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électricité

Les irrigants ont négocié leurs nouveaux contrats

En février dernier, l’association des irrigants de la Nièvre (Admien) avait donné mandat à une société allemande, pour négocier collectivement les tarifs des contrats d’électricité qu’ils doivent signer avant le 1er janvier. Lundi 9 novembre, ils ont pu comparer les propositions des opérateurs.
Par Emmanuel Coulombeix
Les irrigants ont négocié leurs nouveaux contrats
M. Benali (à gauche), de la société ECG Consulting GMBH, a présenté lundi aux irrigants nivernais, les offres reçues des opérateurs d’électricité et qui ont été négociées pour leur compte par sa société.
La démarche des irrigants de la Nièvre est quasiment unique en France. Lundi, en réunion de 14h à 21h dans un hôtel de Magny-Cours, ils ont écouté M. Benali, le représentant de la société ECG Consulting, leur dévoiler les différentes propositions financières des opérateurs de l’électricité qui vont intervenir sur le marché à partir du 1er janvier prochain. A 21h, après avoir comparé les offres et leurs impacts individuels sur chacun, les 52 irrigants du départ, sur les 120 que compte le département, ont tous signé les contrats. Devant l’opérateur historique, c’est un acteur qui se positionne depuis quelques années «par le bas» qui a finalement été retenu : Direct énergie. Sous la houlette d’ECG Consulting, les propositions ont été négociées depuis plusieurs mois avec les différents interlocuteurs. Dans la Nièvre, le groupement informel des irrigants a besoin d’un total de 3 millions de Mwh par an, avec des différences de puissance souscrite ou de basse ou haute tensions, selon les agriculteurs. La négociation collective permet de peser sur l’offre et la demande telles que le marché de l’électricité, libéralisé, va le permettre. Ainsi, ce sont de 8% à 40% de baisses des tarifs qui seront garantis, durant deux ans, selon les contrats, sur la base des tarifs négociés collectivement. Dans le département, 66 points de captage concernent les 52 irrigants impliqués.

Gagnant-gagnant
Selon Didier Guyon, le président de l’Admien, cheville ouvrière de cette démarche originale avec ECG, «tout le monde est gagnant. Produire du blé-orge-colza, c’est notre cœur de métier. Savoir acheter et vendre, c’est plus compliqué mais on s’y est mis. S’il y a des gens capables de bien acheter l’énergie à des coûts inférieurs, pour notre compte, pourquoi s’en passer?» La société allemande se fera rémunérer, une fois la livraison de l’électricité engagée, à des coûts environ dix fois inférieurs au montant des économies réalisées. Pas de surprise à ce que tous les irrigants, lundi, aient franchi le pas   ! D’autant que les conditions du service de l’opérateur historique, l’adaptation au marché de l’irrigation, plus gourmand l’été que l’hiver, ne justifiait pas des tarifs supérieurs proposés face à Direct énergie. «Sur deux ans, nous allons économiser, ensemble, 85 000 euros» justifie Didier Guyon. A tel point que certains envisagent déjà une démarche similaire pour le gaz et que les irrigants de l’Allier, représentés lundi, évoquent un rapprochement avec le groupement de fait constitué dans la Nièvre... D’autant qu’ECG continuera à accompagner administrativement les irrigants. Seuls bémols : les tarifs négociés (485 000 euros par an jusqu’en 2016) ne concernent que l’électron et non pas le coût supplémentaire du transport, qui reste réglementé, mais qui concernera de la même façon toutes les opérateurs possibles. Et puis il reste une incertitude sur le marché dit de «capacité», qui impliquera une variation de tarifs, à partir de 2018, en fonction des consommations aux périodes de pics intenses. Mais les irrigants, qui ont moins besoin d’énergie en hiver, voire pas du tout, espèrent que leur spécificité sera admise et reconnue et qu’ils bénéficieront, à partir de là, d’un bonus...