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Percherons

Les éleveurs manquent de moyens

Les éleveurs de percherons sont confrontés à des difficultés croissantes dans la Nièvre. Effectifs en baisse, manque de moyens : le syndicat compte encore pourtant quelques irréductibles passionnés, comme Anaïs Pinto, à Arzembouy.
Par Céline Clément
Les éleveurs manquent de moyens
Anaïs Pinto a repris l’élevage de percherons de son grand-père en 2015.
Fille et petite-fille d’éleveurs de percherons, Anaïs Pinto a la passion de l’équitation dans le sang. Avec une préférence bien marquée pour les concours Modèles et Allures, auxquels elle participe depuis l’âge de 16 ans. En 2015, elle a repris l’élevage de percherons de son grand-père Paul Nicolle, à Arzembouy. Un défi pour la jeune femme, qui travaille par ailleurs sur Rennes la semaine, mais aussi une passion, pour laquelle elle ne compte pas ses heures. «Je suis parisienne mais j’ai toujours aimé venir à la ferme pour les chevaux et les vaches. J’ai toujours fait de l’équitation  alors à 16 ans, j’ai décidé de recommencer les concours Modèles et Allures», explique-t-elle. Et d’ajouter, non sans une pointe de fierté : «Des filles qui tiennent des percherons il n’y en a guère». Et en effet, il faut dire que ces chevaux de trait, qui pèsent jusqu’à 1200 kg, ont la stature plutôt imposante. Voire, intimidante. Mais cela ne fait pas peur à Anaïs, ni à sa sœur Capucine : «Les concours Modèles et Allures, c’est un peu comme les miss... on demande au cheval de défiler au pas et au trot devant un jury. Ensuite il y a un jugement à la grille. Les chevaux sont alors notés sur leur physique : tête, sortie d’encolure, ligne du dessus, membres de profil, allure et aplomb, impression d’ensemble...» Anaïs Pinto participe chaque année au concours départemental, organisé au mois d’août à Decize, et au concours régional, qui rassemble les éleveurs de la Nièvre, la Côte d’Or et la Saône et Loire. Des concours où ses juments sont souvent récompensées : «On a beaucoup travaillé sur la génétique pour obtenir le modèle voulu par les concours et moi je ne veux que des bonnes juments. D’ailleurs, toutes nos juments vont à des championnats de France».
Mais si le plaisir reste intact, le manque de moyens n’en reste pas moins pesant. Le syndicat des éleveurs de percherons de la Nièvre, en perte de vitesse depuis une dizaine d’années, ne compte désormais plus qu’une vingtaine d’adhérents. Anaïs Pinto déplore le peu d’intérêt des collectivités pour leur activité : «Aujourd’hui c’est très compliqué dans la Nièvre. Il reste encore beaucoup de chevaux dans la Mayenne et dans la Sarthe où tout le monde met la main à la patte mais nous, nous avons peu de soutien. Tout le monde nous abandonne et baisse les bras». Le manque de moyens se fait cruellement ressentir : «On touche une petite subvention du Conseil départemental mais si demain, on n’a plus cette subvention on arrête les concours», explique Anaïs. Et pourtant, l’attrait du grand public pour les chevaux percherons reste présent : «Les gens nous disent souvent, c’est bête on ne voit plus de chevaux mais ils ne savent pas ce que l’on fait pour éviter que la race se perde. Nous proposons des tours en calèche, des spectacles de carroussel. Il faudrait qu’il y ait plus de villes qui nous sollicitent pour des manifestations». Le syndicat souhaiterait également être indemnisé pour l’équarrissage, les prises de sang, les frais de transport et de gîte lors des concours et espère, pourquoi pas, voir naître une section équine  au sein du GDS.