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Maéva Faurie, maréchale-ferrante

Maréchale-ferrante : des sabots jusqu’au bout des ongles

À 22 ans, Maéva Faurie est maréchale-ferrante sur la commune d’Ardoix en Ardèche. Depuis deux ans, elle sillonne le territoire pour parer les sabots des chevaux.

Par M.M.
Maréchale-ferrante : des sabots jusqu’au bout des ongles
M.M. / AAA
Maeva Faurie, 22 ans, est installée depuis deux ans en tant que maréchale-ferrante.

Manucure impeccable, aux ongles délicatement décorés, frange de cils soulignant ses yeux en amande couleur chocolat, Maeva Faurie soigne ses extrémités avec la même minutie que les sabots des chevaux dont elle s’occupe. La jeune femme s’est installée à son compte depuis le 1er août 2024 « comme une grande », lâche-t-elle, voix assurée, regard franc. Souriante, les mains sur les hanches, sur son stand, la jeune femme remonte le fil de son parcours. Du bac général au CAP de maréchalerie, obtenu en deux ans à Sury-le-Comtal, près de Montbrison, dans la Loire, jusqu’à son quotidien. Depuis deux ans, la maréchale-ferrante arpente les routes de la Loire, de la Drôme et de l’Ardèche, portée par le bouche-à-oreille et sa page Facebook. De client en client, elle va ainsi parer les sabots des chevaux, au gré des rendez-vous.

Beaucoup de patience

La détermination que l’on devine dans sa voix s’incarne aussi dans son choix de carrière. Passionnée d’équitation et de chevaux, Maeva Faurie n’a pas longtemps hésité avant de s’engager dans cette voie. « J’aime le contact avec les gens, me déplacer, et surtout, il me fallait un métier physique, qui bouge sans cesse et qui soit utile ». À ses yeux, le métier de maréchal-ferrant coche toutes ces cases. « C’est un métier qui est dans le bien-être, je leur apporte du soin », ajoute-t-elle. Si le travail physique sied à son caractère, celle qui s’occupe de huit à treize chevaux par jour, particulièrement en été lorsque les propriétaires travaillent davantage leurs équidés, elle sait aussi que la force ne suffit pas. La première qualité, à ses yeux, tient en un mot : la patience. Et même beaucoup de patience. « Parfois, les animaux ne sont pas des plus coopératifs. Il faut aussi être vaillante ». Car le plus difficile reste parfois de composer avec ce que l’on ne maîtrise pas : les saisons, la chaleur, les éléments extérieurs. « Il faut aussi être soigneuse, parce que c’est un métier de précision », ajoute-t-elle.

Soulager l’équidé dans sa locomotion

Du puissant cheval de trait au cheval de selle, en passant par les ânes et les poneys, la maréchale-ferrante se joue des gabarits et s’adapte à la morphologie de chaque équidé, selon le travail auquel il est destiné. La principale différence ? « Les sabots sont plus ou moins lourds, mais le principe du ferrage reste le même. L’objectif est de soulager l’équidé dans sa locomotion et de prévenir l’usure du pied, notamment chez les chevaux qui travaillent ». À quelques pas d’elle, le Comtois qu’elle vient de ferrer travaille dans les vignes et arbore des fers flambant neufs, brillants d’un vif éclat. Deux années seulement qu’elle exerce, mais déjà l’œil sûr. Maéva Faurie observe la démarche, et devine, dans la façon dont le cheval pose son pied, si la ferrure lui convient. « On le fait marcher avant et après le ferrage, et c’est ainsi qu’on adapte la ferrure ».

« J’aime quand c’est beau et que ça brille »

Les fers, eux, se renouvellent toutes les six à huit semaines. Lorsqu’elle intervient, Maéva Faurie commence par déferrer le cheval, s’il porte déjà une ferrure. Vient ensuite le parage : elle nettoie le pied, retire la corne superflue et lui redonne sa forme, avant de s’atteler aux fers qui chauffent dans la forge à gaz. Une fois à bonne température, elle les pose à chaud sur le pied pour en vérifier l’ajustement. « Ça laisse la trace du pied sur le fer, puis on le refroidit. Je lui passe ensuite un petit coup de ponceuse pour le faire briller, puis on le coupe. Un petit coup de vernis pour que ce soit beau, et on n’est pas mal », sourit-elle. Car chez la maréchale-ferrante, le soin ne s’arrête pas à la fonction. La sensibilité esthétique n’est jamais bien loin. « J’aime quand c’est bien arrondi, que ça brille, avec des paillettes », s’esclaffe-t-elle. Si la jeune femme assure ne pas vraiment avoir rencontré d’a priori de clients face à son métier, elle reconnaît qu’être une femme maréchale-ferrante « ça surprend toujours, mais les retours sont plutôt positifs et encourageants. Les propriétaires disent que c’est un peu plus soigné, parce qu’au-delà du confort, je recherche aussi à ce que ce soit beau ». À l’aise au milieu des chevaux comme parmi les passionnés, la jeune maréchale-ferrante attire les curieux. De nombreuses personnes s’arrêtent devant son stand. Sans jamais se départir de son sourire, installée à l’arrière de sa camionnette ouverte, où trônent ses outils, la jeune femme distille sa bonne humeur et son dynamisme et, entre deux démonstrations, Maéva Faurie échange avec ceux qui la connaissent déjà comme avec les visiteurs de passage sur cette journée dédiée au cheval de trait.

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M.M. / AAA
Des sabots brillants, pailletés. Chez Maéva Faurie, le soin se pare aussi d’une touche d’élégance.