Accès au contenu
Interview

Les cotations des gros bovins entrée abattoir ne correspondent plus au marché

Depuis trois semaines, les représentants de la FNB au sein des commissions de cotations refusent de valider les cotations et demandent d’en suspendre la publication. Cédric Mandin, secrétaire général adjoint de la FNB, président de la section engraissement de la FNB explique la situation.
Par Ma signature
Les cotations des gros bovins entrée abattoir ne correspondent plus au marché
Un groupe d’éleveurs a entrepris le 12 mai de bloquer dès 4h du matin l’abattoir Bigard à Cuiseaux, empêchant les camions de sortir comme de rentrer dans les locaux. Venus de Saône et Loire mais aussi de Côte d’Or et d’autres départements limitrophes, les
- Terres de Bourgogne : Quelles sont les raisons de ce mouvement ?
Cédric Mandin : «Depuis plusieurs mois, nos représentants dans les Commissions de Cotations  constatent qu’il n’y a plus de relation entre la situation générale du marché et les prix exprimés par le réseau des cotations. Le rapport de l’offre et de la demande n’est plus traduit dans les prix. Quand, par exemple, la demande est dynamique et l’offre contenue, on devrait enregistrer une hausse des prix et ce n’est plus le cas. Par ailleurs cette perception est confirmée par des opérateurs d’aval qui expriment le même constat : les cotations ne sont plus le reflet exact du marché».

- TdB : Mais ce n’est pas la suspension de la publication des cotations qui réglera le problème ?
C. M. : «Nous n’avons à notre disposition aucun moyen d’investigation. Notre action vise à faire prendre conscience aux pouvoirs publics qu’il y a quelque chose qui ne tourne plus rond dans le monde des cotations. Le rôle de la puissance publique ne peut se limiter à la collecte des informations prix et à la publication des cotations. Il faut avoir un regard critique sur les résultats obtenus. La chaîne informatique fonctionne correctement, ce n’est pas là la sujet. Il faut travailler d’une part sur la qualité des données collectées, et d’autre part sur les mécanismes de formation du prix».

- TdB : Et vous avez des explications ?
C. M. : «Nous avons saisi le ministre de l’Agriculture qui s’est engagé lundi dernier à diligenter une enquête sur le sujet. Au-delà des plus-values filières, il est évoqué par exemple la pratique des compléments de prix qui ne sont pas intégrés aux prix collectés par le réseau des cotations. C’est à expertiser car ce sujet est régulièrement cité. Et si c’est le cas, il faut évaluer l’impact de cette pratique sur les cotations et y remédier le plus rapidement possible. On évoque également la déconnexion opérée entre les cotations et les prix d’achat des GMS. La cotation n’est plus la référence pour ces dernières. En effet, il se confirme que la demande s’oriente de plus en plus vers du catégoriel (du muscle) dont le prix est fixé par appel d’offre. Mais cela n’explique pas toutefois le différentiel perçu entre prix pratiqué et cotations ! Les pouvoirs publics doivent se mobiliser rapidement et être efficaces».

- TdB : Qu’attendez-vous à court terme ?
C.M.: «Notre slogan c’est « d’abord le prix » car c’est le seul moyen de préserver notre potentiel de production par une rémunération correcte du travail et des capitaux investis. Ce doit être gagnant pour tous les maillons de la filière, sinon on obère l’avenir».

Une table-ronde avec la filière le 12 mai

Dans la foulée des blocages, le ministère de l’Agriculture a annoncé la tenue d’une table-ronde en ses murs avec les principaux opérateurs de la filière viande bovine, le 12 mai. La Fédération nationale bovine (FNB) a salué «la réaction du ministre de l’Agriculture avec la prise en compte de l’urgence à agir» et «un premier signe positif» tout en rappelant que la mobilisation restait nécessaire avant d’obtenir «des résultats concrets et significatifs». La rencontre devait porter sur quatre thèmes : le rétablissement des relations de confiance au sein de la filière, la valorisation du produit sur le marché intérieur, l’obligation de résultat pour l’exportation vers les pays tiers et l’augmentation impérative du prix à la production, sachant que les producteurs considèrent qu’il leur manque en moyenne 60 centimes d’euros par kilogramme de carcasse pour couvrir leur coûts de production.