Blonde d’Aquitaine, boucherie et vente directe...
Montigny-sur-Canne : c’est bio, la vie !
La famille Maillault, à Montigny-sur-Canne, a fait des choix professionnels originaux et peu courants dans la Nièvre. Deux structures, la SCEA des Coupes et la SCEA DSR, permettent l’absorption de la charolaise par la Blonde d’Aquitaine, en bio, mais par souci de viabilité plus que par conviction, dans un système de grandes cultures expurgé des produits chimiques, et surtout la valorisation de la viande, par un boucher salarié, qui la prépare avant la vente en direct...
Daniel, Sylvie et Romain Maillault ont trouvé leur organisation du travail. Les parents et le fils de 28 ans, encore en phase d’installation JA durant un an, exploitent deux sociétés de leur ferme familiale de Montigny-sur-Canne. A Daniel, installé en 1979 sur les 59 ha de la ferme de ses grands-parents (ses parents étaient agriculteurs à Druy-Parigny et ceux de sa femme près de Devay), la charge de gérer, conduire, sélectionner mener le cheptel de 120 vaches mères et leurs veaux. A Romain, la responsabilité de s’occuper des 150 ha de cultures (à côté des 160 ha d’herbe), dont le traditionnel trio blé-orge-colza mais aussi l’épeautre, l’avoine et le maïs ensilage, tout consommé par les animaux... A Sylvie enfin, la partie commercialisation de la deuxième société, qui emploie un boucher salarié et vend la viande en direct, un samedi tous les 15 jours, dans l’atelier-magasin situé devant le corps de ferme... En soi, cette description succinte est déjà originale. Sa particularité se précise encore quand on approfondit l’ensemble des spécificités de la ferme de la famille Maillault.
Tout traiter à l’homéopathie...
«Le choix du bio s’est fait il y a vingt ans, non pas par conviction mais dans le souci d’éliminer tous les produits chimiques de l’élevage. «Nous n’avons pas d’œillère mais notre philosophie, c’est de produire des animaux sains, naturellement, avec ce que nous avons sous la main et le moins possible de chimie !». Il y a dix ans, le déclic du changement de méthode est venu du fait qu’en raison d’un événement familial, il n’a pu vacciner qu’un lot sur deux de ses veaux. Quatre jours plus tard, le premier lot, vacciné, a eu un peu de grippe, l’autre était dans un état «nickel». Daniel a réfléchi et a commencé à étudier l’homéopathie. En 2007, il s’est vu conforté par une formation du Dr Joseph Dabeux, organisée par l’association des Actrices nivernaises puis des stages sur la méthode OBSALIM. «Nous avons basculé progressivement et je ne dédaigne pas appeler un vétérinaire en cas de besoin extrême de chimie sur un veau, aujourd’hui». Même si toute la conduite est désormais axée autour des plantes et de l’homéopathie. Et ça marche : «l’an dernier, j’ai réduit mes frais de véto à 19 euros par UGB, prophylaxie incluse... Et mon taux de prolificité atteint 97% !». Même s’il n’y a pas de remède miracle et que le sanitaire comme l’alimentation demandent plus «de patience, d’observation, de présence près des bovins», une dizaine d’éleveurs pratiquent de la sorte dans la Nièvre.
Le choix de la Blonde d’Aquitaine
Ils sont quelques uns à aussi avoir choisi la race Blonde d’Aquitaine. Daniel Maillault est de ceux-là. «J’avais des problèmes de césariennes sur mes charolaises, des culards aussi, ce qui est plus embêtant, et des difficultés à faire têter les veaux. J’ai donc acheté un taureau Blonde d’Aquitaine, avec l’objectif d’un cheptel à 100% de cette race, par absorption, progressivement» explique-t-il. Aujourd’hui, les veaux sont encore très blancs mais ses animaux présentent des caractères propres à la race: «après trois générations, les vêlages se passent mieux et si les Blondes sont plus craintives, elles sont aussi plus douces dès lors qu’on passe du temps avec elles». 120 veaux sevrés, d’un poids de 480 kg carcasse, dont entre 50 et 60 sont des mâles, sortent chaque année et vont rejoindre la coopérative Cialyn, avec les vaches de réforme plus anciennes. Pour autant, et c’est une autre originalité, toutes les femelles sont engraissées. C’est l’objet de la deuxième société, la SCEA DSR, qui valorise l’engraissement, la boucherie et la vente directe. Là, intervient Sylvie Maillault. «Dans notre atelier de découpe, nous employons un boucher et nous vendons la viande dans le magasin, au détail et non pas en caissettes, un samedi tous les quinze jours» précise la productrice. «Nous écoulons entre 25 et 30 bêtes par an, selon les commandes. C’est une organisation car nous servons 350 clients, des Nivernais, des Parisiens qui viennent spécialement avec des glacières ou encore des mamies de l’Allier qui se relaient à tour de rôle pour venir chercher la viande avant de la partager». Le revenu de la ferme est ainsi augmenté, et notamment du fait d’une grille de la Blonde d’Aquitaine supérieure à celle de la charolaise. La famille ne regrette rien. «Pour nous, la boucherie et la vente directe est un vrai plus. C’est l’accomplissement de notre travail, de la bête qu’on fait naître et que l’on soigne, jusqu’à l’assiette !». Et puis cela permet aux Maillault d’échanger sur leur métier avec ceux qui viennent, dans une relation humaine. «Qui d’autres que nous, agriculteurs, pourraient le faire aussi bien, quand il faut tellement éduquer les consommateurs et leur offrir une image de l’agriculture moderne, saine, adaptée et dynamique ?»
Tout traiter à l’homéopathie...
«Le choix du bio s’est fait il y a vingt ans, non pas par conviction mais dans le souci d’éliminer tous les produits chimiques de l’élevage. «Nous n’avons pas d’œillère mais notre philosophie, c’est de produire des animaux sains, naturellement, avec ce que nous avons sous la main et le moins possible de chimie !». Il y a dix ans, le déclic du changement de méthode est venu du fait qu’en raison d’un événement familial, il n’a pu vacciner qu’un lot sur deux de ses veaux. Quatre jours plus tard, le premier lot, vacciné, a eu un peu de grippe, l’autre était dans un état «nickel». Daniel a réfléchi et a commencé à étudier l’homéopathie. En 2007, il s’est vu conforté par une formation du Dr Joseph Dabeux, organisée par l’association des Actrices nivernaises puis des stages sur la méthode OBSALIM. «Nous avons basculé progressivement et je ne dédaigne pas appeler un vétérinaire en cas de besoin extrême de chimie sur un veau, aujourd’hui». Même si toute la conduite est désormais axée autour des plantes et de l’homéopathie. Et ça marche : «l’an dernier, j’ai réduit mes frais de véto à 19 euros par UGB, prophylaxie incluse... Et mon taux de prolificité atteint 97% !». Même s’il n’y a pas de remède miracle et que le sanitaire comme l’alimentation demandent plus «de patience, d’observation, de présence près des bovins», une dizaine d’éleveurs pratiquent de la sorte dans la Nièvre.
Le choix de la Blonde d’Aquitaine
Ils sont quelques uns à aussi avoir choisi la race Blonde d’Aquitaine. Daniel Maillault est de ceux-là. «J’avais des problèmes de césariennes sur mes charolaises, des culards aussi, ce qui est plus embêtant, et des difficultés à faire têter les veaux. J’ai donc acheté un taureau Blonde d’Aquitaine, avec l’objectif d’un cheptel à 100% de cette race, par absorption, progressivement» explique-t-il. Aujourd’hui, les veaux sont encore très blancs mais ses animaux présentent des caractères propres à la race: «après trois générations, les vêlages se passent mieux et si les Blondes sont plus craintives, elles sont aussi plus douces dès lors qu’on passe du temps avec elles». 120 veaux sevrés, d’un poids de 480 kg carcasse, dont entre 50 et 60 sont des mâles, sortent chaque année et vont rejoindre la coopérative Cialyn, avec les vaches de réforme plus anciennes. Pour autant, et c’est une autre originalité, toutes les femelles sont engraissées. C’est l’objet de la deuxième société, la SCEA DSR, qui valorise l’engraissement, la boucherie et la vente directe. Là, intervient Sylvie Maillault. «Dans notre atelier de découpe, nous employons un boucher et nous vendons la viande dans le magasin, au détail et non pas en caissettes, un samedi tous les quinze jours» précise la productrice. «Nous écoulons entre 25 et 30 bêtes par an, selon les commandes. C’est une organisation car nous servons 350 clients, des Nivernais, des Parisiens qui viennent spécialement avec des glacières ou encore des mamies de l’Allier qui se relaient à tour de rôle pour venir chercher la viande avant de la partager». Le revenu de la ferme est ainsi augmenté, et notamment du fait d’une grille de la Blonde d’Aquitaine supérieure à celle de la charolaise. La famille ne regrette rien. «Pour nous, la boucherie et la vente directe est un vrai plus. C’est l’accomplissement de notre travail, de la bête qu’on fait naître et que l’on soigne, jusqu’à l’assiette !». Et puis cela permet aux Maillault d’échanger sur leur métier avec ceux qui viennent, dans une relation humaine. «Qui d’autres que nous, agriculteurs, pourraient le faire aussi bien, quand il faut tellement éduquer les consommateurs et leur offrir une image de l’agriculture moderne, saine, adaptée et dynamique ?»