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Repas local au Collège de La Machine

Les jeunes rencontrent les producteurs et dégustent leurs produits

Cette année, 7 collèges nivernais participent à la démarche «circuits de proximité en restauration scolaire» initiée par le Conseil général de la Nièvre. Le 22 mai, comme tous les mois, les 6ème et 5ème de l’établissement de La Machine ont reçu deux producteurs locaux, dont les produits ont ensuite été servis à la cantine.
Par E.C. d’après communiqué
Les jeunes rencontrent les producteurs et dégustent leurs produits
Les élèves ont apprécié dans leur assiette le poulet et les fromages de chèvres du GAEC de Bizy et de Daniel Guy, venus les rencontrer jusque dans le réfectoire.
Roger Boulin, le principal du collège, rappelle qu’au-delà de l’aspect convivial de l’animation, se cache un réel enjeu pédagogique: «présenter les produits, les modes de production et les exploitations aux élèves; mieux comprendre l’origine des produits pour mieux en appréhender les saveurs et la qualité gustative; évoquer avec les producteurs les champs professionnels directement concernés par la vie de l’exploitation mais aussi toutes les professions partenaires en insistant sur la dimension du développement durable et la protection de l’environnement». Ainsi donc, le 22 mai, en fin de matinée, les 6è et 5è du collège ont-ils pu rencontrer et échanger avec deux agriculteurs nivernais. Mme Pieuchot, du Gaec de Bizy, et Daniel Guy de Saint-Jean aux Amognes, ont présenté leurs activités respectives d’élevage de poulets, pour l’une, et de chèvres avec transformation fromagère, pour le second. Les deux producteurs locaux ont été invités à préciser les conditions de leur pluri-activité, puisque Mme Pieuchot est associée à son mari dans une exploitation de polyculture-bovin allaitant et M. Guy est aussi à la tête d’un troupeau de charolaises «du fait des habitudes régionales et de la proximité avec les marchés au cadran de Moulins-Engilbert et Corbigny».

[INTER]Questions des jeunes curieux[inter]
A partir de quelques clichés, Mme Pieuchot a présenté le cycle de vie des poulets et pintades de son exploitation: arrivage tous les deux mois en moyenne, poulets d’un jour dont il faut prendre soin jusqu’à trois semaines, sept semaines pour les pintades, et puis 120 à 160 jours avant de partir à l’abattoir. «Les élèves ont compris ce que signifiait l’appellation «élevé en plein air», à la différence des poulets élevés en batterie dont la période de production est beaucoup plus courte» témoigne Roger Boulin. L’abattage a aussi été l’occasion d’aborder les règles d’hygiène en matière de productions destinées à la consommation humaine et il s’est trouvé quelques élèves plus curieux pour interroger l’éleveuse sur la question des renards et des rats. «Le renard, c’est le premier inconvénient, après les problèmes météorologiques, de l’élevage en plein air. Quant aux rats, il est éradiqué par une vigilance quotidienne et un traitement préventif». Tout aussi attentionnés, les collégiens ont apprécié de pouvoir observer de près les échantillons de luzerne fraîche et en foin, de graminées, de pois, de grains de maïs que Daniel Guy leur avait apportés pour illustrer ses propos sur l’alimentation de ses chèvres. A travers un diaporama, ils ont découvert la salle de traite, le stockage du lait et la transformation fromagère, les différentes variétés de fromages (crottin, bûche cendrée, tome) qui dépendent de l’affinage, les techniques d’égouttage à base de paille de seigle, mais aussi pourquoi il y a formation de moisissures sur certains fromages. Ils ont réagi aux difficiles conditions de travail de l’éleveur -une traite deux fois par jour le matin et le soir- et aussi à la qualité de l’alimentation des chèvres qui joue directement sur la quantité de lait produit...

[INTER]Repas à base des produits des intervenants[inter]
«Les élèves ont aussi aimé ce moment d’échanges avec des professionnels qu’ils n’ont pas l’habitude de cotoyer» indique le principal. Chacun des éleveurs présents s’est prêté au jeu des questions-réponses, les élèves se montrant interrogatifs sur les masses de production ou les superficies des exploitations mais aussi sur les raisons qui ont poussé ces professionnels à choisir un métier aux conditions de travail difficiles. Et le contact a même été approfondi ensuite, quant à l’heure du déjeuner, les producteurs locaux ont assuré le «service après-vente» auprès des demi-pensionnaires. Au restaurant scolaire, le menu qui leur était servi avait été préparé à base des productions des deux intervenants du jour: poulet (et patates sautées) du Gaec de Bizy en plat de résistance, fromages de chèvre de Daniel Guy avant les fraises du dessert...

Les deux éleveurs se sont empressés de demander leurs impressions aux élèves sur le contenu de leur assiette, sous l’œil attentif de Colette Mongiat et Daniel Barbier, les deux vice-présidents du Conseil général en charge du projet circuits courts dans les collèges. Tous les partenaires se sont montrés satisfaits et Roger Boulin, pour sa part, en tant que principal, a rappelé aux élèves «l’importance que le collège accorde à l’éducation au goût. Notre objectif est bien sûr que les élèves mangent équilibré mais aussi qu’ils découvrent une alimentation diversifiée à base de produits sains et de saison à fort potentiel gustatif. Mieux connaître les produits leur donnera envie de les goûter même si ces produits sont inhabituels dans leur quotidien» a-t-il insisté. Les éleveurs nivernais du jour n’ont pu qu’acquiescer.