Projet agricole départemental (PAD)
«Ne nous opposons pas! Cherchons de la valeur ajoutée»!
La deuxième série de réunions publiques préparatoires à l’élaboration du PAD, se poursuit dans les différents territoires du département (lire agenda). Terres de Bourgogne a demandé à Éric Bertrand, président de la Chambre d’agriculture, d’en préciser les enjeux.
qu’à long terme, la performance économique de la ferme Nièvre dépend aussi des initiatives
et de la dynamique collective.
[G]■ Le PAD, qu’est-ce que c’est?[g]
[I]Il s’agit d’un acte administratif, porté par la préfète de la Nièvre, qui est censé soutenir l’engagement de l’ensemble des structures départementales en matière agricole. La Chambre d’agriculture a la maîtrise d’oeuvre de sa préparation, en partenariat avec le Conseil général qui, à cette occasion, révisera sa politique de soutien agricole. La préfète prendra un arrêté après la validation lors des sessions de la Chambre d’agriculture et du Conseil général, sans doute en début d’année.[i]
[G]■ Comment la réflexion s’organise-t-elle?[g]
[I]Nous avons fait un premier tour de piste, avec des réunions de territoires, où les responsables agricoles de Communautés de communes ont défini des orientations. Nous entamons une deuxième étape avec des réunions ouvertes au public où les citoyens sont invités à dire ce qu’ils attendent de l’agriculture nivernaise pour les prochaines années.[i]
[G]■ Quels sont les enjeux?[g]
[I]A mon niveau, ce qui est intéressant, c’est de faire un petit tour des idées nouvelles qui peuvent remonter, sur des problématiques telles que l’installation des jeunes qu’il ne faut pas laisser tomber et dont il est inutile de dire qu’elle doit être encore soutenue. C’est aussi un bon moyen de réfléchir à comment trouver de la valeur ajoutée pour la ferme Nièvre, à notre portée, pas pour le plaisir de la valeur ajoutée mais parce que c’est dynamisme économique, d’emploi, de territoires et d’hommes dont il s’agit à l’avenir.[i]
[G]■ Qu’est-ce que cela apporte de plus par rapport au travail habituel des élus professionnels?[g]
[I]Au quotidien, cela permet de prendre du recul et d’explorer autre chose que l’immédiat. Il ne s’agit pas pour nous de faire un catalogue de développements possibles mais d’évoquer les possibilités de recherche de valeur ajoutée, par exemple par la diversification, la vente directe, les circuits courts mais aussi, pourquoi pas, par la production laitière ou ovine. Ne rêvons pas: nous ne ferons pas de banane ou de canne à sucre dans la Nièvre mais imaginons des moyens à notre portée![i]
[G]■ Sans remettre en cause les productions traditionnelles?[g]
[I]Bénédicte Bracq, Raphaël Sotty et Chrisophe Dagouneau, les trois conseillers de la Chambre, animent cette réflexion mais, bien sûr, il ne s’agit pas de chambouler les forces de la ferme Nièvre. Ce que j’aimerais faire partager, c’est qu’évidemment il y aura toujours du boeuf et du blé dans la Nièvre, qu’il faut que nous aidions à chercher plus de performance économique, mais nous pouvons aussi imaginer autre chose, à côté... L’installation, on en parle mais on a du mal à avancer. Plus on parle des ovins, plus c’est difficile pour la filière. La production laitière implique d’énormes contraintes mais il est sûr que ces productions ont un avenir. Sans parler des sapins de Noël ou du maraîchage... Si on dit qu’il y a des possibilités d’engraissement ou dans le mouton, on est pas audibles. Pourtant, au-delà des productions incontournables, on peut mettre d’autres cordes à notre arc. Ce sont des emplois dans la production et des emplois indirects. C’est encore mieux si nous pouvons les créer dans la région plutôt qu’à l’autre bout de l’hexagone. Il ne s’agit pas d’être trop ambitieux mais pragmatiques. Si 10 éleveurs caprins veulent s’installer, disons-leur qu’il y a de la place pour eux. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Le CERD et les conseillers diversification des chambres d’agriculture de Bourgogne sont là pour les accueillir...[i]
[G]■ Parmi les freins, les problèmes de l’accès au foncier et aux capitaux sont récurrents. Le PAD va-t-il dégager des moyens?[g]
[I]D’abord, la performance de la ferme Nièvre et la survie de l’agriculture repose, à juste titre, sur la performance de chacune de ses entreprises. Mais à plus long terme, je pense que les performances individuelles sont liées à une dynamique collective. Plus il y aura d’initiatives collectives, plus ce sera favorable. Le foncier cristalise le débat mais qu’on dépasse le simple objectif des structures! Ce sont des raisons historiques qui font que les structures sont importantes dans la Nièvre et que les porteurs de projets sont gourmands en foncier. Mais il n’y a pas et ne doit pas y avoir d’opposition avec l’idée que d’autres porteurs de projets puissent éclore sans qu’ils ne mettent en cause l’équilibre de structures plus demandeuses de foncier. Il y a de la place pour tous. Quant aux moyens, ils existent déjà! Si on arrive à convaincre des jeunes que la production ovine est possible, la production de l’herbe, qui fait techniquement et structurellement l’amélioration de la performance, bénéficie déjà d’un suivi technique et de débouchés. 2 groupements, 2 marchés au cadran qui ne demandent qu’à fonctionner: les moyens, on les a et ils sont sous-utilisés! Pour d’autres productions, çà paraît parfois plus compliqué mais je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’un problème de moyens...»[i]
[I]Il s’agit d’un acte administratif, porté par la préfète de la Nièvre, qui est censé soutenir l’engagement de l’ensemble des structures départementales en matière agricole. La Chambre d’agriculture a la maîtrise d’oeuvre de sa préparation, en partenariat avec le Conseil général qui, à cette occasion, révisera sa politique de soutien agricole. La préfète prendra un arrêté après la validation lors des sessions de la Chambre d’agriculture et du Conseil général, sans doute en début d’année.[i]
[G]■ Comment la réflexion s’organise-t-elle?[g]
[I]Nous avons fait un premier tour de piste, avec des réunions de territoires, où les responsables agricoles de Communautés de communes ont défini des orientations. Nous entamons une deuxième étape avec des réunions ouvertes au public où les citoyens sont invités à dire ce qu’ils attendent de l’agriculture nivernaise pour les prochaines années.[i]
[G]■ Quels sont les enjeux?[g]
[I]A mon niveau, ce qui est intéressant, c’est de faire un petit tour des idées nouvelles qui peuvent remonter, sur des problématiques telles que l’installation des jeunes qu’il ne faut pas laisser tomber et dont il est inutile de dire qu’elle doit être encore soutenue. C’est aussi un bon moyen de réfléchir à comment trouver de la valeur ajoutée pour la ferme Nièvre, à notre portée, pas pour le plaisir de la valeur ajoutée mais parce que c’est dynamisme économique, d’emploi, de territoires et d’hommes dont il s’agit à l’avenir.[i]
[G]■ Qu’est-ce que cela apporte de plus par rapport au travail habituel des élus professionnels?[g]
[I]Au quotidien, cela permet de prendre du recul et d’explorer autre chose que l’immédiat. Il ne s’agit pas pour nous de faire un catalogue de développements possibles mais d’évoquer les possibilités de recherche de valeur ajoutée, par exemple par la diversification, la vente directe, les circuits courts mais aussi, pourquoi pas, par la production laitière ou ovine. Ne rêvons pas: nous ne ferons pas de banane ou de canne à sucre dans la Nièvre mais imaginons des moyens à notre portée![i]
[G]■ Sans remettre en cause les productions traditionnelles?[g]
[I]Bénédicte Bracq, Raphaël Sotty et Chrisophe Dagouneau, les trois conseillers de la Chambre, animent cette réflexion mais, bien sûr, il ne s’agit pas de chambouler les forces de la ferme Nièvre. Ce que j’aimerais faire partager, c’est qu’évidemment il y aura toujours du boeuf et du blé dans la Nièvre, qu’il faut que nous aidions à chercher plus de performance économique, mais nous pouvons aussi imaginer autre chose, à côté... L’installation, on en parle mais on a du mal à avancer. Plus on parle des ovins, plus c’est difficile pour la filière. La production laitière implique d’énormes contraintes mais il est sûr que ces productions ont un avenir. Sans parler des sapins de Noël ou du maraîchage... Si on dit qu’il y a des possibilités d’engraissement ou dans le mouton, on est pas audibles. Pourtant, au-delà des productions incontournables, on peut mettre d’autres cordes à notre arc. Ce sont des emplois dans la production et des emplois indirects. C’est encore mieux si nous pouvons les créer dans la région plutôt qu’à l’autre bout de l’hexagone. Il ne s’agit pas d’être trop ambitieux mais pragmatiques. Si 10 éleveurs caprins veulent s’installer, disons-leur qu’il y a de la place pour eux. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Le CERD et les conseillers diversification des chambres d’agriculture de Bourgogne sont là pour les accueillir...[i]
[G]■ Parmi les freins, les problèmes de l’accès au foncier et aux capitaux sont récurrents. Le PAD va-t-il dégager des moyens?[g]
[I]D’abord, la performance de la ferme Nièvre et la survie de l’agriculture repose, à juste titre, sur la performance de chacune de ses entreprises. Mais à plus long terme, je pense que les performances individuelles sont liées à une dynamique collective. Plus il y aura d’initiatives collectives, plus ce sera favorable. Le foncier cristalise le débat mais qu’on dépasse le simple objectif des structures! Ce sont des raisons historiques qui font que les structures sont importantes dans la Nièvre et que les porteurs de projets sont gourmands en foncier. Mais il n’y a pas et ne doit pas y avoir d’opposition avec l’idée que d’autres porteurs de projets puissent éclore sans qu’ils ne mettent en cause l’équilibre de structures plus demandeuses de foncier. Il y a de la place pour tous. Quant aux moyens, ils existent déjà! Si on arrive à convaincre des jeunes que la production ovine est possible, la production de l’herbe, qui fait techniquement et structurellement l’amélioration de la performance, bénéficie déjà d’un suivi technique et de débouchés. 2 groupements, 2 marchés au cadran qui ne demandent qu’à fonctionner: les moyens, on les a et ils sont sous-utilisés! Pour d’autres productions, çà paraît parfois plus compliqué mais je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’un problème de moyens...»[i]