, je me demande si elle n'est pas faite pour que nos petites communes soient un jour supprimées ».