Assemblée générale de l’Admien
Les irrigants se penchent sur les technologies innovantes
L’AG annuelle de l’association des maïsiculteurs irrigants de la Nièvre, avait lieu jeudi 13 février à Mesves-sur-Loire. Les adhérents se sont penchés sur «la technologie de l’irrigation: performances observées des asperseurs et des goutteurs».
Recherche de productivité, d’économies de charges, de rationalisation des pratiques, d’efficience des apports, d’optimisation des performances énergétiques... Les raisons de choisir le thème de l’AG des irrigants nivernais ne manquaient pas. Et, jeudi dernier, avant d’évoquer les [I]«quatre temps du maïs»[i], les adhérents de l’Admien se sont donc penchés sur les évolutions technologiques en matière d’irrigation. Par video-conférence, ils ont entendu, durant près de deux heures, un chercheur leur expliquer les dernières expérimentations pratiquées dans ce domaine. Bruno Molle, qui avait été retenu à Aix-en-Provence, où il dirige un laboratoire de l’Institut national de recherche en science technologique pour l’environnement et l’agriculture (Irstea, ex-Cemagref), a pour responsabilité de faire [I]«tester les nouveaux matériels d’irrigation, les enrouleurs, les goutte-à-gouttes, les rampes d’arrosage, d’établir des normes (consommation énergétique, pression minimum...) pour les constructeurs de matériels, et d’établir des mesures de compréhension des phénomènes physiques et mécaniques, le tout à la demande du ministère de l’Agriculture, et en partenariat avec les instituts (Arvalis, INRA). Et, même si tous les procédés évoqués, ne seront probablement jamais transposables aux systèmes de production nivernais, la connaissance des recherches en cours a passionné les adhérents de l’Admien, plus que jamais ouverts aux avancées de leur métier»[i].
[INTER]Goutte-à-goutte enterré[inter]
Parmi les innovations remarquées, il a beaucoup été question du goutte-à-goutte enterré. Il s’agit en fait de tuyaux perforés enterrés dans le sol et qui y amènent directement l’eau. Quant au goutte-à-goutte aérien, il est très peu utilisé, si ce n’est en maraîchage ou dans les vignes. Cette technique n’est pas pratiquée dans la Nièvre parce que son principal inconvénient consiste à ne pas pouvoir travailler le sol, [I]«sauf à le retirer à chaque fois»[i] selon Arnaud Vautier, l’animateur de l’Admien à la Chambre d’agriculture de la Nièvre. D’où l’intérêt d’enterrer les tuyaux à 30 cm de profondeur. L’expérimentation a été menée sur 4h près d’Aix-en-Provence sur du maïs en labours et non-labours, dans un hangar de l’Irstea pour pouvoir contrôler l’apport de vent avec un souffleur.
Sur cet exemple, les chercheurs ont défini que l’optimum était
de placer les goutteurs tous les 30 cm, c’est-à-dire au minimum trois tous les mètres et chaque tuyau tous les 1,20m d’écartement maximum. Sans quoi [I]«la répartition de l’eau est mauvaise et cela a une incidence sur les rendements»[i] explique Arnaud Vautier. Autre paramètre à prendre en compte dans le goutte-à-goutte enterré: l’investissement peut se révéler plus lourd, et ce même si l’exploitation (consommation) n’est pas aussi coûteuse que le matériel. Il faut ainsi compter sur 1 500 euros/ha de consommation plus 2 à 3 000 euros/ha d’investissement. A comparer avec les 10 000 euros/ha pour les enrouleurs mais qui dépendent de la configuration locale et qui ont une durée de vie plus longue. [I]«C’est une technique qui impose à l’exploitant d’être plus soigneux, de faire des lavages réguliers pour éviter que les tuyaux ne se bouchent, et ce même si les constructeurs ont fait d’énormes progrès. Et puis les conditions de sols et l’eau utilisée interfèrent plus sur le résultat»[i] résume Arnaud Vautier. L’avantage du goutte-à-goutte enterré, tel que dévoilé par Bruno Molle, c’est un potentiel de diminution de 10% des apports en eau au maïs et, en matière de fertilisation, cela rend 1,5 fois plus efficace l’azote apporté: les doses peuvent donc être réduites de 25%. Un élément à prednre en compte, très tôt, dans le choix d’investissement, pour prendre la bonne orientation technique... [I]«Cette technique peut se révéler cruciale dans des zones où il y a plus de sécheresse et où les usages de l’eau sont restreints mais il y a impossibilité de faire germer les cultures en cas de sécheresse précoce»[i] relève le technicien de la Chambre d’agriculture.
[INTER]La Nièvre en attente d’évolutions technologiques[inter]
Pour Arnaud Vautier, [I]«le goutte-à-goutte enterré ne présente pas trop d’intérêt ni d’évolution technologique dans le département. S’il doit y avoir une évolution, les irrigants souhaiteraient plutôt une amélioration des canons sur les enrouleurs par des dispositifs qui les rendraient plus facilement réglables: par exemple, l’angle du jet plus ou moins haut selon le vent ou la balayage horizontal pour arroser des zones plus ou moins larges...»[i] Ces procédés techniques existent. Ils ont été mis au point par l’Irstea mais ils présentent encore des pannes assez fréquentes et se montrent [I]«extrêmement coûteux»[i], à tel point que les constructeurs ne les proposent même pas dans leurs catalogues. Pourtant, [I]«dans la Nièvre, il y a une attente technologique forte et la préoccupation de faire comprendre que les apports en eau ne relèvent pas que de conditions pédo-climatiques mais aussi d’aspects techniques»[i] ajoute Arnaud Vautier. L’objectif est de définir les pistes d’amélioration de la qualité de la répartition en eau au champ.
C’est aussi de mieux rationaliser l’efficience énergétique, point sur lequel a insisté Bruno Molle pendant l’assemblée générale. La consommation d’énergie varie de 0 à 2 kw/m3 suivant les systèmes d’arrosage, du gravitaire, qui n’est pas employé dans la Nièvre, à l’aspersion avec des pompes thermiques, systèmes qui fonctionnent avec des pressions assez élevées (enrouleurs à 5-7 bars). Selon le technicien, [I]«la conception de l’installation est déterminante et la performance énergétique doit être prise en compte dès la création, par exemple le diamètre des canalisations ou la préférence donnée à un surpresseur couplé à la pompe plutôt que des pompes puissantes»[i] pointe Arnaud Vautier. Un poste de pompage peut représenter jusqu’à 85% de l’investissement de départ mais le fonctionnement ultérieur peut ainsi s’en voir diminuer sur les douze ans de durée de vie estimés de l’installation. Bruno Molle a donc aussi fait le point sur les évolutions en terme d’aspersion, qui se résument à pas grand chose pour le moment dans les prochaines années. [I]«Mais les tendances sont au choix de matériels fonctionnant à des pressions moindres et à une diminution des écartements des passages d’arrosage, pour une meilleure répartition»[i]. Et les capteurs d’humidité du sol, qui permettent une gestion de l’irrigation encore plus fine, sont aussi dans l’air du temps, par exemple les tensiomètres déjà utilisés mais qui coûtent encore chers...
[INTER]Goutte-à-goutte enterré[inter]
Parmi les innovations remarquées, il a beaucoup été question du goutte-à-goutte enterré. Il s’agit en fait de tuyaux perforés enterrés dans le sol et qui y amènent directement l’eau. Quant au goutte-à-goutte aérien, il est très peu utilisé, si ce n’est en maraîchage ou dans les vignes. Cette technique n’est pas pratiquée dans la Nièvre parce que son principal inconvénient consiste à ne pas pouvoir travailler le sol, [I]«sauf à le retirer à chaque fois»[i] selon Arnaud Vautier, l’animateur de l’Admien à la Chambre d’agriculture de la Nièvre. D’où l’intérêt d’enterrer les tuyaux à 30 cm de profondeur. L’expérimentation a été menée sur 4h près d’Aix-en-Provence sur du maïs en labours et non-labours, dans un hangar de l’Irstea pour pouvoir contrôler l’apport de vent avec un souffleur.
Sur cet exemple, les chercheurs ont défini que l’optimum était
de placer les goutteurs tous les 30 cm, c’est-à-dire au minimum trois tous les mètres et chaque tuyau tous les 1,20m d’écartement maximum. Sans quoi [I]«la répartition de l’eau est mauvaise et cela a une incidence sur les rendements»[i] explique Arnaud Vautier. Autre paramètre à prendre en compte dans le goutte-à-goutte enterré: l’investissement peut se révéler plus lourd, et ce même si l’exploitation (consommation) n’est pas aussi coûteuse que le matériel. Il faut ainsi compter sur 1 500 euros/ha de consommation plus 2 à 3 000 euros/ha d’investissement. A comparer avec les 10 000 euros/ha pour les enrouleurs mais qui dépendent de la configuration locale et qui ont une durée de vie plus longue. [I]«C’est une technique qui impose à l’exploitant d’être plus soigneux, de faire des lavages réguliers pour éviter que les tuyaux ne se bouchent, et ce même si les constructeurs ont fait d’énormes progrès. Et puis les conditions de sols et l’eau utilisée interfèrent plus sur le résultat»[i] résume Arnaud Vautier. L’avantage du goutte-à-goutte enterré, tel que dévoilé par Bruno Molle, c’est un potentiel de diminution de 10% des apports en eau au maïs et, en matière de fertilisation, cela rend 1,5 fois plus efficace l’azote apporté: les doses peuvent donc être réduites de 25%. Un élément à prednre en compte, très tôt, dans le choix d’investissement, pour prendre la bonne orientation technique... [I]«Cette technique peut se révéler cruciale dans des zones où il y a plus de sécheresse et où les usages de l’eau sont restreints mais il y a impossibilité de faire germer les cultures en cas de sécheresse précoce»[i] relève le technicien de la Chambre d’agriculture.
[INTER]La Nièvre en attente d’évolutions technologiques[inter]
Pour Arnaud Vautier, [I]«le goutte-à-goutte enterré ne présente pas trop d’intérêt ni d’évolution technologique dans le département. S’il doit y avoir une évolution, les irrigants souhaiteraient plutôt une amélioration des canons sur les enrouleurs par des dispositifs qui les rendraient plus facilement réglables: par exemple, l’angle du jet plus ou moins haut selon le vent ou la balayage horizontal pour arroser des zones plus ou moins larges...»[i] Ces procédés techniques existent. Ils ont été mis au point par l’Irstea mais ils présentent encore des pannes assez fréquentes et se montrent [I]«extrêmement coûteux»[i], à tel point que les constructeurs ne les proposent même pas dans leurs catalogues. Pourtant, [I]«dans la Nièvre, il y a une attente technologique forte et la préoccupation de faire comprendre que les apports en eau ne relèvent pas que de conditions pédo-climatiques mais aussi d’aspects techniques»[i] ajoute Arnaud Vautier. L’objectif est de définir les pistes d’amélioration de la qualité de la répartition en eau au champ.
C’est aussi de mieux rationaliser l’efficience énergétique, point sur lequel a insisté Bruno Molle pendant l’assemblée générale. La consommation d’énergie varie de 0 à 2 kw/m3 suivant les systèmes d’arrosage, du gravitaire, qui n’est pas employé dans la Nièvre, à l’aspersion avec des pompes thermiques, systèmes qui fonctionnent avec des pressions assez élevées (enrouleurs à 5-7 bars). Selon le technicien, [I]«la conception de l’installation est déterminante et la performance énergétique doit être prise en compte dès la création, par exemple le diamètre des canalisations ou la préférence donnée à un surpresseur couplé à la pompe plutôt que des pompes puissantes»[i] pointe Arnaud Vautier. Un poste de pompage peut représenter jusqu’à 85% de l’investissement de départ mais le fonctionnement ultérieur peut ainsi s’en voir diminuer sur les douze ans de durée de vie estimés de l’installation. Bruno Molle a donc aussi fait le point sur les évolutions en terme d’aspersion, qui se résument à pas grand chose pour le moment dans les prochaines années. [I]«Mais les tendances sont au choix de matériels fonctionnant à des pressions moindres et à une diminution des écartements des passages d’arrosage, pour une meilleure répartition»[i]. Et les capteurs d’humidité du sol, qui permettent une gestion de l’irrigation encore plus fine, sont aussi dans l’air du temps, par exemple les tensiomètres déjà utilisés mais qui coûtent encore chers...