Elvéa 71 - 58
Les engraisseurs italiens en pleine restructuration
La dernière assemblée générale d'Elvéa 71 - 58 était consacrée au marché du broutard vers l'Italie. Pour répondre aux inquiétudes des éleveurs et des commerçants d'Elvéa, c'est le président national des commerçants en bestiaux lui-même qui est venu décrire la situation de l'engraissement en Italie.
La dernière assemblée générale de l'association des éleveurs Elvéa 71-58 a été marquée par la présence du président de la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB) Gérard Poyer. Profitant de ce déplacement dans un département où le commerce privé est très implanté, le président des négociants est venu livrer ses réflexions sur la situation de la filière, passant en revue les dossiers chauds du moment, à commencer par le marché des broutards vers l'Italie, thème de la réunion d'Elvéa.
[INTER]Engraisseurs italiens endettés[inter]
Le débouché italien inspire pas mal d'inquiétude en Saône-et-Loire. Comme l'indiquait dans son rapport du collège acheteur d'Elvéa Gilles Danière, l'Italie subit à la fois la crise économique européenne et une importante baisse de consommation (de l'ordre de -12% en trois ans). Dans ce contexte, les abatteurs en difficulté font pression sur les prix des jeunes bovins. La rentabilité de l'engraissement en Italie est devenue très faible du fait de coûts alimentaires en forte hausse et des prix des broutards très élevés en 2012. Certains engraisseurs italiens essuient des pertes. [I]«C'est le revers de la médaille de l'envolée des cours de l'an dernier»[i], estimait Gérard Poyer.
Les plus gros engraisseurs, ceux qui sont propriétaires (là-bas l'hectare de terre se négocie 100 000 euro), s'en sortent en se diversifiant dans la vente l'électricité produite à partir de biogaz. Mais les petits engraisseurs n'ont pas cette marge de manœuvre et se retrouvent fortement endettés.
[INTER]Lois sur les délais de paiement[inter]
Le président des négociants évoquait également une nouvelle loi sur les délais de paiement ramenés à 30 jours. Une application qui s'avère difficile pour des engraisseurs italiens habitués à des [I]«crédits qui pouvaient aller jusqu'à six mois»[i]. Ces faveurs accordées par certains importateurs créaient [I]«un commerce artificiel»[i], estime Gérard Poyer. [I]«En faisant crédit, on pouvait leur vendre les broutards chers ! àà a déstabilisé le marché»[i], déplore le président de la FFCB.
[INTER]La France au secours des engraisseurs italiens[inter]
Alors qu'ils ne sont plus que 4.000 aujourd'hui, les engraisseurs italiens [I]«paieraient les pots cassés de leur restructuration»[i], estime encore Gérard Poyer. Alors que certains prédisent qu'il n'en resterait qu'un millier à terme, la filière italienne se résumerait à une dizaine d'abattoirs et un très petit nombre d'entreprises de négoce. En prime, l'Italie perdrait une dizaine de bouchers par an. [I]«Ainsi concentrée, la filière italienne n'a pas du tout le même impact que son homologue française»[i], confiait le président des négociants. D'où le souhait de l'autre côté des Alpes d'un accord franco-italien afin que la France puisse aider l'Italie à défendre l'engraissement dans la Pac, expliquait Gérard Poyer.
[INTER]Débouché numéro un malgré tout[inter]
En dépit de ces difficultés, l'Italie demeure le débouché numéro un pour la production française. [I]«L'Italie a quand même besoin de nos broutards et notre région est très bien placée pour approvisionner ce débouché»[i], constatait le président d'Elvéa 71 - 58 Jean-Michel Morel.
Néanmoins, le président des négociants, qui siège à Interbev, estimait que l'export au-delà de l'Italie est [I]«obligatoire»[i]. [I]«Certains pays émergeants ont une croissance à deux chiffres ! Que ce soit en Chine, au Japon ou sur le pourtour méditerranéen, il faut aller chasser en meute»[i], poursuivait Gérard Poyer, en évoquant le Groupement Export France mis en place par l'interprofession.
[INTER]Engraisseurs italiens endettés[inter]
Le débouché italien inspire pas mal d'inquiétude en Saône-et-Loire. Comme l'indiquait dans son rapport du collège acheteur d'Elvéa Gilles Danière, l'Italie subit à la fois la crise économique européenne et une importante baisse de consommation (de l'ordre de -12% en trois ans). Dans ce contexte, les abatteurs en difficulté font pression sur les prix des jeunes bovins. La rentabilité de l'engraissement en Italie est devenue très faible du fait de coûts alimentaires en forte hausse et des prix des broutards très élevés en 2012. Certains engraisseurs italiens essuient des pertes. [I]«C'est le revers de la médaille de l'envolée des cours de l'an dernier»[i], estimait Gérard Poyer.
Les plus gros engraisseurs, ceux qui sont propriétaires (là-bas l'hectare de terre se négocie 100 000 euro), s'en sortent en se diversifiant dans la vente l'électricité produite à partir de biogaz. Mais les petits engraisseurs n'ont pas cette marge de manœuvre et se retrouvent fortement endettés.
[INTER]Lois sur les délais de paiement[inter]
Le président des négociants évoquait également une nouvelle loi sur les délais de paiement ramenés à 30 jours. Une application qui s'avère difficile pour des engraisseurs italiens habitués à des [I]«crédits qui pouvaient aller jusqu'à six mois»[i]. Ces faveurs accordées par certains importateurs créaient [I]«un commerce artificiel»[i], estime Gérard Poyer. [I]«En faisant crédit, on pouvait leur vendre les broutards chers ! àà a déstabilisé le marché»[i], déplore le président de la FFCB.
[INTER]La France au secours des engraisseurs italiens[inter]
Alors qu'ils ne sont plus que 4.000 aujourd'hui, les engraisseurs italiens [I]«paieraient les pots cassés de leur restructuration»[i], estime encore Gérard Poyer. Alors que certains prédisent qu'il n'en resterait qu'un millier à terme, la filière italienne se résumerait à une dizaine d'abattoirs et un très petit nombre d'entreprises de négoce. En prime, l'Italie perdrait une dizaine de bouchers par an. [I]«Ainsi concentrée, la filière italienne n'a pas du tout le même impact que son homologue française»[i], confiait le président des négociants. D'où le souhait de l'autre côté des Alpes d'un accord franco-italien afin que la France puisse aider l'Italie à défendre l'engraissement dans la Pac, expliquait Gérard Poyer.
[INTER]Débouché numéro un malgré tout[inter]
En dépit de ces difficultés, l'Italie demeure le débouché numéro un pour la production française. [I]«L'Italie a quand même besoin de nos broutards et notre région est très bien placée pour approvisionner ce débouché»[i], constatait le président d'Elvéa 71 - 58 Jean-Michel Morel.
Néanmoins, le président des négociants, qui siège à Interbev, estimait que l'export au-delà de l'Italie est [I]«obligatoire»[i]. [I]«Certains pays émergeants ont une croissance à deux chiffres ! Que ce soit en Chine, au Japon ou sur le pourtour méditerranéen, il faut aller chasser en meute»[i], poursuivait Gérard Poyer, en évoquant le Groupement Export France mis en place par l'interprofession.