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Observatoire prospectif de l’agriculture régionale

Les activités d’élevage souvent à la peine

Chaque année l’Observatoire prospectif de l’agriculture (Opab) apporte au travers de ses travaux, une vision fine et prospective de l’agriculture régionale. Il contribue ainsi à l’élaboration de la stratégie régionale, en cohérence avec les problématiques spécifiques du monde agricole. Second focus sur les grandes tendances de 2016 sur les filières animales.
Par Anne-Marie Kein
Les activités d’élevage souvent à la peine
Une exploitation sur cinq est spécialisée dans l’élevage de bovins destinés à la production de viande.
La Bourgogne-Franche-Comté se distingue par son fort ancrage agricole, à la fois par les surfaces dédiées et le nombre des personnes concernées par cette activité et le poids économique de l’agriculture dans le produit intérieur brut régional. La région est aussi une terre de contrastes  : un bastion de l’élevage allaitant, avec une production importante d’animaux maigres destinés à l’export et des zones laitières à fort contraste, entre production de lait standard et des AOP fromagères emblématiques.

à côté des grandes productions, la Bourgogne-Franche-Comté dispose d’une offre diversifiée de productions fermières avec transformation et vente en circuits de proximité et de productions industrielles de viande blanche (volailles et porcs).

L’élevage dominé par la production de bovins viande
Une exploitation (moyenne ou grande) sur cinq est spécialisée dans l’élevage de bovins pour la production de viande, la Saône-et-Loire et la Nièvre étant les deux principaux départements d’élevage allaitant. Les élevages de Bourgogne-Franche-Comté sont majoritairement orientés vers l’activité de naisseur. En viande finie, la Saône et Loire tient la tête du classement. L’AOP Bœuf de Charolles concerne une partie de la Saône et Loire et de la Nièvre.
Concernant la production de bovins viande, le troupeau allaitant tend à se stabiliser mais le marché s’est trouvé perturbé par les réformes laitières.
Le revenu -médiocre- se maintient difficilement chez les éleveurs spécialisés (10 900€) et chute chez les polyculteurs-éleveurs (- 10 700€). L’engraissement des femelles se démarque toujours positivement. Mais globalement la dispersion des résultats reste significative.
L’analyse des causes de cette dispersion montre qu’elle résulte de la combinaison de multiples facteurs  : la productivité de la main d’œuvre, liée à l’organisation du travail, les résultats techniques, la gestion des investissements et leur financement, la maîtrise technique des cultures et leur suivi, l’autonomie alimentaire de l’exploitation. Cette production reste exigeante en termes de capitaux alors que la rémunération effective reste trop faible

Ovins viande  : une production à la peine mais des prix porteurs
Le cheptel Bourgogne-Franche-Comté s’inscrit encore à la baisse, alors que les cours sont au plus haut en 2016. En dépit d’une embellie sur les prix le revenu moyen reste bas, le nombre de détenteurs d’ovins baisse de 2% au cours de l’année et le cheptel subit une chute de 4%.

En 2017, le niveau de prix payé au producteur devrait rester favorable mais la consommation de viande d’agneau reste orientée à la baisse. Les ressorts économiques et techniques sont à trouver dans les fondamentaux  : productivité de la main d’oeuvre, maîtrise technique et maîtrise des coûts d’équipement.

Bovins lait  : les écarts de prix s’amplifient entre lait standard et AOP
Pour les producteurs de lait standard, l’année laitière 2016 a été particulièrement difficile sur tous les plans. La demande en berne (embargo russe) et l’accroissement de la production mondiale ont maintenu un prix du lait très bas sur l’ensemble de l’année. Le déficit fourrager a contribué à une baisse majeure de productivité dès l’été, ce qui, conjugué à un prix au plus bas, a conduit à des résultats économiques catastrophiques pour les exploitations laitières de ces zones de plaine.
En zone AOP du massif jurassien, les conditions de productions se sont trouvées tout aussi impactées par les conditions climatiques dégradées. Mais le prix du lait AOP a poursuivi sa progression pour dépasser les 500€/1000l. Les conditions de production pourraient cependant évoluer avec l’ouverture du chantier de révision du cahier des charges.

Caprins, équins, porcs : ce qu’il faut retenir
La production de lait de chèvre (pour l’essentiel fermière) a été orientée à la hausse, avec des difficultés cependant compte-tenu des conditions climatiques dégradées. La conjoncture caprine reste favorable et situation économique des éleveurs laitiers s’améliore depuis trois ans. Cette production requiert une bonne maîtrise technique et la bonne intégration des trois métiers fondamentaux que sont la production, la fabrication et la vente, tout en gérant les contraintes de la saisonnalité. Ce qui peut expliquer une grande dispersion entre les systèmes.
Concernant la production de volaille, l’aviculture de BFC représente 4,8% de la production française. Le secteur est porté par une consommation en «croissance exponentielle» dans un contexte de besoin de renouvellement du parc bâtiments élevé. En complément d’activité c’est une production qui concoure à l’équilibre économique d’une exploitation.
Production porcine  : la conjoncture prix en 2016 a été plus favorable, profitant de l’effet «aspirateur» du marché chinois. Cette embellie peut toutefois se trouver contrariée par un risque sanitaire fort en lien avec les mouvements d’animaux. Si les résultats économiques s’améliorent en Bourgogne-Franche-Comté, la situation des producteurs reste fragile et contrastée. L’enjeu pour l’avenir reste le renouvellement des générations à 10 ans, alors que la production régionale ne suffit déjà pas aujourd’hui à alimenter les outils de transformation existants.
En équins la filière se trouve fragilisée car ce secteur d’activité qui s’affiche comme le moins rentable se trouve le plus impacté par la fiscalité. La hausse de la TVA a durablement mis à mal les centres équestres qui peinent à trouver leur rentabilité et à optimiser leurs moyens de production, notamment en ce qui concerne la gestion de la cavalerie. Ces activités que ce soit en élevage pur ou en équitation sportive et de loisirs manquent de visibilité alors qu’elles vont subir les effets de l’évolution du contexte réglementaire européen, du statut du cheval (animal de rente ou de compagnie) de la réforme de la TVA et du bien-être animal appliqué aux équidés.