Alerte sur le prix de la viande
«Monter en pression» avant un «automne en actions»
Convoquée en urgence vendredi 18 juillet dans l’après-midi, une réunion de la section bovine de la FDSEA58 s’est tenue, lundi, dans les locaux de la Chambre d’agriculture à Nevers. L’occasion de faire le constat, qui préoccupe sérieusement dans les campagnes, d’une tendance baissière des prix des bovins et en particulier des femelles.
Emmanuel Bernard, président de la section et secrétaire général adjoint de la Fédération nationale bovine (FNB), a lancé les débats par un tour de table sur la conjoncture économique. Une quinzaine de membres ont donc tour-à-tour pris la parole afin de faire remonter leurs ressentis sur la situation de leurs exploitations et de celles de leurs voisins. Tous, dans une litanie d’angoisse mêlée d’incompréhension, ont témoigné du même constat: [I]«les trésoreries sont au plus bas»[i]! [I]«Çà bout dans la campagne. Nous devons prendre des positions claires maintenant»[i] a ainsi exhorté Francis Maenhout. En bovins femelles de race à viande, l’effondrement des cours atteint 60 cts/kg carcasse depuis septembre 2013, ce qui équivaut à une perte de 240 euros par animal. [I]«Et il ne faut pas oublier que si l’éleveur est payé 5 à 6% moins cher par rapport à 2013, le véritable scandale c’est que le consommateur paye sa viande 3% plus chère par rapport à l’année dernière»[i] a annoncé Emmanuel Bernard, statistiques de la FNB à l’appui. Pointant la hausse constante des charges d’aliments, entre autres, Marie-Bernard Benoist, lui, a indiqué qu’il avait [I]«dû arrêter l’engraissement sur sa ferme, parce que je ne joignais plus les deux bouts»[i]. Tous les clignotants sont au rouge, dans la Nièvre comme ailleurs, et la morosité s’empare progressivement de tout le milieu de l’élevage nivernais.
[INTER]Se serrer la ceinture avec l’amont et l’aval[inter]
Que faire? Outre des piques répétées envers les politiques, taxés [I]«de ne rien faire depuis trente ans»[i], des voix ont réclamé [I]«une réglementation s’appliquant aux marges des grandes surfaces sur les produits de base de l’agriculture»[i]. Si l’écart entre les prix consommateurs et les prix producteurs s’accroît, c’est forcément qu’il y a des intermédiaires qui s’enrichissent au détriment de ces derniers... CQFD. D’autres, à l’inverse, tel Cyril Forest ou Didier Ramet, ont plaidé pour [I]«ne pas museler les GMS : la filière a besoin de ces gens-là, au vu des volumes qu’ils passent»[i]. Mais comment les convaincre du malaise qui s’installe dans les cours de ferme, quand c’est moins spectaculaire que 250 emplois liquidés dans un centre industriel du département. [I]«Il y a très peu d’agriculteurs qui sont en faillite mais quand ils sont fragiles économiquement, c’est toute la vitalité de leur territoire qui s’en trouve fragilisée»[i] a insisté Emmanuel Bernard. Inquiétudes pour le broutard, qui avait mieux résisté jusqu’ici, volonté de promouvoir l’export vers des destinations qui s’ouvrent telles que la Turquie ou le Maghreb, haro sur une consommation de viande que les Français sembleraient bouder, importations étrangères qui semblent un peu partout fleurir... Les interrogations sont nombreuses.
En réponse, le président de la section a précisé : [I]«nous devons préparer notre discours. Il faut que nous montions en pression dès maintenant avant d’envisager des actions à la rentrée. Il ne sert à rien de pleurer dans sa cour de ferme ou en réunion à la Chambre. Si nous ne nous étions pas mobilisés le 9 avril à Nevers, nous serions encore en train de pleurer sur la PMTVA»[i] a-t-il-dit. Résumant les volontés exprimées juste avant, Stéphane Lafranchise a donc sonné la mobilisation. Il a fait partir dès mardi un communiqué de presse (lire par ailleurs) ainsi qu’un argumentaire pour les présidents cantonaux. Charge à eux de commencer [I]«à faire monter la pression, dans les quatre comices et les manifestations publiques de l’été, notamment le Mondial Charolais, auprès des élus et parlementaires et auprès du grand public»[i]... Redire que les éleveurs traversent des difficultés financières quand les consommateurs paient le prix fort et [I]«que rien ne justifie dans la conjoncture une telle variation: la consommation ne s’effondre pas (-0,4% sur un an) et les importations n’augmentent pas»[i] selon Emmanuel Bernard. Les groupements, les abattoirs, les transformateurs et quelques chaînes de restauration ont fait l’objet de remarques acerbes: [I]«en septembre, nous devrons montrer que syndicalement nous répondons à l’angoisse de nos adhérents et nous devrons faire pression sur l’aval. Il y a des gens autour de nous, nos fournisseurs, qui doivent se serrer la ceinture, et ceux qui vivent sur notre dos doivent rogner leurs marges»[i] a-t-il prévenu. A bon entendeur...
[INTER]Se serrer la ceinture avec l’amont et l’aval[inter]
Que faire? Outre des piques répétées envers les politiques, taxés [I]«de ne rien faire depuis trente ans»[i], des voix ont réclamé [I]«une réglementation s’appliquant aux marges des grandes surfaces sur les produits de base de l’agriculture»[i]. Si l’écart entre les prix consommateurs et les prix producteurs s’accroît, c’est forcément qu’il y a des intermédiaires qui s’enrichissent au détriment de ces derniers... CQFD. D’autres, à l’inverse, tel Cyril Forest ou Didier Ramet, ont plaidé pour [I]«ne pas museler les GMS : la filière a besoin de ces gens-là, au vu des volumes qu’ils passent»[i]. Mais comment les convaincre du malaise qui s’installe dans les cours de ferme, quand c’est moins spectaculaire que 250 emplois liquidés dans un centre industriel du département. [I]«Il y a très peu d’agriculteurs qui sont en faillite mais quand ils sont fragiles économiquement, c’est toute la vitalité de leur territoire qui s’en trouve fragilisée»[i] a insisté Emmanuel Bernard. Inquiétudes pour le broutard, qui avait mieux résisté jusqu’ici, volonté de promouvoir l’export vers des destinations qui s’ouvrent telles que la Turquie ou le Maghreb, haro sur une consommation de viande que les Français sembleraient bouder, importations étrangères qui semblent un peu partout fleurir... Les interrogations sont nombreuses.
En réponse, le président de la section a précisé : [I]«nous devons préparer notre discours. Il faut que nous montions en pression dès maintenant avant d’envisager des actions à la rentrée. Il ne sert à rien de pleurer dans sa cour de ferme ou en réunion à la Chambre. Si nous ne nous étions pas mobilisés le 9 avril à Nevers, nous serions encore en train de pleurer sur la PMTVA»[i] a-t-il-dit. Résumant les volontés exprimées juste avant, Stéphane Lafranchise a donc sonné la mobilisation. Il a fait partir dès mardi un communiqué de presse (lire par ailleurs) ainsi qu’un argumentaire pour les présidents cantonaux. Charge à eux de commencer [I]«à faire monter la pression, dans les quatre comices et les manifestations publiques de l’été, notamment le Mondial Charolais, auprès des élus et parlementaires et auprès du grand public»[i]... Redire que les éleveurs traversent des difficultés financières quand les consommateurs paient le prix fort et [I]«que rien ne justifie dans la conjoncture une telle variation: la consommation ne s’effondre pas (-0,4% sur un an) et les importations n’augmentent pas»[i] selon Emmanuel Bernard. Les groupements, les abattoirs, les transformateurs et quelques chaînes de restauration ont fait l’objet de remarques acerbes: [I]«en septembre, nous devrons montrer que syndicalement nous répondons à l’angoisse de nos adhérents et nous devrons faire pression sur l’aval. Il y a des gens autour de nous, nos fournisseurs, qui doivent se serrer la ceinture, et ceux qui vivent sur notre dos doivent rogner leurs marges»[i] a-t-il prévenu. A bon entendeur...