Accès au contenu
Alimentation animale

Luzerne de France cible la filière équine

En valorisant les vertus de la plante auprès de la filière équine, Luzerne de France pense avoir trouvé un nouveau débouché rémunérateur pour ses producteurs-coopérateurs, en s’appuyant notamment sur l’expertise d’un laboratoire dijonnais.
Par Berty Robert, avec Actuagri
Selon le laboratoire dijonnais Lab to Field, expert en nutrition santé équine, les vertus médicinales du fourrage seraient impressionnantes. En France, les rations des chevaux de course sont élaborées avec beaucoup trop de céréales mais ne contiennent pas assez d’aliments fibreux, en particulier de luzerne déshydratée.

Or l’orge ingérée en trop grandes quantités par les chevaux de course favorise l’apparition d’ulcères et génère des coliques et des diarrhées. Selon Samy Julliand, directeur du laboratoire Lab to Field,  de nombreux problèmes digestifs pourraient être évités si les chevaux de course consommaient davantage de luzerne déshydratée. Dans les pays anglo-saxons, le fourrage, distribué sous forme de foin ou de granulés, est associé, depuis plus de trente ans, dans les rations des chevaux de course. Il est distribué dans les centres équestres, dans les haras et par les propriétaires de chevaux de course pour nourrir leurs animaux. En France, les vertus du fourrage sont méconnues par la filière équine. «Or, pour les producteurs de luzerne, la filière équine serait un débouché sensiblement rémunérateur», assure Eric Guillemot, directeur de Luzerne de France. L’essor de sa culture destinée à l’alimentation équine s’inscrit totalement dans le plan protéines végétales pour la France lancé par le ministère de l’Agriculture.

Répondre aux attentes sociétales
A ce jour, 65 000 hectares de luzerne sont cultivés. Les vertus agronomiques de la plante et de sa culture répondent complètement aux attentes de la société favorable à des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. Luzerne de France, associée à Lab to Field et à Désialis (25 sites de déshydratation - 85 % de la production de luzerne déshydratée produite en France), s’engage à faire connaître les qualités nutritionnelles et digestives du fourrage auprès des éleveurs de chevaux.

Les trois entités mettent au point des produits pilotes qui répondent à la problématique de l’irritation et de l’agression des muqueuses digestives.

La consommation de luzerne prévient ainsi l’émergence d’ulcères et en facilite leur guérison en quelques jours. Ingérées, les protéines du fourrage renforcent la masse musculaire des chevaux de course et limitent leur fonte en période de repos, lorsque la saison des courses hippiques est achevée.

Les fibres sont transformées en acide gras, source d’énergie pour galoper et remporter des courses hippiques. Vertu supplémentaire  : les chevaux ont une appétence particulière pour la luzerne  ! Ces mêmes protéines associées aux minéraux contenus dans le fourrage sec exercent aussi un très fort pouvoir tampon contre l’acidité dans les organes digestifs.

Lab to Field, spécialiste dijonnais de l’alimentation équine

Parmi les acteurs de l’émergence de l’intérêt pour la luzerne dans l’alimentation équine figure la société dijonnaise Lab to Field. Fondée en 2012 par des chercheurs issus de l’école AgroSup Dijon, la structure a développé une expertise mondialement reconnue dans le domaine de la nutrition du cheval athlète.
www.lab-to-field.com