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FCO et réglementation

Les cadrans redémarrent doucement

Lundi 19 octobre à Corbigny et mardi 20 à Moulins-Engilbert, les marchés au cadran ont repris leurs activités quasi-habituelles. Après 15 jours de fermeture, les animaux, moins nombreux que d’habitude, mais de bonne qualité, ont été plutôt bien vendus.
Par Emmanuel Coulombeix
Les cadrans redémarrent doucement
Depuis vendredi 16 octobre, la Nièvre ne compte plus de zone interdite ou de protection, dans la lutte contre la FCO, mais est incluse dans une grande zone réglementée unique, qui couvre, en gros, tous les départements du bassin allaitant. Les mouvements d’animaux peuvent donc y reprendre, à l’exclusion de toute sortie vers la zone indemne. Du coup, les ventes dans les marchés au cadran ont pu redémarrer, à la Sicagemac (Corbigny) lundi et la Sicafome (Moulins-Engilbert) mardi. Et, même si les volumes n’étaient pas aux plus hauts niveaux historiques, les animaux (vaches et génisses) se sont plutôt bien vendus. Benoît Gaulon, le commercial du marché de Corbigny, explique que le marché a été très correct   : «sur 136 bêtes, seules 15 sont restées invendues, même si d’habitude le marché absorbe jusqu’à 350 ou 400 animaux». A Moulins-Engilbert, mardi, «le marché était presque normal puisque 337 animaux ont été apportés et 330 ont trouvé acquéreurs, alors qu’il y avait beaucoup d’éleveurs qui n’avaient pas le droit de venir parce qu’ils sont situés en bord de la zone réglementée» selon Martial Tardivon, le chef des ventes de la Sicafome. Et, contre toute attente, les cours se sont eux aussi bien comporté. Benoît Gaulon parle de «tarifs très corrects, alors qu’on craignait une forte baisse du fait de la concurrence des marchés de Châteaumeillant et de Moulins-Engilbert». «Le prix moyen des vaches de 690 kg, toutes vaches confondues, a tourné autour de 1340 euros, ce qui est normal pour la saison» précise le responsable de Moulins-Engilbert. «Ce sont les acheteurs de la même zone réglementée qui forcent leurs achats, soutiennent les marchés mais ce n’est pas une situation durable» tempère-t-il toutefois.

Acheteurs à la peine
Car, si la circulation des animaux s’éclaircit un peu au sein de la zone réglementée, d’autant que l’accord avec l’Italie confirme que les bovins pourront y être exportés 10 jours après le rappel de vaccination, ce sont bien les acheteurs  des zones indemnes qui sont à la peine. Le commercial de Corbigny relate que seuls «10 acheteurs habituels étaient présents lundi». A Moulins-Engilbert, «un tiers de nos acheteurs est en zone indemne et ils sont complètement sevrés d’approvisionnement. Ils n’ont plus de stocks». Le paradoxe, c’est de pouvoir désormais exporter vers l’étranger mais pas dans toute la France... Du coup, le cadran de Corbigny se prépare à l’exportation   : «A partir du 2 novembre, les premiers bovins vaccinés pourront partir en Italie et en Espagne. Il faudra définir l’orientation des animaux: beaucoup d’éleveurs voudraient vendre les plus lourds mais ce ne sont pas forcément ceux que veulent les acheteurs». La Sicagemac fera une réunion d’information le mardi 27 octobre à 19h sur ce sujet. Quant à la Sicafome, elle va «redémarrer la vente des broutards, vaccinés ou non, dès mardi prochain, pour les clients de la zone réglementée». Le début du bout du tunnel ?