Accès au contenu
Point de vue

«N’importe quelle société n’est pas compatible avec les valeurs paysannes»

Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA de la Nièvre s’exprime sur le nouvel amoncellement de contraintes qui sanctuarise les exploitations Nivernaises.
Par Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA 58
La politique conservatoire et liberticide appliquée à l’agriculture n’est pas nouvelle. Mais les dirigeants de ce pays lui donnent un nouveau coup de cliquet. Les paysans n’accepteront pas les coups portés aux libertés individuelles. Les haies, les cours d’eau, les prairies, les plantations, les mares et les talus sont sur nos terres.

Des générations de paysans se les transmettent, les conservent lorsqu’elles ont de la valeur, les modifient dans le cas contraire. Si nous nous laissons faire, que restera-il de ce métier ? De tout temps les paysages sont le reflet de l’activité des hommes. De tout temps les hommes sont attachés à la terre héritée de leurs ancêtres, à la terre gagnée par leurs efforts. Nous sommes pour une agriculture portée par des hommes et des femmes, maîtres chez eux, maîtres de leurs décisions.

La sauvegarde de la biodiversité et la lutte contre le réchauffement climatique sont les défis de notre temps. La biodiversité nous y participons.

Par la multitude de nos races animales. Par la multitude d’espèces et de variétés cultivées dans nos champs. Par la préservation d’espèces sauvages que certains cherchent et trouvent dans nos campagnes. La biodiversité nous y participons  par la présence humaine sur tous les territoires.

On prétend que les pratiques agricoles modernes participent au réchauffement climatique. Cette relation n’est pas établie ! L’agriculture n’est pas le problème du réchauffement climatique. Elle est la solution ! L’agriculture stocke du carbone. Le réchauffement climatique fait peser partout des menaces sur la sécurité alimentaire des populations. L’agriculture adapte constamment ses pratiques à ce monde qui bouge. L’agriculture développe des expertises de premier plan au service des agriculteurs.

Les agriculteurs sont attachés à leur pays. Mais n’importe qu’elle société n’est pas compatible avec leurs attentes. Ils n’accepteront pas de vivre dans une société qui porte atteinte aux libertés et aux droits fondamentaux, au premier rang desquels le droit de propriété et la liberté d’entreprendre.

Ils n’accepteront pas de vivre dans une société pour qui l’homme vaut moins que l’animal. Une société pour laquelle quelques bestioles dans les para-tourbeuses du Morvan auraient plus de valeur que les hommes et les femmes qui été comme hiver tendent la main au bas des immeubles des Grands Boulevards…dans l’indifférence générale. Ils n’accepteront pas de vivre dans une société qui oublie ses territoires ruraux.

Cette société ne sera pas la nôtre. Il faudra tôt ou tard se poser ces questions. Cette société sera fragile sans l’adhésion des territoires ruraux. Cette société sera fragile sans  l’engagement à ces côtés de ceux qui la nourrissent.