«Les cours ne sont pas à la hauteur pour autant» !
L’humeur de Gérard Guénot est mitigée. Tout heureux d’avoir remporté un 1er prix de section au Sommet de l’élevage, pour son taureau de 18 mois, Intégral, l’éleveur d’Alligny-en-Morvan juge «qu’on est au plus profond de la crise de l’élevage». Et la sélection sert de variable d’ajustement.
Le 1er octobre, Intégral est devenu le 1er prix de la section 2B des taureaux de 18 mois dans le cadre du concours charolais du Sommet de Cournon (63). «Les juges ont estimé qu’il était parfaitement représentatif des standards de la race» s’enthousiasme son propriétaire, Gérard Guénot, éleveur à la tête de l’Earl de Beaumont à Alligny-en-Morvan. Habitué des participations aux concours, M. Guénot emmènera Intégral au concours d’Avallon la semaine prochaine, puis à celui d’Autun début novembre et à celui de Semur-en-Auxois mi-novembre.
Conscient des qualités de son protégé, l’éleveur espère que ses qualités seront de nouveau récompensées. Ces prix demeurent, à son sens, le meilleur moyen de se faire connaître et de valoriser la carrière de ses animaux, même si la situation de l’élevage n’est pas au firmament. «Cela fait quatre ou cinq ans que je vais à Cournon et cette année j’ai eu beaucoup moins de contacts commerciaux. Les animaux sont beaux mais ce n’est pas pour autant que les cours sont à la hauteur. Nous sommes au plus profond de la crise» déplore-t-il.
La sélection, variable d’ajustement financier ?
A tel point que Gérard Guénot en vient à penser que «la sélection génétique passe au 2ème plan. Il y a moins de sélection à cause de la crise, alors que cela devrait être le contraire. Les éleveurs essaient de faire des économies mais ils ne se rendent pas compte que c’est toute la valorisation à venir de leur élevage qui est remise en cause à moyen terme». La génétique deviendrait donc une variable d’ajustement économique pour les naisseurs charolais. Sa participation aux concours prouve que Gérard Guénot ne baisse pas les bras mais que le moral n’y est pas pour autant...