François Patriat, un amoureux de son terroir
Le sénateur de Côte-d'Or s'est éteint le 19 août, quasiment un mois jour pour jour après avoir été retrouvé inanimé alors qu'il faisait du vélo. Ce vétérinaire, ancien ministre de l'Agriculture et figure de l'Auxois, laisse le souvenir d'un élu proche de son territoire et apprécié des agriculteurs.
François Patriat s'est éteint le 19 août à l'âge de 83 ans. Par une sorte d'ironie de l'histoire, son décès intervient quelques semaines seulement après qu'il eut annoncé qu'il ne se représenterait pour les élections sénatoriales du 27 septembre. Il occupait la fonction depuis 2008. Le sénateur est décédé au CHU de Dijon où il était hospitalisé depuis le 17 juillet alors qu'il avait été victime d'un accident de vélo et qu'il avait été retrouvé inanimé à Pouilly-en-Auxois, gravement blessé à la tête. L'origine de cet accident, qui fait toujours l'objet d'une enquête, n'est pas déterminée. Avec François Patriat, c'est une figure de la politique locale qui s'en est allée. Conseiller général, député, maire, ministre de l'Agriculture dans le Gouvernement de Lionel Jospin de février à mai 2002, président du Conseil régional de Bourgogne, sénateur et depuis dix ans, fidèle d'entre les fidèles d'Emmanuel Macron : le parcours politique de l'homme restera très riche mais il sut, au fil du temps, conjuguer des responsabilités nationales et un lien fort avec son territoire d'origine.
Plus de 50 ans d'engagement politique
Celui que nombre d'habitants surnommaient « Fanfan » était né en Côte-d'Or en 1943. En 1968, il était sorti major de sa promotion de l'école vétérinaire d'Alfort. L'exercice de cette profession n'aura pas été pour rien dans le lien fort noué avec les habitants de l'Auxois et, en particulier, les agriculteurs du secteur. L'homme était aussi chasseur. Il présidait d'ailleurs depuis 2018 le conseil d'orientation du Domaine national de Chambord, en charge, entre autres, de la régulation de la faune dans la forêt de Chambord. Son engagement politique se concrétise en 1974 avec son engagement au Parti socialiste. Élu Conseiller général de Côte-d'Or en 1976, il accédera à la députation en 1981. À l’Assemblée nationale, il a notamment participé aux travaux de la Commission de la production et des échanges sur le projet de loi d'orientation agricole de 1999. En tant que président du Conseil régional de Bourgogne de 2004 à 2015, il est régulièrement intervenu sur les dossiers d'aménagement du territoire et de l'élevage. Localement, il a assumé le mandat de maire du village de Chailly-sur-Armançon de 1989 à 2001. Lionel Jospin, qui le nomma ministre de l'Agriculture, reconnaissait en lui un très bon connaisseur du domaine.
Défenseur de la viticulture
Parmi les grands dossiers qu'il eut alors à gérer figuraient la réforme de la Pac ou encore les difficultés de l'élevage bovin à la suite de la crise de l'ESB. Élu sénateur en 2008, il avait été reconduit dans son mandat en 2014 et 2020. Au Sénat, il était membre du groupe d'études Vigne et Vin. Dans ce domaine l'une des dernières actions fortes qu'il avait mené à bien remonte au début de l'année 2025 avec la réforme des conditions de transmission des exploitations viticoles dans le Projet de loi de finances (PLF). L'amendement concernant cette évolution avait été porté conjointement par François Patriat, le sénateur de l'Yonne Jean-Baptiste Lemoyne et le député de Saône-et-Loire Benjamin Dirx. François Patriat voyait dans l'adoption de cet amendement un « outil de préservation du modèle de viticulture familiale, en Bourgogne et en France. » Le monde viticole local lui en avait été très reconnaissant. François Patriat avait d'ailleurs une plaisanterie assez « vacharde » sur la forme mais qui disait bien à la fois l'humour de l'homme et son amour pour son terroir : « En Bourgogne, on aime bien le bordeaux… mais on préfère le vin ! »