Madeleine de Sinéty, photographe humaniste de la campagne bretonne
Raymond Depardon est sans aucun doute le photographe qui a le mieux saisi les paysans français dans leur vie quotidienne. Le musée du Jeu de Paume, à Paris, nous fait découvrir une autre artiste dont le regard s’est porté sur les campagnes, Madeleine de Sinéty. Pendant dix ans, elle a partagé la vie des villageois de Poilley, en Ille-et-Vilaine. Il en reste des milliers de photos en couleur, des enfants, des animaux, des travaux des champs, un ravissement !
Née dans un château du Val de Loire détruit par un incendie quand elle avait quatorze ans, Madeleine de Sinéty commence son parcours artistique à Paris au milieu des années 1960 en tant que dessinatrice de mode pour des magazines. L’envie de créer semble l’avoir toujours animée ; elle aurait pu écrire ou peindre, mais c’est la photographie qui conjugue le plus grand nombre de ses aspirations et qui l’emporte. Après des études à l’École des arts décoratifs de Paris, elle commence à photographier en autodidacte, en couleurs comme en noir et blanc. Timidement d’abord, en 1970, avec des images de son quartier – celui de la gare Montparnasse, alors en pleine mutation -, puis dans les rues de New York, où elle séjourne à plusieurs reprises avec son mari Daniel Behrman, journaliste américain rencontré à Paris ; autour des trains à vapeur. Une passion d’enfance qu’elle prolonge ainsi avec ce médium. C’est aussi là qu’elle trouve une autre distan...
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