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Séminaire national du réseau rural

Les territoires ruraux bien décidés à reprendre la main

Des représentants de tous les réseaux ruraux régionaux se sont rassemblés à Dijon les 26 et 27 novembre pour montrer leur détermination à prendre leur avenir en main et à affirmer leur capacité d’innovation «au cœur de la métropolisation».
Par Anne-Marie Klein
Les territoires ruraux bien décidés  à reprendre la main
600 participants pour un séminaire national qui a témoigné du dynamisme et de l’engagement de territoires ruraux bien décidés à faire entendre leur voix, à contre-courant d’une massification et d’une «métropolisation» qui ne jouent pas en faveur de leur d
Dijon capital des territoires ruraux du 26 au 27 novembre, c’est un signe qui n’aura pas échappé à certains participants du séminaire national du réseau rural, alors que cette ville est souvent plus considérée comme un symbole de la métropolisation (à petite échelle bien sûr) plus que comme une locomotive pour tous les territoires ruraux de la région Bourgogne. Benoît Bordat, conseiller municipal de Dijon qui accueillait les participants au nom de François Rebsamen a d’autant plus insisté sur la nécessité [I]«d’arrêter d’opposer territoires ruraux et urbains»[i], la solution s’entendant plus dans la complémentarité de territoires qui doivent trouver de nouvelles synergies pour la création d’emplois et de richesses. L’influence bien comprise des villes de taille significative doit plutôt s’exprimer dans un rôle [I]«moteur de développement»[i]. [I]«Une ville dynamique reste un atout fort pour une région»[i], a conclu le conseiller municipal en charge du dossier de l’agriculture périurbaine.

[INTER]Jouer la carte de la complémentarité[inter]
Reste aussi, comme l’a confirmé François Patriat en ouverture du séminaire, à ne pas rater un rendez-vous qui s’inscrit dans un moment important de l’aménagement du territoire, alors que la redistribution des cartes aux plans local, national et européen se traduit par des enjeux financiers essentiels pour la survie et le développement des territoires ruraux. Si tendance générale est [I]«à la métropolisation»[i] souligne le président du Conseil régional, l’attractivité d’une métropole dépend aussi de sa capacité [I]«à tirer son territoire»[i]. Tout se joue sur la complémentarité, mais force est de constater que les édiles qui déterminent en haut lieu sur le plan national comme sur le plan européen l’avenir des territoires ruraux, sont la plupart du temps des urbains qui traitent la question avec une certaine [I]«condescendance»[i]. Aux territoires ruraux donc, comme le mentionne le programme du séminaire [I]«de reprendre leur avenir en main»[i].
Pourtant, nos voisins européens envient nos espaces ruraux, pour leur diversité qui n’exclut pas une certaine unité. Reste aux acteurs de ces espaces à dépasser ce qu’ils vivent souvent comme un handicap, pour trouver des solutions nouvelles. Au vu de l’importante participation à ce séminaire national, avec plus de 600 délégués* venus des quatre coins de la France et de l’étranger, l’heure était bien à la réflexion, aux échanges et à la construction d’un avenir à imaginer à la fois collectivement et dans le respect des spécificités de chacun.

Cécile Duflot, ministre de l’égalité, du territoire et du logement, et Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de la forêt et de la pêche, ont insisté dans leur message en différé, sur [I]«cette nécessaire solidarité entre les territoires»[i] et la reconnaissance [I]«des espaces ruraux comme créateurs de richesses et source d’innovation»[i]. L’une appelant de ses vœux [I]«une plus grande participation de la société civile au développement et à la gestion de ces territoires»[i] et l’autre relevant comme un atout et une exception française une augmentation de la population de plus de 10 millions d’habitants d’ici 30 ans, soit l’équivalent de la région Ile de France. C’est un défi et en même temps un formidable enjeu pour des territoires ruraux appelés à se rendre les plus attractifs possible pour attirer et surtout retenir ces résidents potentiels. Les deux ministres ont annoncé des moyens supplémentaires pour déployer 1000 maisons de services à l’horizon 2017 en zones rurales et une nouvelle génération de fonds européens, notamment agricoles au travers du Feader.

[INTER]La ruralité n’est plus ce qu’elle était...[inter]
Des représentants des réseaux ruraux ont tout de suite lancé la réflexion en s’appuyant sur des initiatives concrètes, car les territoires qui ont relevé le pari de l’avenir et du développement [I]«travaillent déjà collectivement à définir de nouvelles ruralités»[i], comme en a témoigné Patrice Joly, président du Conseil général de la Nièvre. Beaucoup de participants sont venus pour [I]«croiser les travaux, les expériences»[i] quitte à repousser les limites territoriales pour s’enrichir aussi de ce que font d’autres territoires européens. D’autres encore relèvent la nécessité [I]«de bousculer les pratiques et les points de vue pour chercher des réponses nouvelles aux questionnements qui se posent en permanence»[i]. Ce qui suppose [I]«de sortir des approches catégorielles»[i] pour relever les enjeux sociaux, économiques et culturels, dont dépendent la survie des territoires attachés à conserver leur attractivité et donc à capter et retenir les forces vives de leur population.
L’accueil, l’attractivité des territoires est au centre de la question de leur développement. Le représentant des maires de Haute-Côte d’Or a ainsi insisté sur [I]«les attentes fortes des élus du monde rural, de politiques cohérentes, auxquelles on laisse le temps de s’installer»[i].

Enfin quand on parle d’attractivité, de développement, il ne s’agit pas de conjuguer l’avenir des territoires au passé en misant sur une population de nouveaux résidents non actifs ou retraités, l’avenir des zones rurales ne se construira pas sans les jeunes, des jeunes dont on doit faciliter l’accueil. Des jeunes auxquels on doit assurer les moyens de vivre pleinement dans ces territoires et d’y trouver un épanouissement personnel et professionnel totalement choisi et assumé.

*Elus et animateurs de territoires, responsables socio-professionnels et associatifs, représentants des collectivités territoriales et des services de l’Etat en Région, acteurs des filières agricoles, sylvicole, artisanales, des services de la culture, du tourisme ou du développement économique.

Qu’est-ce qu’un réseau rural ?

Le réseau rural réunit l’ensemble des acteurs du monde rural pour leur permettre d’échanger et de travailler ensemble. L’objectif étant de faciliter la réalisation de projets associant l’agriculture, la forêt, l’artisanat, le commerce, le tourisme, l’environnement, les services... Au fil de ses travaux, le réseau rural propose des outils, des méthodes, des analyses, des préconisations. C’est un levier de mobilisation des acteurs des territoires ruraux, autant qu’un espace de dialogue et de concertation entre les représentant élus, les Pouvoirs publics et les citoyens. Avec l’ambition de développer des dynamiques durables et un équilibre entre les territoires. Le Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural) finance un ensemble de projets participant au développement des territoires ruraux. Le règlement communautaire de développement rural a institué un réseau rural dans chaque État membre.