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AG de la Fédération CUMA Bourgogne – antenne Nièvre

Les Cuma continuent à investir

De l’assemblée générale de l’antenne Nièvre de la Fédération CUMA Bourgogne, jeudi 16 avril à Saint-Saulge, il faut retenir que, primo, les CUMA du département continuent à acheter du matériel et que, secundo, elles s’intéressent de près à l’innovation.
Par Emmanuel Coulombeix
Les Cuma continuent à investir
Benjamin Pinel et Sylvette Bernard, animateurs (à gauche) Jean-Philippe Rousseau (à droite), et Frédéric Faurois et Lucien Brossard ont animé les travaux de l’assemblée générale de la Fédération CUMA Bourgogne – antenne Nièvre, le 16 avril, à Saint-Saulge
«Malgré le contexte difficile, les CUMA nivernaises continuent à investir». C’est, en résumé, la teneur du rapport d’activité qu’a dévoilé Benjamin Pinel, l’animateur de l’antenne Nièvre des Cuma, lors de l’AG de la semaine dernière à Saint-Saulge. En présence de Frédéric Faurois, le président de la Fédération Bourgogne et de l’antenne de Côte d’Or, et de Jean-Philippe Rousseau, le directeur régional, Lucien Brossard, le président nivernais, s’est félicité des bons chiffres de l’exercice précédent (2013). Si le nombre de Cuma est stable dans le département (90 y compris la Cuma départementale Terr’eau), alors que les petites structures ont tendance à se regrouper, le chiffre d’affaires, lui, est en nette hausse, de 339 000 euros par rapport à 2012. «Cette augmentation est liée au nombre de matériels achetés qui passe à 137 acquisitions» a précisé Benjamin Pinel. Au total, pour 2013, le montant des investissements a atteint 4 516 000 euros, «dont les plus marquants sont l’achat d’une nouvelle déchiqueteuse, cinq tracteurs, trois téléscopiques, cinq moissonneuses et huit presses. Pour l’année 2014, qui n’est pas encore clôturée, les investissements s’élèvent à 1 808 000 euros pour 73 matériels achetés» s’enthousiasment les responsables. Depuis 2008, le nombre de matériels achetés annuellement par l’ensemble des Cuma nivernaises oscille entre 93 (2011) et 137, avec des pointes à 132 (2009) et 133 (2010 et 2012). Outre la tendance à la concentration (ndlr  : une dissolution en 2014), Lucien Brossard souligne que «nous avons bon espoir de créer une Cuma en 2015 mais aussi d’en remettre une autre dans le réseau fédératif». Par ces temps de tensions économiques, la mutualisation de matériel proposée par le réseau Cuma, qui est son ADN, constitue sans aucun doute un amortisseur aux besoins d’investissements financiers des agriculteurs qui y adhèrent. Et le conseil technico-économique prodigué par les animateurs est loin d’être négligeable, pour être sûr de ne pas se tromper...

Priorité à l’innovation
D’autant que l’appui proposé par la Fédération Cuma Bourgogne est tout ce qu’il y a de plus pointu et moderne. Jean-Philippe Rousseau, son directeur, a exposé les résultats d’une enquête qui a été menée récemment en interne et dont les administrateurs régionaux ont défini trois orientations stratégiques prioritaires : «construire une culture de réseau», «maintenir la qualité de l’animation des Cuma en introduisant de l’innovation», «maintenir la qualité de notre conseil et de nos références en mécanisation en introduisant de l’innovation». Que ce soit en animation ou en mécanique, «l’innovation» est donc le maître-mot des Cuma pour l’avenir proche. Lucien Brossard reprend cette priorité à son compte  : «il est toujours bon de s’informer, d’être curieux des progrès techniques, surtout qu’il y aussi des aides à l’investissement», que ce soit du Conseil régional ou du Conseil départemental et sachant que les prêts bonifiés MTS vont disparaître en 2015 au profit d’un nouveau dispositif, sur appel d’offres, à partir de 2016, selon Frédéric Faurois. Là encore, le surcoût financier de matériels plus avancés techniquement, peut être optimisé grâce au réseau des Cuma. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la deuxième partie de l’assemblée générale était consacrée au «guidage et à la modulation». Benoît Mathé, producteur céréalier en Cuma à Bazolles, avait apporté un drône et son tracteur équipé d’un guidage GPS pour les ruptures de tronçons. Une démonstration a pu avoir lieu à quelques centaines de mètres de la mairie de Saint-Saulge, où avait lieu la partie statutaire de l’AG. Cette agriculture de précision, à la fois coûteuse et très économe, n’est pas pratiquée majoritairement dans la Nièvre, mais «facilite la modulation des doses de semences ou d’engrais». Et Lucien Brossard de préciser que concernant les drônes (ndlr   : celui qui était présenté ne permet pas les images infrarouges), «nous n’en sommes qu’aux balbutiements»  ! Une bonne raison pour s’y intéresser, tant les contraintes environnementales et juridiques deviennent à ce point lourdes et que la technique peut se transformer en véritable auxiliaire des agriculteurs. Avec de meilleures conditions de travail mais aussi des économies de charges à la clé  !