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Réunion de la section bovine de la FDSEA 58

Maintenir la pression

Pour faire le point sur les dernières actions syndicales, détailler le plan du gouvernement en soutien à l’élevage, décider de la poursuite du mouvement de colère dans la Nièvre, une réunion de la Section bovine de la FDSEA 58, s’est tenue lundi 3 août à Châtillon-en-Bazois. Hormis les quelques différences d’appréciation de la stratégie à mener, tous les participants ont indiqué qu’ils voulaient maintenir la pression.
Par Emmanuel Coulombeix
Maintenir la pression
La Section bovine de la FDSEA 58 s’est réunie lundi matin à la mairie de Châtillon-en-Bazois, pour faire le point.
Autour d’Emmanuel Bernard, Stéphane Aurousseau et Stéphane Lafranchise, les membres de la section élargie aux présidents cantonaux ont procédé à un vote, vers 13h30, lundi dernier. Cinq types d’actions avaient été identifiées durant la réunion : trois ont été retenues pour les semaines à venir  : une relative aux prix des productions, «une vigilance accrue sur l’origine des viandes avec des contrôles inopinés des camions sur les routes de la Nièvre», résume le directeur de la FDSEA58, une seconde relative aux normes qui touchent la profession d’éleveur, «en direction des services de l’État et de la préfecture», et enfin «une action nationale qui nous semble inéluctable et que nous pousserons dans les discussions avec la FNSEA, sans doute en septembre». Tous les participants sont bien conscients des enjeux et des nécessaires points de vigilance que la situation économique de l’élevage -les bovins allaitants mais aussi le lait et les porcs- commande. Ce sont plutôt des différences d’interprétation qui se font jour sur la stratégie à mettre en œuvre au plan départemental.

Différences d’approche stratégique
Si, pour certains, «il faut passer à la vitesse supérieure, en allant bloquer l’Assemblée nationale et le Sénat à Paris, car avant tout ce sont les politiques qui sont responsables depuis le temps que nous les alertons», pour d’autres, dont certains jeunes agriculteurs, les actions doivent être plus ciblées. Alexandre Lorré a fait part de ses interrogations sur le fait que lors des blocages de grandes surfaces, le 3 juillet, des enseignes locales, à Corbigny ou à Decize, aient été visées par les agriculteurs «alors que ce sont celles qui jouent le jeu de l’approvisionnement local». D’autres, dont Emmanuel Bernard, ont répondu qu’au-delà de quelques cas individuels, bénéficiaires de ces bonnes relations, c’est un enjeu global et national qui touche l’ensemble de l’élevage et que les actions contre les grandes surfaces ne sauraient exempter certaines enseignes pour préserver ces niches alors que la vigilance doit être de mise globalement. Et concernant l’impact sur l’image des paysans et sur l’attractivité du réseau FDSEA, quelques voix ont témoigné que «des adhérents refusaient de renouveler leur cotisation car ils ne veulent pas payer pour payer les frais de remise en état des dégâts dans les manifestations et que d’autres ne considèrent pas qu’il soit opportun de paralyser tout le pays, au moment des vacances ou des chassés-croisés sur les routes». Stéphane Aurousseau, le président de la FDSEA58 a synthétisé les débats, avant le vote, et a minimisé l’impact négatif des actions syndicales. «A chaque fois, je suis confronté à quelques cas d’adhérents qui ne se retrouvent pas dans la stratégie mais, dans le même temps, nous recevons de nouvelles demandes d’adhésion tous les jours au bureau». Ce qui est sûr, c’est que la vigilance et la mobilisation de tous «nous font obtenir quelques avancées et que nous devons maintenir l’unité pour continuer à peser» dans les négociations avec la filière et les pouvoirs publics. Si la colère semble donc marquer une pause de pure forme, après le blocage des échangeurs de l’A77 vers Nevers, le 23 juillet, pour autant, la FDSEA58 maintient le cap. Cela devrait se voir au mois d’août et en septembre...

Sécheresse estivale – La FDSEA demande le déclenchement de la procédure «calamités agricoles»

Par courrier en date du 22 juillet, la FDSEA a sollicité du Préfet de la Nièvre, Jean-Pierre Condemine, le déclenchement de la procédure calamités agricoles dans le département de la Nièvre. Face à une sécheresse qui contraint les éleveurs aux trésoreries déjà exsangues à déstocker du fourrage et à réengager des dépenses complémentaires pour nourrir les animaux, la pression dans les campagnes est oppressante et nécessite la mobilisation sans faille des services de l’Etat. Prix en berne, retombées incertaines de la nouvelle PAC et sécheresse estivale. La coupe est pleine !