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Moins 16 installations en 2014

Le Comité d’orientation transmission installation, a dévoilé, lundi, les chiffres de l’installation 2014.
Par Emmanuel Coulombeix
54 : c’est le chiffre des installations dans la Nièvre en 2014. A comparer aux 70 de 2013. Même si l’année précédente avait été un peu exceptionnelle, la baisse du nombre d’installations dans le département s’accélère. Il faut remonter à 2008 pour compter 85 installations sur l’année. Et c’est particulièrement vrai pour les installations dites «aidées» dont celles de 2014 (34) retrouvent le niveau de 2002 (35). Selon le rapport de Nicole Gabalda, la conseillère installation de la Chambre d’agriculture, plusieurs explications sont à chercher à cette érosion. La première d’entre elle, en 2014, a été la conjoncture économique qui a fait planer «un climat d’incertitude face à l’avenir», suscitant l’hésitation croissante de certains candidats. Et le manque de visibilité sur la réforme de la PAC en 2014 et 2015 n’arrange rien ! Deuxième argument : les capitaux d’exploitation sont de plus en plus importants et «ne permettent pas toujours la reprise par des jeunes, surtout hors cadres familiaux». La dynamique d’agrandissement des exploitations, dans le département, constitue un frein supplémentaire. Troisième motif : l’accès au foncier et le transfert des DPU ! «Trouver une exploitation convenable sur le plan des moyens de production (bâtiments, cheptel), avec un montant de DPU correct en valeur, accessible sur le plan financier et transférable, devient une véritable gageure» écrit la conseillère, d’autant plus que «le rachat des DPU alourdit le montant des reprises». Enfin, le durcissement réglementaire avec une «lourdeur» des engagements à respecter (fiche de suivi annuel, avenant PDE...) limitent certaines installations ou les font basculer en installations non aidées. Pour Jocelyn Kerleaux, le chef du service «installation/formation» de la Chambre, le constat est toujours le même : «il y a un manque de sensibilisation des cédants, un coût des reprises qui grimpe, un accès au foncier compliqué et une capacité limitée des structures à financer leurs propres reprises».

«Agriculture encore attractive»
Selon Jocelyn Kerleaux, il a tout de même des motifs de se rassurer un peu. «Si l’on veut être positifs, nos perspectives, c’est de travailler sur la transmission avec les cédants, le plus en amont possible», c’est-à-dire entre 5 et 10 ans avant la date envisagée de leur cessation d’activité. Pour mémoire, selon les statistiques, plus de 50% des agriculteurs nivernais devraient passer la main dans les dix ans qui viennent... Et puis, surtout, «l’agriculture reste attractive». 162 personnes ont été accueillies et intéressées par le métier, l’an dernier, au service installation de la Chambre. «C’est important de le dire. Même si 82 candidats parmi eux n’ont pas ou plus de projet, 79% en ont un dans les trois ans à venir et certains sont déjà concrétisés» avance le responsable consulaire pour qui «le challenge maintenant, c’est de les accompagner, pour qu’ils murissent leurs projets, et voir s’ils peuvent aller plus loin. Il faut passer au réel et certains sont parfois éloignés du réel»  ! Et à l’opposée, «il y a des cédants avec de grosses exploitations dont les montants de reprise importants peuvent aussi constituer un frein». La transmission demeure cependant le vecteur le plus sûr et le plus nombreux pour favoriser l’installation...