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Vente du Marault au Conseil général

Michel Baudot, le président du Herd Book Charolais, réagit

Le siège du HBC, situé depuis 2012 sur le site du Marault à Magny-Cours, n’est pas concerné par la vente du foncier au Conseil général (lire TdB n°1308) mais, en tant que représentant de l’actionnaire principal du GIE du Marault, Michel Baudot, son président, tient à réagir à l’annonce de la transaction.
Par Propos recueillis par Emmanuel Coulombeix
Michel Baudot, le président du Herd Book Charolais, réagit
Michel Baudot, le président du Herd Book Charolais, plaide pour que de nouveaux partenaires de la race entrent dans la nouvelle société de gestion du site du Marault.
-Terres de Bourgogne : Michel Baudot, vous avez souhaité réagir à l’article que Terres de Bourgogne a publié il y a quinze jours, concernant l’achat du Marault par le Conseil général de la Nièvre...
- Michel Baudot : Oui car l’information a fait des vagues. Notamment du fait que ce ne seraient que les terrains qui feraient l’objet de la transaction... En réalité, à moins que les élus du Département aient changé d’avis, il s’agit bien de tout le foncier, bâti et non bâti, qui est concerné. C’est 8 ha de terrains et les bâtiments (un hall d’exposition, un hall de ventes, deux stabulations et deux maisons d’habitation) qui sont rachetés pour 500 000 euros. On nous dit que le GIE du Marault serait au bord de la faillite et qu’en plus, le Conseil général ferait augmenter le prix des terres. La valeur du Marault provient de tout ce qu’il y a dessus. Nous n’avons pas volé le Conseil général. Cette valeur de 500 000 euros correspond à un compromis trouvé ente acheteur, le Conseil général, et vendeurs, les actionnaires du GIE malgré une estimation des Domaines bien supérieure  !

- Le rachat serait-il sous-évalué ?
- Cela se passe gentiment. Il ne s’agit pas pour nous de partir avec l’argent public. Il s’agit de remettre les compteurs à zéro, compte tenu des difficultés du GIE mais les membres ne pouvaient plus suivre. Il n’y a pas de liquidation judiciaire!

- Quel est l’objectif de la transaction ?
- Nous souhaitons, avec les élus, un repositionnement. La création du site date de 1996. L’objectif était d’en faire un pôle racial nivernais mais qui est devenu plus nivernais que racial. C’était l’époque où les collectivités locales fonctionnaient plus à l’affectif qu’aujourd’hui. C’est grâce à Pierre Bérégovoy et Albert Raymond que ce site a vu le jour, néanmoins le fonctionnement n’a pas été suffisamment partagé. Le Marault a fonctionné bon an mal an comme cela jusqu’en 2009. Puis le Herd Book, actionnaire principal (41% des parts) depuis le départ, voyant l’activité baisser, a réclamé la gouvernance au vu de son implication.

- En 2009, aviez-vous une idée des difficultés qui se présentaient    ?
- Oui mais pas à ce niveau. Un audit a révélé une situation plus difficile que prévue.

- Et qu’avez-vous découvert ?
- Que les principales ressources du GIE n’étaient pas réalisées en conformité et que l’activité principale du GIE ne correspondait pas à son objet. Une mise aux normes était en attente. Des vices de forme sur la toiture depuis la création du hall des ventes n’étaient pas couverts par la garantie décennale... Que le plus important économiquement c’était la restauration qui rapportait plus que la promotion de la race charolaise! Nous avons coupé la branche qui rapportait de l’argent, la restauration, pour se mettre dans la légalité mais a reporté les seules ressources sur la partie élevage.

- Et le HBC n’a pas pu compenser le manque-à-gagner ?
- En 2012, le HBC a construit son siège social sur les terres du Marault, ce qui a revitalisé le site et nous nous sommes alors intéressés à son fonctionnement quotidien. Le HBC ne peut pas boucher les trous sans cesse pour une partie d’activité qui ne relève pas de ses missions (locations de salles, événementiel...). D’où notre appel au secours au Conseil général. Le GIE perd entre 80 000 et 100 000 euros par an depuis quatre ans et cela même si le Herd Book Charolais en est aussi le 1er client !

- Quelles sont les raisons du déficit financier ?
- Il y a plusieurs éléments. Le personnel était constitué d’emplois jeunes qui sont passés en temps plein à la charge du GIE  en 2009; les 100 000 euros de malfaçons dans les travaux de mise aux normes de la toiture du bâtiment principal; la concurrence de salles comme celles du Circuit de Magny-Cours ou d’un château-hôtel à proximité. Les attentes des usagers sont plus exigeantes et nous ne sommes pas assez compétitifs en terme de rapport qualité/prix. L’hiver, nous ne pouvons pas louer    : ce n’est pas assez chauffé et isolé    ! Enfin, nous supportons la baisse des subventions publiques annuelles. Nous sommes passés de 100 000 euros en 2006 à 10 000 euros en 2010. La réponse est là, dans la perte de subventions et de fonctionnement. Pourtant, nous assumons plutôt bien la partie promotion de la race charolaise, avec la revitalisation de la station d’évaluation, la vitrine à l’herbe, ou encore l’arrivée d’une douzaine d’emplois au siège du Herd Book et, plus ponctuellement, le Mondial charolais l’été dernier...

- Et maintenant ?
- Nous devons porter un nouveau projet pour demain mais le HBC ne peut être un porteur unique ! Ce n’est pas de notre ressort de recevoir l’évêque de Nevers ou des mariages. L’événementiel devra faire tourner le site et la future société d’économie mixte locale (SEML) devra accueillir de multiples partenaires. Peut-être que ceux, historiques du GIE, ne viendront pas tous mais pourquoi pas Interbev ? L’AJEC  ? Charolais expansion ? L’OS Charolais France ? Je souhaite qu’ils rentrent ! C’est l’occasion ou jamais, à l’instar de ce que fait la race limousine au pôle de Lanaud, d’unir nos forces sur un site national voire international... Le Conseil général aura 51% des parts, les 49% restant seront à répartir entre les membres historiques et les nouveaux. Il faut que cela aille très vite maintenant    !

- Avec une ambition renouvelée pour la défense des éleveurs charolais ?
- Oui ! Nous avons déjà commencé à réconcilier le Marault avec la base des éleveurs. On part de loin. Sur la partie externe, on ne peut pas être seuls à cause des impôts fonciers et des charges de personnel mais nous disons que si ce site-là se pérennise, c’est grâce au charolais et que nous devrons le privilégier, par exemple au niveau des dates d’événements   ! Le site était en fin de cycle, un autre s’ouvre. Nous avons sauvé la partie charolaise, il faut redémarrer le reste avec d’autres partenaires ! Depuis 5 ans, nous nous sommes trouvés trop seuls. Je ne suis pas inquiet si tout le monde s’y met»!