Transmission et installation dans la Nièvre
Les 6 scenarii de l’avenir (à l’horizon 2035)
Mercredi 4 février au lycée agricole de Château-Chinon, tout ce que la Nièvre et la Bourgogne comptent de responsables agricoles, administratifs et politiques était réuni pour un séminaire de conclusion d’une étude prospective sur le thème de la transmission et de l’installation. 6 scenarii pour 2035 se dégagent : aucun n’est arrêté
Il y a urgence ! Dans les dix ans qui viennent dans la Nièvre, 50% des exploitants partiront en retraite et devront céder. Alors que ces dernières années, le nombre d’installations a stagné autour de la barre des 40, le mot d’ordre est lancé pour prendre le sujet, par tous les acteurs concernés, à bras le corps. C’était le Coti, en septembre dernier, qui proclamait l’union sacrée. C’est l’association Gaec et Sociétés qui organise une formation «comment transmettre son exploitation» le 24 février à Nevers. C’est la Safer dans le département qui se retrouve locomotive d’une nouvelle méthode paritaire pour l’évaluation neutre et indépendante des dossiers (lire par ailleurs), c’est encore ce séminaire, tenu la semaine dernière au lycée du Morvan, qui réunissait les responsables syndicaux et professionnels agricoles de Bourgogne et de la Nièvre, les dirigeants de l’enseignement, des jeunes en formation, des agriculteurs nivernais, autour du préfet de la Nièvre, Jean-Pierre Condemine, du vice-président du Conseil régional, Jacques Rebillard, du président de la Chambre d’agriculture, Éric Bertrand et d’Hubert Goglins, le directeur adjoint de la DDT transformé en coordinateur des débats...
Étude décidée par le ministère et ciblée sur la Nièvre
Il y urgence, donc, et les responsables du monde agricole, ensemble, ont entamé une prise de conscience, une volonté de promotion et une dynamique de transmission. Depuis septembre 2013, à la demande du ministère de l’Agriculture, la Draaf Bourgogne et la DDT de la Nièvre, accompagnées d’un cabinet d’études, ont donc engagé une étude prospective, découlant du Plan régional de l’agriculture durable (PRAD) et dont le séminaire du 4 février tirait les conclusions. «Installations et transmission en agriculture : potentialités et dynamiques à l’horizon 2035» est le fruit du travail de 4 ateliers de réflexion (avec la Chambre, les syndicats, l’enseignement, les territoires, les filières, la MSA, la Safer, les banques, les centres de gestion, les Cuma, les experts fonciers et les notaires), sous l’autorité d’un comité de pilotage, qui ont «identifié les variables caractéristiques des problématiques d’installation et de transmission, les ont combinées pour imaginer 6 scénarii plausibles et contrastés». Si les hypothèses, mercredi, ont été largement débattues par tous les participants, aucune piste n’a encore été privilégiée, aucun choix politique arrêté, tandis que le document, dans l’introduction, appelait à «la nécessité de peser autrement sur les stratégies individuelles, susciter des aspirations sur d’autres modèles productifs, y compris hors cadre familial, développer localement de la valeur ajoutée créatrice d’emploi». En clair, bousculer les schémas traditionnels... L’aperçu des pistes qui suit n’y manque pas :
1 - «Poursuite des tendances»
Dans le premier scénario, la demande italienne en bovins maigres se maintient ? Les prix des cultures céréalières et oléo-protéagineux sont fluctuants et connaissent des flambées de prix cycliques qui permettent des investissements menant à l’agrandissement des exploitations. Les débouchés en matière de produits bio et circuits courts sont limités... La surface agricole continue à diminuer, au profit de la forêt mais la demande agricole en foncier reste importante. La dynamique d’agrandissement limite les possibilités d’installation. L’âge de la retraite recule. Les conditions d’accès à la DJA restent plutôt favorables aux descendants d’agriculteurs du territoire. En 2025, la crise de de la grippe bovine éclate. La consommation de viande en France et en Europe diminue. Les prix des bovins chutent. Les plus petites exploitations disparaissent... La réforme de la PAC 2028 instaure une prime unique d’aide au revenu pour toutes les exploitations de 50 000 euros, totalement découplée des productions. La rentabilité des exploitations d’élevage est relativement basse Cette nouvelle réforme ralentit les agrandissements qui restent néanmoins importants...
2 - «le bio structuré»
Pour satisfaire la demande croissante, l’agriculture biologique se massifie, même si le lieu habituel d’achat demeure la grande et la moyenne distribution. Les prix du bio restent élevés. Peu à peu, suite à la mobilisation des associations de consommateurs, les petits prix du bio envahissent les rayons. Les politiques portent leurs fruits. Les filières cultures trouvent de nouveaux débouchés pour la commercialisation de gros. En 2019, une coopérative d’éleveurs bovins bio voit le jour, vers l’Italie mais aussi en France où l’engraissement regagne du terrain. En 2021, une PAEC (E pour environnementale) met en œuvre une mesure contractuelle de soutien à la bio, aux conversions (20% des surfaces en 2025). Les cours augmentent régulièrement. L’agriculture devient plus rentable mais les terres sont l’objet d’investissements. Des étrangers rachètent cher des exploitations qu’ils confient à des agriculteurs salariés. Les prêts et aides à l’installation ne suffisent pas à financer les reprises. S’installer devient quasi-impossible. Les filières, en réaction, s’investissent dans l’accompagnement technique et économique. La «dé-régionalisation» des politiques agricoles et le contexte spéculatif font perdre leur pouvoir aux structures et politiques de régulation foncière.
3 - «le rebond après le broutard»
Le marché italien s’effondre. L’Europe réduit les financements à l’agriculture et les oriente vers les Pays de l’Est. En dix ans, la Pologne devient le premier fournisseur de maigre de l’Italie. De fortes tensions avec la profession agricole naissent de la réduction des aides. La région Bourgogne lance son programme pour l’agriculture 2022, basé sur l’innovation et la diversification des productions. Un espace collectif Inoco est créé dans la Nièvre en 2023. Il s’agit d’un espace virtuel et physique de rencontres d’acteurs du monde agricole et des leaders animent ces espaces, encouragés fiscalement. En 2021, les élevages bretons hors-sol sont pénalisés par la réglementation environnementale, les éleveurs bovins en difficulté dans la Nièvre y voyant une opportunité de délocalisation. D’autres mettent en place des ateliers d’engraissement de mâles castrés, d’autres se tournent vers les ovins... Grâce aux politiques régionales pour l’innovation, des élevages d’insectes voient le jour. La demande alimentaire à partir de ces produits explose à partir de 2030 grâce à la découverte médiatisée de l’efficacité dans la lutte contre le cancer...
4 - «le sursaut citoyen»
La hausse de la demande en produits locaux conduit à une relocalisation des débouchés, soutenue par une régionalisation des politiques publiques agricoles. Le scandale du pain contaminé relance la polémique sur la traçabilité des aliments. Parallèlement, le coût de l’énergie augmente fortement, de même que celui des transports des produits. Avec de nouvelles perspectives, les jeunes s’installent sur des systèmes plus diversifiés que leurs ainés (maraîchage, lait, ovins). L’élevage bovin reste dominant mais fait une place de plus en plus importante à l’engraissement. Des races plus rustiques, comme la Salers, montent en puissance. Les politiques locales et régionales encouragent la bio, la diversification, les circuits courts. Le hors cadre familial est soutenu, au même titre que la pluri-activité. Sous l’influence de la société nivernaise (consommateurs, collectivités), l’attractivité de l’agriculture nivernaise amène mécaniquement le nombre de candidats à l’installation à augmenter. L’offre de foncier est limitée par le recul de l’âge du départ à la retraite mais les politiques publiques contribuent à limiter la dynamique d’agrandissement...
5 - «des espaces de conservation»
Les politiques environnementales conduisent à la partition de l’espace entre zones de conservation et terres agricoles, où les contraintes environnementales pèsent. La menace de la dégradation du climat et de la biodiversité à mène à une PEC (E pour environnementale) en 2017. En lien avec la PAC, la PEC impose des stratégies de préservation de l’environnement. Des zones de conservation couvriront 15% de la SAU en 2030, essentiellement des prairies. En 2021, la PAC introduit deux types de mesures : l’éco-conditionnalité de toutes les aides du 1er pilier et la mise en œuvre de paiements pour services éco-systémiques. L’élevage nivernais, entre charge de travail et coûts de production en hausse, devient moins attractif, malgré des cours stables. L’entretien des zones de conservation est confié pour partie aux éleveurs. Vu la pression sur le foncier, les agriculteurs s’orientent vers des systèmes moins consommateurs. Les oléoprotéagineux gardent leur place, grâce à la hausse des cours... En 2030, les candidats à l’installation, peu nombreux, n’ont pas de difficulté à trouver du foncier et s’installent sur de petites exploitations avec des systèmes intensifs. Le paiement environnemental vient compléter le revenu agricole....
6 - «la dérégulation»
Les productions européennes sont résolument tournées vers l’international. Suite aux négociations à l’OMC du cycle de Pékin, toutes les barrières douanières sont levées en 2020 sur toutes les productions agricoles et agroalimentaires. L’Europe se voit imposer de réduire son budget agricole. Aides à la production et dispositifs agro-environnementaux sont fortement réduits. Une crise économique entraine une diminution de la consommation de viande rouge mais l’Europe voit une opportunité dans les marchés émergents (Turquie, Asie, Maghreb...). Avec la concurrence sud-américaine, les éleveurs nivernais réduisent leurs coûts de production et les troupeaux sont conduits de façon simplifiée. La taille des exploitations impose un changement de race, plus rustique et qui reste à l’année en extérieur. A l’installation, les bâtiments ne sont plus repris ou vendus à perte mais le curage et l’entretien disparaissent. Les apporteurs de capitaux accélèrent l’augmentation de la taille des troupeaux et des exploitations. La crise économique de 2022 rend l’agriculture «valeur refuge» pour les investisseurs... Les installations sont très limitées. Moins d’une exploitation sur dix est reprise par des successeurs familiaux par manque de rentabilité. Les exploitations les plus grosses, seules à remplir les garanties financières, continuent à grandir. Le nombre d’exploitations diminue de manière drastique...
Les futurs possibles envisagés couvrent une palette la plus large possible. S’il est si difficile de se projeter et d’exprimer des préférences -le débat l’a montré- c’est sans doute que l’agriculture n’est pas une mais plurielle. Il n’y a pas une agriculture mais des agricultures, dans la Nièvre comme ailleurs, et si « la réalité future se trouve certainement entre les 6 extrêmes », la structure agricole risque encore de creuser ses disparités. Pas facile dans ce contexte économique, géopolitique, politique, réglementaire, environnemental, de trancher en faveur de nouvelles politiques publiques qui maintiendront l’agriculture, et donc le niveau de ses nouveaux agriculteurs, mais « des produits bio accessibles à tous, la conservation de la nature et de la biodiversité, la diversification des productions et l’adaptation aux marchés mondiaux » constituent autant de pistes... Pour favoriser la transmission et l’installation, les décideurs -tous les décideurs- doivent s’emparer de ces hypothèses.
Étude décidée par le ministère et ciblée sur la Nièvre
Il y urgence, donc, et les responsables du monde agricole, ensemble, ont entamé une prise de conscience, une volonté de promotion et une dynamique de transmission. Depuis septembre 2013, à la demande du ministère de l’Agriculture, la Draaf Bourgogne et la DDT de la Nièvre, accompagnées d’un cabinet d’études, ont donc engagé une étude prospective, découlant du Plan régional de l’agriculture durable (PRAD) et dont le séminaire du 4 février tirait les conclusions. «Installations et transmission en agriculture : potentialités et dynamiques à l’horizon 2035» est le fruit du travail de 4 ateliers de réflexion (avec la Chambre, les syndicats, l’enseignement, les territoires, les filières, la MSA, la Safer, les banques, les centres de gestion, les Cuma, les experts fonciers et les notaires), sous l’autorité d’un comité de pilotage, qui ont «identifié les variables caractéristiques des problématiques d’installation et de transmission, les ont combinées pour imaginer 6 scénarii plausibles et contrastés». Si les hypothèses, mercredi, ont été largement débattues par tous les participants, aucune piste n’a encore été privilégiée, aucun choix politique arrêté, tandis que le document, dans l’introduction, appelait à «la nécessité de peser autrement sur les stratégies individuelles, susciter des aspirations sur d’autres modèles productifs, y compris hors cadre familial, développer localement de la valeur ajoutée créatrice d’emploi». En clair, bousculer les schémas traditionnels... L’aperçu des pistes qui suit n’y manque pas :
1 - «Poursuite des tendances»
Dans le premier scénario, la demande italienne en bovins maigres se maintient ? Les prix des cultures céréalières et oléo-protéagineux sont fluctuants et connaissent des flambées de prix cycliques qui permettent des investissements menant à l’agrandissement des exploitations. Les débouchés en matière de produits bio et circuits courts sont limités... La surface agricole continue à diminuer, au profit de la forêt mais la demande agricole en foncier reste importante. La dynamique d’agrandissement limite les possibilités d’installation. L’âge de la retraite recule. Les conditions d’accès à la DJA restent plutôt favorables aux descendants d’agriculteurs du territoire. En 2025, la crise de de la grippe bovine éclate. La consommation de viande en France et en Europe diminue. Les prix des bovins chutent. Les plus petites exploitations disparaissent... La réforme de la PAC 2028 instaure une prime unique d’aide au revenu pour toutes les exploitations de 50 000 euros, totalement découplée des productions. La rentabilité des exploitations d’élevage est relativement basse Cette nouvelle réforme ralentit les agrandissements qui restent néanmoins importants...
2 - «le bio structuré»
Pour satisfaire la demande croissante, l’agriculture biologique se massifie, même si le lieu habituel d’achat demeure la grande et la moyenne distribution. Les prix du bio restent élevés. Peu à peu, suite à la mobilisation des associations de consommateurs, les petits prix du bio envahissent les rayons. Les politiques portent leurs fruits. Les filières cultures trouvent de nouveaux débouchés pour la commercialisation de gros. En 2019, une coopérative d’éleveurs bovins bio voit le jour, vers l’Italie mais aussi en France où l’engraissement regagne du terrain. En 2021, une PAEC (E pour environnementale) met en œuvre une mesure contractuelle de soutien à la bio, aux conversions (20% des surfaces en 2025). Les cours augmentent régulièrement. L’agriculture devient plus rentable mais les terres sont l’objet d’investissements. Des étrangers rachètent cher des exploitations qu’ils confient à des agriculteurs salariés. Les prêts et aides à l’installation ne suffisent pas à financer les reprises. S’installer devient quasi-impossible. Les filières, en réaction, s’investissent dans l’accompagnement technique et économique. La «dé-régionalisation» des politiques agricoles et le contexte spéculatif font perdre leur pouvoir aux structures et politiques de régulation foncière.
3 - «le rebond après le broutard»
Le marché italien s’effondre. L’Europe réduit les financements à l’agriculture et les oriente vers les Pays de l’Est. En dix ans, la Pologne devient le premier fournisseur de maigre de l’Italie. De fortes tensions avec la profession agricole naissent de la réduction des aides. La région Bourgogne lance son programme pour l’agriculture 2022, basé sur l’innovation et la diversification des productions. Un espace collectif Inoco est créé dans la Nièvre en 2023. Il s’agit d’un espace virtuel et physique de rencontres d’acteurs du monde agricole et des leaders animent ces espaces, encouragés fiscalement. En 2021, les élevages bretons hors-sol sont pénalisés par la réglementation environnementale, les éleveurs bovins en difficulté dans la Nièvre y voyant une opportunité de délocalisation. D’autres mettent en place des ateliers d’engraissement de mâles castrés, d’autres se tournent vers les ovins... Grâce aux politiques régionales pour l’innovation, des élevages d’insectes voient le jour. La demande alimentaire à partir de ces produits explose à partir de 2030 grâce à la découverte médiatisée de l’efficacité dans la lutte contre le cancer...
4 - «le sursaut citoyen»
La hausse de la demande en produits locaux conduit à une relocalisation des débouchés, soutenue par une régionalisation des politiques publiques agricoles. Le scandale du pain contaminé relance la polémique sur la traçabilité des aliments. Parallèlement, le coût de l’énergie augmente fortement, de même que celui des transports des produits. Avec de nouvelles perspectives, les jeunes s’installent sur des systèmes plus diversifiés que leurs ainés (maraîchage, lait, ovins). L’élevage bovin reste dominant mais fait une place de plus en plus importante à l’engraissement. Des races plus rustiques, comme la Salers, montent en puissance. Les politiques locales et régionales encouragent la bio, la diversification, les circuits courts. Le hors cadre familial est soutenu, au même titre que la pluri-activité. Sous l’influence de la société nivernaise (consommateurs, collectivités), l’attractivité de l’agriculture nivernaise amène mécaniquement le nombre de candidats à l’installation à augmenter. L’offre de foncier est limitée par le recul de l’âge du départ à la retraite mais les politiques publiques contribuent à limiter la dynamique d’agrandissement...
5 - «des espaces de conservation»
Les politiques environnementales conduisent à la partition de l’espace entre zones de conservation et terres agricoles, où les contraintes environnementales pèsent. La menace de la dégradation du climat et de la biodiversité à mène à une PEC (E pour environnementale) en 2017. En lien avec la PAC, la PEC impose des stratégies de préservation de l’environnement. Des zones de conservation couvriront 15% de la SAU en 2030, essentiellement des prairies. En 2021, la PAC introduit deux types de mesures : l’éco-conditionnalité de toutes les aides du 1er pilier et la mise en œuvre de paiements pour services éco-systémiques. L’élevage nivernais, entre charge de travail et coûts de production en hausse, devient moins attractif, malgré des cours stables. L’entretien des zones de conservation est confié pour partie aux éleveurs. Vu la pression sur le foncier, les agriculteurs s’orientent vers des systèmes moins consommateurs. Les oléoprotéagineux gardent leur place, grâce à la hausse des cours... En 2030, les candidats à l’installation, peu nombreux, n’ont pas de difficulté à trouver du foncier et s’installent sur de petites exploitations avec des systèmes intensifs. Le paiement environnemental vient compléter le revenu agricole....
6 - «la dérégulation»
Les productions européennes sont résolument tournées vers l’international. Suite aux négociations à l’OMC du cycle de Pékin, toutes les barrières douanières sont levées en 2020 sur toutes les productions agricoles et agroalimentaires. L’Europe se voit imposer de réduire son budget agricole. Aides à la production et dispositifs agro-environnementaux sont fortement réduits. Une crise économique entraine une diminution de la consommation de viande rouge mais l’Europe voit une opportunité dans les marchés émergents (Turquie, Asie, Maghreb...). Avec la concurrence sud-américaine, les éleveurs nivernais réduisent leurs coûts de production et les troupeaux sont conduits de façon simplifiée. La taille des exploitations impose un changement de race, plus rustique et qui reste à l’année en extérieur. A l’installation, les bâtiments ne sont plus repris ou vendus à perte mais le curage et l’entretien disparaissent. Les apporteurs de capitaux accélèrent l’augmentation de la taille des troupeaux et des exploitations. La crise économique de 2022 rend l’agriculture «valeur refuge» pour les investisseurs... Les installations sont très limitées. Moins d’une exploitation sur dix est reprise par des successeurs familiaux par manque de rentabilité. Les exploitations les plus grosses, seules à remplir les garanties financières, continuent à grandir. Le nombre d’exploitations diminue de manière drastique...
Les futurs possibles envisagés couvrent une palette la plus large possible. S’il est si difficile de se projeter et d’exprimer des préférences -le débat l’a montré- c’est sans doute que l’agriculture n’est pas une mais plurielle. Il n’y a pas une agriculture mais des agricultures, dans la Nièvre comme ailleurs, et si « la réalité future se trouve certainement entre les 6 extrêmes », la structure agricole risque encore de creuser ses disparités. Pas facile dans ce contexte économique, géopolitique, politique, réglementaire, environnemental, de trancher en faveur de nouvelles politiques publiques qui maintiendront l’agriculture, et donc le niveau de ses nouveaux agriculteurs, mais « des produits bio accessibles à tous, la conservation de la nature et de la biodiversité, la diversification des productions et l’adaptation aux marchés mondiaux » constituent autant de pistes... Pour favoriser la transmission et l’installation, les décideurs -tous les décideurs- doivent s’emparer de ces hypothèses.