Le «tout-Égypte» reçu à l’ambassade de France au Caire
Les biftecks de l’ambassadeur...
Deux Nivernais, Emmanuel Bernard et Martial Tardivon, au titre d’Interbev et du marché au cadran de Moulins-Engilbert, participaient le 20 janvier à une soirée à l’ambassade de France au Caire. 70 contacts, dont le ministre de l’Agriculture égyptien, ont pu découvrir l’offre commerciale de la filière bovine française...
Président de la Commission «Commerce extérieur» d’Interbev, Emmanuel Bernard, éleveur de Cercy-la-Tour et secrétaire général adjoint de la FNB, était en Égypte la semaine dernière, afin de faire découvrir la filière bovine française au «tout-Le Caire». Une réception était en effet donnée par Serge Parent, l’ambassadeur de France en Égypte, auprès de 70 managers d’import/export, de chefs de restaurants étoilés, de représentants des enseignes Métro et Carrefour au pays des pyramides et des responsables de sociétés de transformation agro-alimentaires. Organisée par Interbev, via France Business (ex-UBIFrance), l’Institut de l’élevage et les entreprises françaises, la soirée était «une première dans l’histoire de l’interprofession du bétail et de la viande, selon Emmanuel Bernard, puisqu’il s’agit de cibler un pays, de faire inviter ses acteurs par l’ambassadeur à l’ambassade ou dans un cadre porteur pour l’image de la filière en France, par exemple un restaurant dans un quartier huppé proche de l’ambassade. C’est une action que nous voulons multiplier vers ces marchés porteurs, dans le cadre de relations bilatérales» indique le responsable d’Interbev. Le 20 janvier au soir, le «tout-Le Caire» s’est donc retrouvé dans la résidence du représentant français en Égypte, où les convives ont apprécié les animations qui avaient été préparées à leur intention. «Adel El-Baltagy, le ministre de l’Agriculture egyptien, après le discours de Serge Parent et le mien, a encouragé, dans son intervention, le développement d’un partenariat durable entre nos deux pays. Pour lui, la France est un interlocuteur commercial de longue date, dont les opérateurs sont agréés halal, et qui répondent à un besoin d’échanges des acteurs egyptiens sur la durée» a-t-il retenu.
Marché de 350 000 t et 90 000 têtes par an
Pour Interbev, l’opération séduction n’est pas neutre. C’est un marché à reconquérir : les exportations bovines françaises avaient marqué le pas alors qu’une tradition d’échanges avait existé auparavant. «Deux chiffres sont à retenir : l’Égypte importe 350 000 t de viande par an et 90 000 têtes de bovins vivants. La France peut donc décemment espérer devenir un fournisseur privilégié» estime Emmanuel Bernard. Toute la filière française était présente à la soirée : cinq entreprises de vif, les marchés, dont Martial Tardivon représentait le marché au cadran de Moulins-Engilbert, des entreprises de viande bovine et de veau... «La panoplie de notre production était complète». Et les organisateurs avaient mis les petits plats dans les grands puisqu’un artisan-boucher meilleur ouvrier de France de Bourges, Éric Leboeuf (çà ne s’invente pas!), détaillait la tradition des rumstecks, bavettes, chateaubriands et autres tournedos, avant que le chef-cuisinier de l’ambassade ne fasse cuire et déguster les morceaux aux invités. «Je n’avais jamais mangé de la viande aussi bonne que çà. L’avis était unanime. Si on prend soin de nos produits, on peut faire de la qualité extra, et même avec du jeune bovin, comme c’était le cas au Caire, alors qu’on le dénigre trop souvent comme un produit de 2ème zone» se félicite Emmanuel Bernard. Une discussion a ensuite été engagée : «par exemple, j’ai découvert que les entreprises françaises étaient capables d’exporter de la viande commercialisée en frais vers les villes du pourtour méditerranéen. C’est un avantage concurrentiel, comparé à des pays comme le Brésil ou l’Australie et ce même si on s’adresse à certaines bourses plus fournies» ! Les contacts ont été pris et «s’il est trop tôt pour que des contrats soient déjà signés, l’essentiel est que les gens aient appris à se connaître et à connaître la production et l’offre française». Interbev va dorénavant «débriefer» avec les douanes et les services vétérinaires français. «En Égypte, les certificats peuvent être interprétés différemment mais nous n’avons pas identifié 10 000 problèmes non plus. On peut espérer des débouchés dans tous les domaines, du vif au prêt à abattre et à la viande, à forte valeur ajoutée ou en abats. On sait que les banques sont répertoriées et qu’il n’y a pas d’élément de blocage ici, pas de quarantaine ou autre absence de garantie des banques»... Et puis le contexte géopolitique n’est pas si défavorable que l’on pourrait le croire, en ces temps de terrorisme et de fondamentalisme islamique. Emmanuel Bernard a encore en mémoire les mots du ministre egyptien : «il a présenté ses condoléances au peuple français suite aux attentats parisiens et on sentait que c’était sincère. Il a dit, en anglais, que ce n’était pas l’affaire de musulmans mais celle de terroristes». L’Égypte, l’autre «printemps arabe» de la filière bovine française ?
Marché de 350 000 t et 90 000 têtes par an
Pour Interbev, l’opération séduction n’est pas neutre. C’est un marché à reconquérir : les exportations bovines françaises avaient marqué le pas alors qu’une tradition d’échanges avait existé auparavant. «Deux chiffres sont à retenir : l’Égypte importe 350 000 t de viande par an et 90 000 têtes de bovins vivants. La France peut donc décemment espérer devenir un fournisseur privilégié» estime Emmanuel Bernard. Toute la filière française était présente à la soirée : cinq entreprises de vif, les marchés, dont Martial Tardivon représentait le marché au cadran de Moulins-Engilbert, des entreprises de viande bovine et de veau... «La panoplie de notre production était complète». Et les organisateurs avaient mis les petits plats dans les grands puisqu’un artisan-boucher meilleur ouvrier de France de Bourges, Éric Leboeuf (çà ne s’invente pas!), détaillait la tradition des rumstecks, bavettes, chateaubriands et autres tournedos, avant que le chef-cuisinier de l’ambassade ne fasse cuire et déguster les morceaux aux invités. «Je n’avais jamais mangé de la viande aussi bonne que çà. L’avis était unanime. Si on prend soin de nos produits, on peut faire de la qualité extra, et même avec du jeune bovin, comme c’était le cas au Caire, alors qu’on le dénigre trop souvent comme un produit de 2ème zone» se félicite Emmanuel Bernard. Une discussion a ensuite été engagée : «par exemple, j’ai découvert que les entreprises françaises étaient capables d’exporter de la viande commercialisée en frais vers les villes du pourtour méditerranéen. C’est un avantage concurrentiel, comparé à des pays comme le Brésil ou l’Australie et ce même si on s’adresse à certaines bourses plus fournies» ! Les contacts ont été pris et «s’il est trop tôt pour que des contrats soient déjà signés, l’essentiel est que les gens aient appris à se connaître et à connaître la production et l’offre française». Interbev va dorénavant «débriefer» avec les douanes et les services vétérinaires français. «En Égypte, les certificats peuvent être interprétés différemment mais nous n’avons pas identifié 10 000 problèmes non plus. On peut espérer des débouchés dans tous les domaines, du vif au prêt à abattre et à la viande, à forte valeur ajoutée ou en abats. On sait que les banques sont répertoriées et qu’il n’y a pas d’élément de blocage ici, pas de quarantaine ou autre absence de garantie des banques»... Et puis le contexte géopolitique n’est pas si défavorable que l’on pourrait le croire, en ces temps de terrorisme et de fondamentalisme islamique. Emmanuel Bernard a encore en mémoire les mots du ministre egyptien : «il a présenté ses condoléances au peuple français suite aux attentats parisiens et on sentait que c’était sincère. Il a dit, en anglais, que ce n’était pas l’affaire de musulmans mais celle de terroristes». L’Égypte, l’autre «printemps arabe» de la filière bovine française ?