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Agriculture biologique

Le secteur s’est bien comporté en 2019

Le vingt-troisième observatoire régional de l’agriculture biologique vient de paraître. Il révèle notamment une dynamique de conversion qui se maintient. Le bio représente aujourd’hui près de 200 000 hectares en Bourgogne Franche-Comté.
Par Berty Robert
Le secteur s’est bien comporté en 2019
L’Yonne, le Jura et la Haute-Saône sont les deux départements moteurs de la région pour ce qui est de la surface agricole utile en bio.
Quel visage l’agriculture biologique a-t-elle présenté en Bourgogne Franche-Comté (BFC) en 2019 ? À cette question, l’Observatoire régional annuel consacré à ce secteur d’activité apporte des réponses plutôt positives. Publié début décembre, le document montre que, régionalement, le bio est en progression, à l’image de ce qui se passe dans la France entière. 2019 aura établi un nouveau record régional avec 358 conversions ou installations en bio. Cela confirme un mouvement général observé depuis 2015, notamment sur le chapitre des conversions. La BFC pointe désormais au 8ème rang des régions françaises avec presque 2 700 fermes et un total de 195 753 hectares conduits en agriculture biologique, dont près de 60 000 en conversion. C’est +16 % par rapport à 2018. La polyculture-élevage reste l’activité la plus pratiquée par les agriculteurs bios, dominée par l’élevage de bovins. L’année 2019 se caractérise néanmoins par une progression importante des fermes spécialisées en grandes cultures et en viticulture, qui représentent désormais 39 % des fermes de la région.

Des conversions, d’abord en viticulture
L’évolution des surfaces certifiées et en conversion la plus spectaculaire entre 2018 et 2019 s’est observée en Côte-d’Or : la croissance y est de près de 30 %, contre +18,8 % dans l’Yonne et +18,5 % dans la Nièvre. Avec 46 468 ha de SAU bio, c’est toutefois l’Yonne qui occupe le premier rang régional en termes de surfaces bios mais si l’on prend en compte la part de SAU bio par rapport au total des surfaces agricoles, c’est la Haute-Saône qui se classe en tête (13 %). La proportion est de 11 % pour l’Yonne, 9 % pour la Côte-d’Or et 6 % pour la Nièvre. En 2019, les conversions régionales en bio auront porté d’abord sur la viticulture (91/358) devant les grandes cultures (87) et la polyculture-élevage (58). Sur les grandes cultures on observe une dynamique persistante : le nombre d’exploitations produisant des céréales a augmenté de 111, avec de fortes disparités selon les départements. On constate une évolution positive de plus de 15 % dans la Nièvre et en Côte-d’Or, ces départements représentant à eux seuls 60 % des nouvelles fermes céréalières bios. La taille des exploitations de l’Yonne est très supérieure à celles des autres départements. Ce département représente un quart des fermes ayant des grandes cultures, mais presque la moitié des surfaces engagées en AB. La prédominance des exploitations icaunaises spécialisées en grandes cultures (40 % des fermes céréalières de la région) et le déplafonnement des aides conversion sur le bassin-versant de l’Agence de l’eau Seine-Normandie expliquent cette particularité. Les rendements constatés en 2019 par rapport aux rendements moyens sur la période 1999-2018 représentent 136 % en pois de printemps, 122 % en féveroles d’hiver et 114,6 % en pois d’hiver. Pour les lentilles vertes, c’est seulement 74,1 %. En blé de printemps on est à 111,2 %, en blé d’hiver à 104,6 %, en orge de printemps à 90,7 % et en orge d’hiver à 96,5 %. Sur le plan économique, en grandes cultures en 2019, 16 % des exploitations en conventionnel étaient considérées comme à risque élevé, contre 3 % des exploitations en AB.

Résultats économiques stables en élevage allaitant
En élevage, la dynamique de conversion est essentiellement portée par les bovins, soit 62 % des conversions et installations du secteur. Les fermes d’élevage bio de Haute-Saône représentent 21 % du total régional, celle de Côte-d’Or, 13 % et dans la Nièvre et le Doubs, c’est à chaque fois 10 %. En bovins allaitants, en 2019, la dynamique de conversion se poursuit. Cette augmentation est visible en Bourgogne (+ 9 % de la SAU), en particulier en Côte-d’Or et dans l’Yonne (+ 13 et 19 % sur les surfaces en AB). Les élevages allaitants restent les systèmes de production, en élevage bio, où la plus-value liée à la certification AB est la plus faible. Comparés à 2018, les résultats économiques des élevages bovins allaitants bios sont stables et se situent au-dessus de ceux du conventionnel pour la 5ème année consécutive. En bovins lait, le secteur poursuit sa croissance dans une dynamique moindre qu’en 2018. Le nombre d’ateliers bovins lait bio de la région augmente de 3 %. Les ateliers bovins lait bio de Haute-Saône représentent 30 % du total régional, ceux de Côte-d’Or, 6 %, 5 % pour l’Yonne et 3 % pour la Nièvre. En ovins et caprins, 2019 se caractérise par une quasi-stagnation des filières petits ruminants bios, autant en nombre d’ateliers qu’en effectifs totaux. Sur BFC, on compte 136 élevages en ovins viande, 14 en ovins lait et 58 élevages caprins. Sur les porcs, la dynamique d’installation, de conversion et de création d’ateliers est restée positive en 2019 en Côte-d’Or et dans la Nièvre. Les autres départements marquent le pas, sans création ni suppression d’atelier. Fin 2019, la Bourgogne Franche-Comté a présenté une production d’environ 7 000 porcs charcutiers bio, réparti sur un total de 58 élevages. C’est en Saône-et-Loire qu’ils sont les plus nombreux (12). Du côté des volailles, les effectifs régionaux, en poules pondeuses comme en volailles de chair ont fortement augmenté, respectivement de 21 et 28 %. Les départements de Côte-d’Or, de Saône-et-Loire et de l’Yonne regroupent 79 % des élevages de poules pondeuses et 73 % des élevages de volailles de chair de la région. En maraîchage et légumes de plein champ, le total des surfaces régionales atteint 690 hectares contre un peu moins de 600 en 2018, soit une progression de 15 %. En tête, arrive la Côte-d’Or (135 ha) devant l’Yonne (119 ha) et la Saône-et-Loire (110 ha). La Nièvre est loin derrière avec 48 ha. En 2019, les surfaces en conversion (+35 %) ont surtout été implantées en légumes de plein champ. Ces légumes sont produits dans le cadre d’une diversification de la gamme par des fermes en grandes cultures ou en polyculture-élevage.

Un boom bio en viticulture

À l’échelle régionale, le nombre d’exploitations viticoles a augmenté de 17 % et les surfaces en conversion ont progressé de plus de 50 %. Avec 93 domaines viticoles nouvellement engagés, l’année 2019 a été marquée par un « boom » des conversions dans ce secteur. Sur les quatre départements bourguignons, 80 domaines ont entamé une conversion, contre 36 en 2018. Depuis plusieurs années, la Saône-et-Loire connaît une forte dynamique de conversion qui s’est poursuivie en 2019 avec + 27 % de domaines engagés. On observe également en 2019 une importante reprise des conversions dans les vignobles de l’Yonne, avec une évolution en nombre d’exploitations engagées de près de 27 %. Ces conversions en nombre important traduisent une évolution dans les certifications environnementales. En Bourgogne, des domaines certifiés Haute valeur environnementale (HVE) depuis plusieurs années, ayant progressé dans leurs pratiques culturales, franchissent le cap de la certification bio. Au total, BFC compte 537 domaines viticoles certifiés bio ou en conversion. La Côte-d’Or, qui totalisait 49 % des surfaces viticoles de la région, n’en représente plus que 44 % en 2019. Viennent ensuite la Saône-et-Loire avec 22 % des surfaces bios, puis l’Yonne, 18 %. Plus de 20 % des vignes de Côte-d’Or sont engagées en bio. Au total, ce sont donc 13 % des surfaces viticoles de Bourgogne Franche-Comté qui sont engagées en agriculture biologique, plaçant la région légèrement en dessous du niveau national (14 %).