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Marché de la Sicafome

«Les techniques de vente se modernisent»

La Sicafome a tenu son assemblée générale vendredi 2 juin à Moulins-Engilbert. Le marché au cadran tient à préserver son dynamisme, même dans un contexte de crise économique et sanitaire. Rencontre avec Martial Tardivon, chef des ventes.
Par Céline Clément
«Les techniques de vente se modernisent»
«On cherche toujours à être au service des éleveurs», souligne Martial Tardivon, chef de ventes à la Sicafome.
- Pouvez-vous nous retracer l’histoire de la Sicafome  ?
Martial Tardivon  : «C’est un marché aux bestiaux de type cadran créé en 1983 par un groupe d’éleveurs. Dans le temps, il y avait des foires traditionnelles et le marché a été créé pour remplacer ces foires. C’était très ambitieux et novateur à l’époque pour le centre de la France. Nous avons tenu le pari d’ouvrir un marché au cadrant avec des services comme la garantie de paiement. Celui-ci a ensuite évolué au fil du temps avec un renforcement des services et une augmentation des volumes. Le marché commercialise les ovins et les caprins le lundi matin et les bovins le mardi».

- Combien d’acheteurs et d’éleveurs fréquentent le marché en moyenne  ?
M.T.  : «Nous avons entre 15 et 20 acheteurs d’ovins et une centaine d’acheteurs de bovins. Nous avons eu 430 éleveurs d’ovins et 1100 éleveurs de bovins l’an dernier, un chiffre stable ces dernières années. Sur ces derniers, 250 commercialisent la totalité de leurs animaux par notre intermédiaire».

- De quels avantages peuvent bénéficier les éleveurs en vendant leurs bêtes sur le marché  ?
M.T.  : «Le principal avantage, c’est que le paiement est garanti et le marché est sûr d’un point de vue sanitaire. Le marché est assuré pour l’export. Il y a une concurrence parfaite, une égalité de traitement, un prix optimum. Les éleveurs sont payés entre 48h et 72h après la vente.
Des frais de marché sont prélevés de 1,25% vendeur et 0,75% acheteur. Le marché de Moulins-Engilbert a les frais de marché les plus faibles de France. De plus une partie des bénéfices sont redistribués aux éleveurs qui commercialisent au moins 80% de leurs bovins par l’intermédiaire de notre structure. C’est comme une remise de fidélité».

- Comment fonctionne le marché de l’intérieur  ?
M.T.  : «Dans le fonctionnement, les éleveurs annoncent les animaux à l’avance. On totalise tout ça le vendredi soir et on contacte les acheteurs. Cela nous permet de nous organiser et les acheteurs peuvent connaître le volume qu’il y aura la semaine d’après. Sur le marché, il y a vingt louviers qui trient les animaux et les présentent en salle de vente. Sur l’écran de traçabilité on affiche le département de naissance, la qualification élevage, le statut IBR... Le chef des ventes propose une mise à prix et les acheteurs font grimper les prix par tranche de 10€. C’est une grosse organisation car 32 salariés sont sur le site les jours de marché, qui représentent entre 14 et 15 temps plein».

- Avez-vous des projets de modernisation du marché  ?
M.T.  : «Aujourd’hui on a une structure déjà suffisamment grande. Depuis l’ouverture, le marché a connu plusieurs tranches de travaux et nous sommes arrivés à maturité. On a une station de lavage, une station d’épuration, une stabulation, un parking. On est moderne et aujourd’hui on travaille plus sur des techniques de vente novatrices. On cherche toujours à être au service des éleveurs».

- Vous proposez de nouvelles techniques de vente...
M.T.  : «On a un matériel de vente aux enchères électronique mobile, ce qui nous permet de faire des ventes aux enchères à l’extérieur.  Nous pouvons en faire sur des concours d’animaux, des stations génétiques, des ventes privées de reproducteurs chez un éleveur. Dans ce cas, on déplace le matériel dans l’exploitation. Par ailleurs on est en train d’expérimenter la vente de lots en vidéo. On se déplace dans les exploitations où il y a de gros lots d’animaux. On filme les bêtes et on diffuse les vidéos sur le marché. L’avantage pour les éleveurs c’est de ne pas avoir à déplacer de gros lots. On travaille là-dessus avec le marché de Sancoins et Château Meyat depuis le mois de novembre.On le fait sur demande des éleveurs et pour des lots de grosse importance. Depuis novembre, on a déjà réalisé ça une dizaine de fois. Cela permet de faire profiter aux éleveurs qui ont de gros lots des mêmes avantages. De plus en plus d’éleveurs sont demandeurs de cette technique de vente».

- Quels sont vos objectifs pour l’avenir  ?
M.T.  : «Notre objectif principal est de rester un marché dynamique et ne pas faiblir. Depuis quelques années, la production décline. L’objectif est avant tout de garder nos parts de marché».

- Ressentez-vous les effets de la crise économique et sanitaire qui touche l’agriculture actuellement  ?
M.T.  : «La crise économique, on la ressent mais indirectement sur la fréquentation. La commercialisation de la viande bovine est soumise à un monopole dans la distribution, avec des difficultés à faire évoluer les prix. Quant aux crises sanitaires, elles ont fortement impacté les tarifs. On est en train de redresser la barre et sur l’export les tarifs sont un peu plus cohérents depuis quelques semaines. Sur le marché intérieur en revanche, le cours des vaches maigres est encore 20% inférieur à ce qui se pratiquait il y a quatre ans».

- Le marché conserve néanmoins un fort rayonnement en France et reste force de référence en matière de tarifs.
M.T.  : «Oui, malgré la conjoncture, les animaux sont bien vendus, bien valorisés et les éleveurs bien payés. L’année dernière, on a commercialisé 50 000 bovins, ce qui permet d’établir des cotations et de renseigner toute une économie autour du marché. Ces cotations sont lues à travers toute la France et l’Europe. En Italie, en Espagne ou en Allemagne, les étrangers sont curieux de savoir ce qui se passe sur les marchés aux bestiaux français. Nous sommes sur le podium des marchés français. Sur 45 marchés, on est le 6ème marché ovin, le 2ème en gros bovins maigres et le 3ème en broutards».