Sécheresse
Les surcoûts de l’affouragement au pré
Conséquence de la sécheresse persistante, nombre d’éleveurs nivernais sont obligés d’aller affourager et abreuver leurs bêtes dans les prés. Comme Nicolas Cadiot, à Challuy (lieu-dit «Mussy»), qui craint de manquer de fourrages pour l’hiver.
Il suffit que le tracteur, équipé d’un dérouleur portant une botte d’enrubanné, franchisse la clôture électrique et, aussitôt, une longue file indienne de vaches et de veaux charolais se forme dans l’une des parcelles de «Mussy». Au volant, Nicolas Cadiot, à la tête d’un troupeau de 80 vaches-mères : «On n’arrête pas de donner à manger depuis trois semaines. A part la paille, c’est comme en hiver» déplore l’éleveur qui exploite sa ferme sur la commune de Challuy, tandis que Sophie, son épouse, dirige de son côté la sienne à Saincaize. «Ce sont entre 5 et 6 bottes par jour qui passent au pré dans chacune des exploitations» indique-t-il. «A ce rythme-là, le stock fond comme neige au soleil» ! Le souci, pour le couple d’éleveurs, comme pour la majorité de leurs collègues nivernais, c’est l’alimentation hivernale : «Notre maïs pour l’ensilage n’est pas à la hauteur en nombre de grains. Si on a de la trésorerie, on achètera de l’ensilage, sinon, on achètera peut-être de la paille et on tentera de résoudre l’équation d’une alimentation la moins chère possible»... Nicolas Cadiot dispose de 5 mois de stock (150 jours hivernés) mais il a commencé à affourrager dès juillet. Le regain de l’automne conditionnera donc l’alimentation des bovins cet hiver et la solidité de la trésorerie. Handicap supplémentaire : l’éleveur fait des vêlages précoces ce qui contraint «à ne pas laisser maigrir les bêtes car la paille et la mélasse ne suffisent pas». Nicolas évoque toutefois quelques astuces: «sevrer les veaux plus précocement» et «minéraliser un peu plus avec des seaux à lécher». Il estime ainsi que «si l’on n’utilise que de la paille il faut minéraliser davantage pour éviter les difficultés de vêlage et limiter les problèmes à venir»...
Un surcoût difficilement supportable
Ce qui inquiète le plus Nicolas Cadiot, à court terme, ce sont les problèmes sanitaires qui pourraient se poser. «Quand il n’y a plus d’herbe, les vaches broutent trop près de la terre, le risque de parasitisme est plus important». La vigilance s’impose donc en terme de parasitisme. Le moral des éleveurs ne risque pas de s’améliorer avec toutes ces adaptations nécessaires et leur impact financier, alors que la crise est déjà si pénible à gérer. La sécheresse entraîne un surcroît de travail, mais surtout Nicolas Cadiot a fait ses comptes : «chaque jour, cet été, c’est entre 1,50 et 2 euros par animal qui partent dans l’alimentation pour les 170 bêtes. Cela représente donc une charge de 255 euros par jour, soit 7650 euros par mois, multipliés par trois, si août et septembre devaient se révéler aussi secs que juillet». «Aujourd’hui, on vit avec des découverts, des courts termes et des cours qui chutent. Cela ne peut pas durer» estime Nicolas, pour qui le récent plan du gouvernement en faveur de l’élevage est largement insuffisant. La sécheresse plus la crise, c’est le coup de grâce ! «Cela fait 30 ou 35 ans que nous réclamons des prix... en vain !». En attendant, l’éleveur envie le système assurantiel destiné à compenser les pertes de cultures en cas d’aléas climatiques. Pour l’élevage aussi «il est temps d’agir, car il n’est pas normal qu’on en soit à quémander alors que nous devrions avoir une assez bonne trésorerie pour financer tout çà par nous-mêmes» !
Un surcoût difficilement supportable
Ce qui inquiète le plus Nicolas Cadiot, à court terme, ce sont les problèmes sanitaires qui pourraient se poser. «Quand il n’y a plus d’herbe, les vaches broutent trop près de la terre, le risque de parasitisme est plus important». La vigilance s’impose donc en terme de parasitisme. Le moral des éleveurs ne risque pas de s’améliorer avec toutes ces adaptations nécessaires et leur impact financier, alors que la crise est déjà si pénible à gérer. La sécheresse entraîne un surcroît de travail, mais surtout Nicolas Cadiot a fait ses comptes : «chaque jour, cet été, c’est entre 1,50 et 2 euros par animal qui partent dans l’alimentation pour les 170 bêtes. Cela représente donc une charge de 255 euros par jour, soit 7650 euros par mois, multipliés par trois, si août et septembre devaient se révéler aussi secs que juillet». «Aujourd’hui, on vit avec des découverts, des courts termes et des cours qui chutent. Cela ne peut pas durer» estime Nicolas, pour qui le récent plan du gouvernement en faveur de l’élevage est largement insuffisant. La sécheresse plus la crise, c’est le coup de grâce ! «Cela fait 30 ou 35 ans que nous réclamons des prix... en vain !». En attendant, l’éleveur envie le système assurantiel destiné à compenser les pertes de cultures en cas d’aléas climatiques. Pour l’élevage aussi «il est temps d’agir, car il n’est pas normal qu’on en soit à quémander alors que nous devrions avoir une assez bonne trésorerie pour financer tout çà par nous-mêmes» !
Les éleveurs maintiennent la pression «Pas question de baisser pavillon»
Dans un communiquée la FDSEA et les JA 58 rappellent les objectifs des actions entreprises depuis plus d’un mois et demi et destinées à faire remonter les prix de la viande et du lait. Au travers des différents blocages et actions auprès de la grande distribution, c’est «la détresse des éleveurs qui s’est exprimée» et «à ce jour la détermination reste intacte», «ce ne sont pas les quelques subsides du plan gouvernemental qui sont en mesure de ramener de la sérénité sur le plan économique et moral dans les exploitations. Ce dont ont besoin les éleveurs ce sont seulement des prix.» Les éleveurs ont ainsi «décidé de maintenir la pression tout au long de ce mois d’août et ce jusqu’en septembre prochain» et de ne surtout pas baisser pavillon.
FDSEA et JA appellent donc les éleveurs «à veiller avec attention à la traçabilité et à l’origine des produits agricoles circulant sur les routes du département, à se préparer à la mise en place d’actions revendicatives contre l’excès de normes, à porter au plan national la demande d’une action d’envergure à la rentrée, en direction des responsables politiques de notre pays».
FDSEA et JA appellent donc les éleveurs «à veiller avec attention à la traçabilité et à l’origine des produits agricoles circulant sur les routes du département, à se préparer à la mise en place d’actions revendicatives contre l’excès de normes, à porter au plan national la demande d’une action d’envergure à la rentrée, en direction des responsables politiques de notre pays».