Assemblée générale Global
Les années difficiles l’union fait encore plus la force
Global, les Eleveurs bio de Bourgogne et Terre d'ovin, réunis au sein de l'Union de coopératives Feder, ont tenu leurs assemblées générales à Autun. L'exercice de l'année 2013 fut difficile, ce qui n'a pas empêché les coopératives de jouer la carte du dynamisme et de sortir un résultat à l'équilibre positif.
Il fallait participer à l'assemblée générale de Global pour rencontrer des présidents de section heureux. Gilles Duthu d'abord, pour Terre d'Ovin, apprécie la progression enregistrée ainsi que "les résultats très corrects" et encourage les adhérents à s'investir encore plus dans les démarches qualité, "sources de plus-values". La montée en puissance du label rouge en témoigne. Le marché en ovin "est demandeur", même si la Pac déçoit et suscite des craintes, "il ne faut pas passer à côté et baisser les bras".
Mêmes éléments de satisfaction chez Nicolas Boucherot, pour les Eleveurs bio de Bourgogne, où l'année est marquée par la stabilité des résultats et le développement de nouveaux points de vente locaux pour répondre à la demande, sur Beaune notamment. En ligne de mire maintenant, le développement de l'autonomie alimentaire sur les exploitation bio, un challenge qui est aussi la clé de l'amélioration de la performance et de l'augmentation du revenu.
De son côté, Franck Gambino pour Bourgogne Elevage s'affirme, dans le giron de l'Union de coopératives, comme "le plus heureux des hommes" pour le côté coopératif. Satisfait de l'évolution du groupe, de Global à Feder, du travail des équipes et des résultats en agneaux comme en bovins. Satisfait aussi car "on est bien revenu au coeur du métier". Un coopérateur heureux qui dénonce quand même les dérives d'une administration qualifiée de "boulet pour l'économie".
Sur le plan de l'actionnariat justement, Feder annonce l'arrivée de Dijon Céréales.
Axéréal déjà au capital, fait ainsi une place à la coopérative côte d'orienne. L'actionnariat de l'Union Feder prévoit en effet une ouverture à 20% aux coopératives céréalières, 80% restant obligatoirement aux coopératives d'élevage.
Côté marchés, l'Italie reste une destination privilégiée mais d'autres marchés très concurrentiels se développent.
L'Algérie a ainsi donné un coup d'accélérateur à l'importation de bovin charolais et laitiers avec l'objectif pour le groupe de 7 à 8 000 animaux en 2014. Sur le plan technique, un outil de sécurisation est en cours de développement pour relancer l'engraissement. "C'est un dossier lourd et compliqué" témoigne Emmanuel Bernard qui le suit de près, et sur lequel "on n'a pas le droit à l'erreur". Cette caisse serait abondée par différents acteurs de la filière de l'amont à l'aval et par les collectivités territoriales. L 'année 2013 a donc été marquée pour les coopératives Global, Terres d'ovins et Eleveurs bio de Bourgogne par un ensemble d'actions concrètes à destination des différents adhérents des coopératives et par une large part de réflexion prospective pour préparer l'avenir. L 'avenir justement est en partie entre les mains des éleveurs qui peuvent agir concrètement en évoluant dans leurs pratiques et dans leur métier. La génétique, dont les avantages ont été présentés par Jean-Pierre Godot, président de Charolais évaluation, en est une, l'anticipation des sorties en est une autre. Anticiper les sorties d'animaux en les annonçant quelques mois à l'avance, c'est donner la possibilité à l'organisation économique de mieux se positionner sur les marchés et d'anticiper les réponses aux demandes. Pour Denis Renard, cette capacité des éleveurs à anticiper et à faire jeu commun avec leur coopérative "c'est l'avenir de la production".
Anne-Marie Klein
Mêmes éléments de satisfaction chez Nicolas Boucherot, pour les Eleveurs bio de Bourgogne, où l'année est marquée par la stabilité des résultats et le développement de nouveaux points de vente locaux pour répondre à la demande, sur Beaune notamment. En ligne de mire maintenant, le développement de l'autonomie alimentaire sur les exploitation bio, un challenge qui est aussi la clé de l'amélioration de la performance et de l'augmentation du revenu.
De son côté, Franck Gambino pour Bourgogne Elevage s'affirme, dans le giron de l'Union de coopératives, comme "le plus heureux des hommes" pour le côté coopératif. Satisfait de l'évolution du groupe, de Global à Feder, du travail des équipes et des résultats en agneaux comme en bovins. Satisfait aussi car "on est bien revenu au coeur du métier". Un coopérateur heureux qui dénonce quand même les dérives d'une administration qualifiée de "boulet pour l'économie".
Sur le plan de l'actionnariat justement, Feder annonce l'arrivée de Dijon Céréales.
Axéréal déjà au capital, fait ainsi une place à la coopérative côte d'orienne. L'actionnariat de l'Union Feder prévoit en effet une ouverture à 20% aux coopératives céréalières, 80% restant obligatoirement aux coopératives d'élevage.
Côté marchés, l'Italie reste une destination privilégiée mais d'autres marchés très concurrentiels se développent.
L'Algérie a ainsi donné un coup d'accélérateur à l'importation de bovin charolais et laitiers avec l'objectif pour le groupe de 7 à 8 000 animaux en 2014. Sur le plan technique, un outil de sécurisation est en cours de développement pour relancer l'engraissement. "C'est un dossier lourd et compliqué" témoigne Emmanuel Bernard qui le suit de près, et sur lequel "on n'a pas le droit à l'erreur". Cette caisse serait abondée par différents acteurs de la filière de l'amont à l'aval et par les collectivités territoriales. L 'année 2013 a donc été marquée pour les coopératives Global, Terres d'ovins et Eleveurs bio de Bourgogne par un ensemble d'actions concrètes à destination des différents adhérents des coopératives et par une large part de réflexion prospective pour préparer l'avenir. L 'avenir justement est en partie entre les mains des éleveurs qui peuvent agir concrètement en évoluant dans leurs pratiques et dans leur métier. La génétique, dont les avantages ont été présentés par Jean-Pierre Godot, président de Charolais évaluation, en est une, l'anticipation des sorties en est une autre. Anticiper les sorties d'animaux en les annonçant quelques mois à l'avance, c'est donner la possibilité à l'organisation économique de mieux se positionner sur les marchés et d'anticiper les réponses aux demandes. Pour Denis Renard, cette capacité des éleveurs à anticiper et à faire jeu commun avec leur coopérative "c'est l'avenir de la production".
Anne-Marie Klein
Exportation : l’Europe en perte de vitesse
Côté exportation, les indicateurs ont rarement été aussi bons, mais il n’est pas sûr que la production européenne sache et puisse en profiter. La vieille Europe marque le pas, alors que les grands pays producteurs sur le marché international sont à l’affut de toutes les opportunités. Ingénieur Affaires au Crédit Agricole, Arnaud de Bantel est intervenu lors du débat sur l’exportation. Il a brossé le contexte international d’un marché de la viande bovine en croissance avec une augmentation prévisible de la consommation de plus de 50% d’ici 2050. L’augmentation du niveau de vie est corrélée à l’augmentation de la consommation de viande. En réponse, l’Inde, le Brésil et l’Australie ont augmenté leur production de 10% et développé leurs marchés à l’export. Face aux grands groupes mondiaux spécialisés en filière animale, notre numéro 1 européen -Bigard- n’intervient qu’à la 19ème place. Dans ce contexte porteur, nous marchons à contre-courant. Notre production nationale de bovins finis a été historiquement basse en 2013 (-13%), avec une consommation nationale de viande bovine en récession et des consommateurs très sensibles au prix. Côté transformation la situation n’est pas meilleure, les entreprises d’abattage sont le plus souvent en perte avec EBE trois fois moins élevé que la moyenne des industries agroalimentaires. Il faudra pourtant bien sortir de cette «dynamique négative» et Arnaud de Bantel, suivant les prévisions d’AgriMer, estime que 2014 pourrait être «l’année du rebond pour la production française». Les défis posés aux éleveurs bovins sont de taille, il faut trouver des relais de croissance pour contrer l’érosion de la filière italienne, relancer l’engraissement, maintenir et accroître la production... alors que la réforme de la Pac et les accords Europe-USA, n’encouragent pas à l’optimisme. Le partenariat avec l’Italie s’est construit dans la durée (en 20 ans), ses bases sont solides, mais l’érosion va continuer. Les marchés émergents sur le pourtour méditerranéen, sont porteurs, mais tout est à construire. L’Algérie offre ainsi de belles perspectives de développement. C’est un marché exigeant qui doit être consolidé et qui nécessite d’adapter notre offre à la demande algérienne sur le plan sanitaire comme sur le plan zootechnique. Ce qui peut faire aussi la différence entre les opérateurs, c’est le «service plus», qui nécessite d’aller au-delà de la commande et au-delà du prix, «en créant une antériorité» comme l’a expliqué Emmanuel Bernard. L’avantage d’un groupe support important c’est d’être assuré d’avoir les moyens de ses ambitions. En conclusion au débat, Yves Largy, président de Global a souligné l’importance de saisir toutes les opportunités qui s’ouvriront à l’export, mais aussi sur le terrain «d’avoir une bonne maîtrise de l’acte de production et de ses coûts de revient», car le prix est important mais la réussite ou l’échec ne dépend pas de ce seul facteur.