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Semis de colza

Maintenant, on attend

Christophe Verdot, agriculteur à Villaines-en-Duesmois, a semé son colza le 18 août. Sans la moindre certitude.

Par AG
Maintenant, on attend
L'exploitant de Vaugimois a « tenté le coup », des pluies étant annoncées les jours suivants.

Sèmera, sèmera pas ? Pour Christophe Verdot, c'est semé. « La question s'est tout de même posée jusqu'au dernier moment, compte tenu de ces conditions météo exceptionnelles. D'ailleurs, j'ai des collègues qui n'en sèmeront pas cette année, leur décision est prise », nous apprend le Côte-d'orien. Celui-ci a toutefois réduit sa surface de plus de 60 % : « quitte à prendre des risques, autant le faire sur le moins d'hectares possibles. Mais ne rien semer du tout aurait été regrettable si la pluie venait à revenir… Même s'il coûte cher à produire, le colza reste une des rares cultures rentables en ce moment. Du moins, quand nous arrivons à faire au moins 30 q/ha, ce qui n'a pas été le cas cet été avec une moyenne de 27 q/ha. Pour limiter les frais engagés, je n'ai pas encore désherbé, j'attendrai encore un peu ». L'exploitant se souvient d'une année similaire à celle en cours : « il y en a sans doute eu d'autres, il n'est jamais facile de prendre la décision de semer du colza dans le sec. Mais j'ai bien en mémoire l'année 1992, c'était ma deuxième campagne après mon installation. Nous avions eu d'énormes problèmes à la levée et finalement, tout avait été retourné, pour faire ensuite du tournesol ».

Que ça parte

Christophe Verdot a décidé de sortir le semoir ce 18 août avec l'annonce de pluies pour ce début de semaine : « on espère que ce sera la bonne, enfin… Ce n'est pas la première fois que des orages sont annoncés, mais il ne tombe quasiment rien ou alors, c'est très localisé. À seulement un kilomètre d'écart, la pluviométrie peut énormément varier. Le week-end du 15 août, il n'est tombé que 2 mm ici… Prenez trois ou quatre applications, vous aurez trois ou quatre météos différentes ! Sauf pour les canicules, elles étaient unanimes. Cela ne doit pas être évident de prédire quoi que ce soit, je ne critique pas ceux qui s'occupent de ça ». Plusieurs agriculteurs ont tout de même réussi à semer autour du 5 août, date à laquelle le vice-président de 110 Bourgogne aurait sans doute fait de même si les conditions avaient été là, du côté de Vaugimois : « aujourd'hui, de tout premiers colzas pointent le bout de leur nez. C'est très bien pour les producteurs concernés ! ».

Utilisation de digestat

Semer le plus tôt possible est recherché par le producteur : « c'est la meilleure façon d'avoir un colza robuste, armé pour l'hiver et surtout, contre les insectes. Car là est l'une de nos plus grosses problématiques par la suite. Mais il peut arriver bien d'autres pépins durant le cycle de végétation, comme le gel : nous sommes bien placés pour le savoir car nous avons perdu un certain nombre de quintaux lors de la floraison début avril ». Pour faciliter d'autant plus la levée, Christophe Verdot a épandu du digestat dans ses champs à la fin juillet : « nous avons une unité de méthanisation donc nous en profitons. Avant, nous mettions du fumier. Comparer les deux produits ? Nous n'avons pas encore assez de recul pour tirer des conclusions. Aujourd'hui, le plus important, c'est l'eau ! ».