Moins de phytos, mais pas zéro
La MFR de Quetigny a accueilli une journée dédiée à la transition agro-écologique et la recherche de solutions durables en productions végétales.
Plus de 80 apprenants, des classes de Seconde jusqu'au BTS, de la MFR de Quetigny et d'autres écoles, ont participé à une journée d'informations le 28 avril. « La thématique des grandes cultures en transition, avec la présence de nombreux professionnels, était susceptible d'intéresser beaucoup de monde. Et ce fut le cas, à notre plus grande satisfaction, avec le Contrat de solutions comme porteur de ce projet ! », présente Sophie Chainey, directrice de la maison familiale rurale de Quetigny. Plusieurs ateliers étaient proposés avec les contributions d'Arvalis, l'Alliance BFC, Terres Inovia, Syngenta, la Chambre d’agriculture de Haute-Saône et Ada BFC.
Témoignages
L'agriculteur côte-d'orien Philippe Dubief est lui aussi intervenu avec ses différentes « casquettes » professionnelles le liant à Cer France BFC, Arvalis et l'AGPB. L'exploitant de Losne a invité les futurs installés à bien positionner le curseur entre environnement et production : « C'est l'un de nos plus grands défis aujourd'hui ! Nous avons l'agriculture la plus vertueuse au monde et nous devons la garder. En revanche, dans le même temps, nous devons tout faire pour conserver notre compétitivité. Dans cet objectif, nous ne pouvons pas nous passer de produits phytosanitaires ». Philippe Dubief illustre ses propos en parlant de sa propre exploitation et de ses pratiques. Ont notamment été cités : le décalage des dates de semis, l'allongement des rotations, le binage, une sélection de variétés selon leurs résistances, l'utilisation d'outils d'aide à la décision ou encore un travail avec un apiculteur... En une quinzaine d'années, Philippe Dubief a réduit de 25% son utilisation de produits phytos. Mais aujourd'hui, il devient difficile voire impossible d'aller plus loin : « nous rencontrons un certain nombre d'impasses techniques. L'orge de brasserie, par exemple, pourrait connaître une baisse de production de 20% en France dans les deux à cinq prochaines années à cause de la disparition du flufenacet. La France est pourtant le premier producteur d’orges de brasserie en Europe, une bière sur cinq consommée dans le monde est faite à partir d'orges françaises. Il ne faut pas mettre en péril nos filières et nos agriculteurs par de telles décisions ».
Le contrat de solutions
Philippe Dubief a fait la promotion, entre autres, du contrat de solutions, un collectif composé d'une quarantaine de partenaires du monde agricole qui s’engagent à construire des solutions « concrètes, efficaces, durables et acceptées de tous pour la protection de toutes les cultures et sur l’ensemble du territoire français ». « L'agriculture est sur un chemin de progrès », souligne intervenant, « ce contrat de solutions vulgarise des méthodes alternatives pour diminuer notre utilisation de produits phytos, en mêlant des leviers agronomiques, techniques, génétiques ou encore robotiques. Le tout, en n’altérant pas notre compétitivité. Ce travail collectif avec des organismes techniques, économiques, syndicaux, consulaires, administratifs et sociaux nous mènera, j'en suis persuadé, vers la durabilité de nos systèmes ». Philippe Dubief ajoute un dernier mot sur ce contrat de solutions : « pas d'interdiction sans solution est son leitmotiv. Nous devons tout faire pour atteindre notre souveraineté alimentaire. Pas moins de 150 pays ne sont auto-suffisants en céréales dans le monde. La planète compte huit grands exportateurs dont la France, nous devons rester à notre rang ».