Accès au contenu
Point de vue d’Emmanuel Bernard

«Non à des MAE complexes, oui à des mesures de soutien économique !»

L’éleveur nivernais et secrétaire général adjoint de la FNB, Emmanuel Bernard, rebondit sur l’opposition de la profession aux MAE système.
Par Emmanuel Bernard
«Non à des MAE complexes, oui à des mesures de soutien économique !»
Emmanuel Bernard dénonce les aspects «suspects, complexes et anti-développement» des MAE système.
«Lors de la manifestation du 15 octobre à Nevers, Stéphane Aurousseau a affirmé au nom de la FDSEA 58 être contre la ise en œuvre des MAE système. L’idée n’est pas de remettre en cause la MAE herbagère appelée à remplacer notre bonne vieille prime à l’herbe. Celle-ci a sa place dans des exploitations d’élevage pour lesquelles le système de production est équilibré dans des zones extensives et souvent difficiles à entretenir. Deux éléments sont à prendre en compte au moment de signer le cahier des charges  : d’une part, connaître toutes les contraintes en matière de chargement et d’expertise floristique et d’autre part, s’attendre à des contrôles terrain qui seront effectués par des personnes ayant une approche environnementale du dossier... Cette mesure est la seule qui prend en compte les pratiques existantes dans les exploitations, ce qui n’est pas le cas pour les autres MAE système  : céréales et polyculture-élevage. C’est pourquoi nous sommes contre le développement des mesures suspectes, complexes et anti-développement !

Des mesures suspectes quand on sait qu’elles correspondent à la réponse apportée aux exploitations qui font plus de 50 ha ou qui possèdent plus de 50 vaches. Vous ajoutez à cela le fait de limiter de nouveau le nombre d’hectares éligibles ainsi qu’un zonage appliqué par la région ainsi que par les futurs porteurs de projets  : notre département sera sans doute bien servi  !

Complexe, vous avez dit complexe  : la prise en compte des kg consommés par UGB ou l’IFT (Indice de fréquence de traitement) avec des règles à respecter pour 5 ans, vous comprendrez que les fonctionnaires qui ont imaginé ces mesures connaissent toutes les difficultés de notre métier  ! Aléas climatiques, retournements de marché, crises sanitaires... nous obligent à adapter notre système en permanence. Le choc de simplification n’a pas encore atteint tous les lambris de la République.

Pour nous, la situation est claire et simple  : face à des mesures inapplicables et qui risquent de mettre en péril l’adaptation à venir des exploitations, une seule réponse s’impose  ! Il faut mettre les crédits destinés à financer ces mesures dans des mesures à destination du développement économique. La seule priorité pour la Nièvre aujourd’hui doit permettre la modernisation des exploitations ainsi que l’adaptation à des marchés de plus en plus fluctuants. Nous allons porter ce message au nouveau préfet de la Nièvre, pour qui la priorité environnementale faisait partie des objectifs avant même qu’il n’arrive. Nous allons continuer à entretenir la Nièvre si nous sortons un revenu de nos exploitations  !»