Affaire Findus
Les leçons de la crise
L'affaire Findus et ses ramifications font trembler la filière agroalimentaire en défrayant la chronique sur tout le continent européen. Spanghero, sous-traitant de Findus et Comigel, sont désignés coupables, mais sur le fond, la chaîne frauduleuse qui concerne désormais treize pays européens, remet en cause un modèle agro-industriel , perméable à des pratiques frauduleuses et engagé dans une course au profit sans limite.
Il n'est pas question de jeter le bébé avec l'eau du bain... Toute la chaîne agroalimentaire n'est pas pourrie et le système de traçabilité et de sécurité sanitaire européen n'est pas à remettre en cause. Stéphane Le Foll a ainsi tenu à rappeler que «en face du circuit frauduleux, la majorité des acteurs des filières agricoles et agroalimentaires est honnête». C'est plutôt un certain modèle agro-industriel atomisé entre les mains d'une multitude d'intermédiaires qui doit être dénoncé. Il est difficile de mesurer l'ampleur des circuits illégaux en Europe, mais la perte de contrôle du transit des denrées alimentaires au sein du Marché unique européen peut inquiéter. Plus les échanges se multiplient, plus le système s'atomise, plus le système de sécurité sanitaire et de traçabilité devient perméable. Si les règles de traçabilité en vigueur ont permis aux àtats membres de découvrir rapidement l'origine et la chaîne de distribution des produits frauduleux, le système s'avère perméable et surtout perfectible pour éviter les dérives et les identifier à temps.
Treize pays sont désormais concernés par la circulation de plats préparés contenant de la viande de cheval non déclarée. Au total 750 tonnes de viande dans plus de 4,5 millions de plats cuisinés circuleraient en Europe et seraient en cours de retrait des rayons des magasins. L'àtat français a tiré les leçons de cette situation inédite rapidement, en mettant sous contrôle pour toute l'année 2013 la filière viande et poissons.
L'arbitrage du consommateur
L'àtat entend ainsi intensifier les contrôles sur les approvisionnements, la transformation et la commercialisation, chez les grossistes et les importateurs mais aussi dans les GMS. Ces contrôles pourraient s'appuyer sur la technique de l'ADN, une procédure plus coûteuse mais plus fiable pour détecter l'origine des viandes.
L'heure est à la prévention et les Pouvoirs publics français proposent d'étendre l'étiquetage de l'origine des viandes aux viandes transformées. Cette demande d'étiquetage étendue aux produits carnés transformés correspond à une demande portée par les professionnels de l'Interprofession bétail et viande (Interbev).
Mais les Pouvoirs publics vont aussi devoir se porter sur un autre dossier : l'extension des normes de sécurité sanitaire et de traçabilité aux négociants. Stéphane Le Foll voudrait «lancer une réflexion sur les agréments pour les traders». Les faits récents plaident pour une telle démarche, car les opérateurs sont nombreux et des tonnes de viande transitent par leur intermédiaire à travers tout le marché unique européen.
Face au scandale de la fraude, il s'agit maintenant de redonner confiance aux consommateurs qui s'estiment les dindons de la farce ; deux fois floués, sur l'origine et sur le prix. Les trois ministres français concernés sont déterminés à amener une trans
parence totale aux consommateurs. On pourrait trouver là l'occasion de relancer la place de la viande française dans les produits transformés. La Fédération nationale bovine invite ainsi fermement l'ensemble des marques de produits cuisinés et marques de distributeurs à s'approvionner en viande bovine française (VBF). Le discours est le même pour la filière porcine qui milite depuis des années pour le VPF.
Mais la question n'est pas si simple et ne se résume pas à la seule question du prix. En 2012, la filère viande bovine française a été déficitaire de 373 000 tonnes équivalents carcasse importées, contre 268 000 tec exportées. Côté prix, si les réseaux d'approvisionnement étrangers se sont considérablement développés, c'est en grande partie du fait de la pression sur les prix. Les fraudeurs dans cette affaire sont français, mais les réseaux sont internationaux. Face à cette situation, Coop de France s'interroge : «Comment ne pas dénoncer cette course folle à la recherche de prix toujours plus bas avec la conséquence de susciter de tels risques ?».
Reste à l'industrie agroalimentaire à tirer les leçons de la situation actuelle et au consommateur à montrer aux travers de ses choix de consommation, quelle agriculture et quel modèle d'industrie agro-alimentaire il souhaite favoriser.
Treize pays sont désormais concernés par la circulation de plats préparés contenant de la viande de cheval non déclarée. Au total 750 tonnes de viande dans plus de 4,5 millions de plats cuisinés circuleraient en Europe et seraient en cours de retrait des rayons des magasins. L'àtat français a tiré les leçons de cette situation inédite rapidement, en mettant sous contrôle pour toute l'année 2013 la filière viande et poissons.
L'arbitrage du consommateur
L'àtat entend ainsi intensifier les contrôles sur les approvisionnements, la transformation et la commercialisation, chez les grossistes et les importateurs mais aussi dans les GMS. Ces contrôles pourraient s'appuyer sur la technique de l'ADN, une procédure plus coûteuse mais plus fiable pour détecter l'origine des viandes.
L'heure est à la prévention et les Pouvoirs publics français proposent d'étendre l'étiquetage de l'origine des viandes aux viandes transformées. Cette demande d'étiquetage étendue aux produits carnés transformés correspond à une demande portée par les professionnels de l'Interprofession bétail et viande (Interbev).
Mais les Pouvoirs publics vont aussi devoir se porter sur un autre dossier : l'extension des normes de sécurité sanitaire et de traçabilité aux négociants. Stéphane Le Foll voudrait «lancer une réflexion sur les agréments pour les traders». Les faits récents plaident pour une telle démarche, car les opérateurs sont nombreux et des tonnes de viande transitent par leur intermédiaire à travers tout le marché unique européen.
Face au scandale de la fraude, il s'agit maintenant de redonner confiance aux consommateurs qui s'estiment les dindons de la farce ; deux fois floués, sur l'origine et sur le prix. Les trois ministres français concernés sont déterminés à amener une trans
parence totale aux consommateurs. On pourrait trouver là l'occasion de relancer la place de la viande française dans les produits transformés. La Fédération nationale bovine invite ainsi fermement l'ensemble des marques de produits cuisinés et marques de distributeurs à s'approvionner en viande bovine française (VBF). Le discours est le même pour la filière porcine qui milite depuis des années pour le VPF.
Mais la question n'est pas si simple et ne se résume pas à la seule question du prix. En 2012, la filère viande bovine française a été déficitaire de 373 000 tonnes équivalents carcasse importées, contre 268 000 tec exportées. Côté prix, si les réseaux d'approvisionnement étrangers se sont considérablement développés, c'est en grande partie du fait de la pression sur les prix. Les fraudeurs dans cette affaire sont français, mais les réseaux sont internationaux. Face à cette situation, Coop de France s'interroge : «Comment ne pas dénoncer cette course folle à la recherche de prix toujours plus bas avec la conséquence de susciter de tels risques ?».
Reste à l'industrie agroalimentaire à tirer les leçons de la situation actuelle et au consommateur à montrer aux travers de ses choix de consommation, quelle agriculture et quel modèle d'industrie agro-alimentaire il souhaite favoriser.