Élevage
«Le système Cœur de Gamme a de la valeur»
À Moulins-Engilbert, l’éleveur polyculteur Olivier Mouron est engagé dans le système Cœur de Gamme. Il a eu la bonne surprise, à la fin du mois de mai, de recevoir le règlement de sa première vache commercialisée dans cette catégorie, avec une plus-value de 320€.
Pour Olivier Mouron, naisseur engraisseur à Moulins-Engilbert, installé en Gaec avec son frère, les temps sont durs. Comme pour beaucoup de ses collègues, certaines fins de mois sont difficiles, entre charges qui ne cessent d’augmenter et un prix de la viande qui lui n’évolue pas. Alors c’est agréablement surpris qu’il a constaté, sur un règlement qui lui est parvenu fin mai, une plus value de 320€ sur une vache commercialisée en Cœur de Gamme. «C’est 0,77 € de plus au kg que pour une autre vache, témoigne l’éleveur. Pour moi ça fait toute la différence. D’ailleurs tous les éleveurs devraient croire à ce système». pour Olivier Mouron, le système Cœur de Gamme est «la seule solution qui permette de faire remonter le prix des animaux. C’est d’ailleurs regrettable que le pacte qui a été signé par les grandes surfaces ne soient pas toujours respecté. Il faut que tout le monde joue le jeu, la grande distribution et l’abattage car le système Coeur de Gamme a de la valeur. D’ailleurs plus on passera de vaches dans cette catégorie, mieux ce sera. Maintenant il y a un engagement à respecter car toutes les enseignes ont signé».
Une solution face à la crise
Pour Olivier Mouron, cette opération Cœur de Gamme est synonyme d’espoir, dans un climat de crise qui met parfois les nerfs à rude épreuve. Depuis son installation en 1996, l’éleveur assiste, impuissant, à une dégradation de ses conditions de vie. Difficile, voire impossible pour lui de programmer des investissements, quand le montant des aides Pac qui vont lui être attribuées n’est pas connu à l’avance. Les charges augmentent d’année en année: frais de vétérinaire, engrais, fioul, produits phyto, prix du fermage...c’est bien simple, l’agriculteur «vit moins bien qu’il y a vingt ans». «Le tracteur doit être changé ? Eh bien on attend,» témoigne-t-il. «Aujourd’hui on tire sur la corde et on serre les boulons». Mais ce n’est pas tout. Quand il s’agit de son travail, alors que ce père de famille peine à joindre les deux bouts, il se heurte à l’incompréhension générale. Voire, au rejet de certains. «Il y a de l’incompréhension et de la mésentente dans les campagnes. Aujourd’hui, quand les gens voient passer un tracteur qui vaut 100 000€, ils pensent que l’on est riche alors que ce n’est pas le cas. C’est juste notre outil de travail. On nous dit qu’il faut communiquer et expliquer aux gens comment on travaille mais un charpentier n’explique pas aux gens comment il travaille. Il faut que l’éleveur se justifie en permanence. Il y a trop de doutes, de remises en question, à chaque métier son savoir-faire ! Moi j’élève une vache, je la mets à la vente, c’est mon métier».
«À chacun son savoir-faire»
Excédé, exaspéré... Olivier Mouron est à l’image d’une agriculture en manque de reconnaissance et qui aimerait aujourd’hui, retrouver des conditions de vie décentes. «On est au bout du rouleau et s’il n’y a pas une vraie prise de conscience, je ne sais pas où l’on va. Le moral dans les campagnes n’est pas florissant et notre production n’est pas reconnue comme il le faudrait. Aujourd’hui, heureusement que la plupart des femmes d’agriculteurs travaillent à l’extérieur car nous avons des familles à nourrir».
Olivier Mouron le reconnaît : il tire moins qu’un Smic mensuel de son activité. Et s’il poursuit, c’est aussi par passion. Citoyen «connecté à la nature», il refuse l’étiquette de «pollueur ou déteriorateur de campagne». Ses 70 h par semaine ne lui posent aucun problème. Car rien ne vaut le plaisir de «semer une graine et la voir pousser, ou de faire naître un veau et de le voir grandir».
Une solution face à la crise
Pour Olivier Mouron, cette opération Cœur de Gamme est synonyme d’espoir, dans un climat de crise qui met parfois les nerfs à rude épreuve. Depuis son installation en 1996, l’éleveur assiste, impuissant, à une dégradation de ses conditions de vie. Difficile, voire impossible pour lui de programmer des investissements, quand le montant des aides Pac qui vont lui être attribuées n’est pas connu à l’avance. Les charges augmentent d’année en année: frais de vétérinaire, engrais, fioul, produits phyto, prix du fermage...c’est bien simple, l’agriculteur «vit moins bien qu’il y a vingt ans». «Le tracteur doit être changé ? Eh bien on attend,» témoigne-t-il. «Aujourd’hui on tire sur la corde et on serre les boulons». Mais ce n’est pas tout. Quand il s’agit de son travail, alors que ce père de famille peine à joindre les deux bouts, il se heurte à l’incompréhension générale. Voire, au rejet de certains. «Il y a de l’incompréhension et de la mésentente dans les campagnes. Aujourd’hui, quand les gens voient passer un tracteur qui vaut 100 000€, ils pensent que l’on est riche alors que ce n’est pas le cas. C’est juste notre outil de travail. On nous dit qu’il faut communiquer et expliquer aux gens comment on travaille mais un charpentier n’explique pas aux gens comment il travaille. Il faut que l’éleveur se justifie en permanence. Il y a trop de doutes, de remises en question, à chaque métier son savoir-faire ! Moi j’élève une vache, je la mets à la vente, c’est mon métier».
«À chacun son savoir-faire»
Excédé, exaspéré... Olivier Mouron est à l’image d’une agriculture en manque de reconnaissance et qui aimerait aujourd’hui, retrouver des conditions de vie décentes. «On est au bout du rouleau et s’il n’y a pas une vraie prise de conscience, je ne sais pas où l’on va. Le moral dans les campagnes n’est pas florissant et notre production n’est pas reconnue comme il le faudrait. Aujourd’hui, heureusement que la plupart des femmes d’agriculteurs travaillent à l’extérieur car nous avons des familles à nourrir».
Olivier Mouron le reconnaît : il tire moins qu’un Smic mensuel de son activité. Et s’il poursuit, c’est aussi par passion. Citoyen «connecté à la nature», il refuse l’étiquette de «pollueur ou déteriorateur de campagne». Ses 70 h par semaine ne lui posent aucun problème. Car rien ne vaut le plaisir de «semer une graine et la voir pousser, ou de faire naître un veau et de le voir grandir».
Romaric Gobillot : «Le Cœur de Gamme prend enfin de l’ampleur»
«J’ai eu une vache de réglée en Cœur de Gamme au mois de février et cela représente 0,90 € de plus au kg sur la facture. C’est un peu plus de 400€ donc c’est une très bonne nouvelle. Le Cœur de Gamme prend enfin de l’ampleur et les premiers résultats sont encourageants. Il faut à tout prix intégrer ce système car c’est là qu’on peut être rémunéré au juste prix. C’est dommage que tant de magasins ne jouent pas le jeu alors que tant se disent engagés dans une démarche locale. D’autant plus que les consommateurs sont de notre côté, ils ont confiance en nous mais ne font plus confiance aux distributeurs. Et c’est normal, il faut élargir et généraliser le système. Normalement, on devrait être à 50% de vaches. C’est aussi une reconnaissance de notre travail. Sur mon secteur, il n’y a que le Super U de Tamnay qui joue le jeu alors que d’autres se servent de notre image pour vendre mais nous n’avons aucune retombée. Les agriculteurs, maintenant c’est à nous de communiquer pour nous défendre».