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En route vers Paris...

Le Rhône-Alpes fait étape à Charrin

Mardi 1er septembre, une quinzaine de tracteurs venus de Rhône-Alpes a fait escale à Charrin. Histoire de faire le plein des tracteurs et de profiter de quelques heures de répit avant la convergence nationale vers Paris.
Par Emmanuel Coulombeix
Le Rhône-Alpes fait étape à Charrin
Les Nivernais ont le sens de l’accueil. Mardi soir, vers 19h, ils ont reçu à Charrin, une cinquantaine d’agriculteurs de Rhône-Alpes, venus depuis le matin en tracteur, pour une escale nocturne bienvenue. Ils ont ainsi pu goûter à l’hospitalité nivernaise, d’abord chez Stéphane Aurousseau, pour faire le plein de carburant, puis à la salle des fêtes de la commune où le maire, Serge Caillot, et les administrateurs de la FDSEA et du canton avaient préparé un buffet et permis à leurs hôtes de passer la nuit. Histoire aussi de se mettre dans l’ambiance progressivement du grand cortège national qui a investi, hier jeudi, les rues de la capitale... Mercredi, vers 7h, rejoints par  tracteurs nivernais, le convoi a quitté Charrin jusqu’à Nevers, où l’A77 les attendait pour rallier Gien (45), à midi, où d’autres manifestants devaient grossir les rangs.

Mouvement inter-filières
Toutes les productions agricoles étaient représentées à Charrin. Bien sûr, ce sont les éleveurs bovins allaitants qui ont constitué le gros des troupes nivernaises mais ils rejoignaient des producteurs Rhône-Alpins, représentants des filières laitière, ovine et maraîchère. Des jeunes du Rhône, encore étudiants en agriculture près de Lyon, du haut de leurs 17 à 20 ans, n’étaient pas les derniers, armés de chapeaux blancs distinctifs, à vouloir montrer leur motivation pour un avenir plus serein. «L’installation, dans ce contexte pesant, n’est pas envisageable» ont-ils témoigné mardi soir, après 250 kilomètres parcourus en tracteurs. Vers 20h, à la salle des fêtes de Charrin, où tous étaient regroupés, Stéphane Aurousseau, devant la presse régionale, a justifié une nouvelle fois de ce mouvement de revendication: «On nous demande l’excellence, de payer nos salariés, de loger convenablement nos animaux, de proposer des produits de qualité... mais nous avons des charges plus importantes que nos concurrents européens. Nous réclamons des prix qui rémunèrent nos contraintes et nos normes !» De son côté, Michel Joux, le président de la FDSEA de l’Ain, désigné comme chef de la délégation, enfonçait le clou: «Nous n’allons pas à Paris pour embêter les gens mais pour obtenir des choses ! Nous allons proposer aux parlementaires et au gouvernement de ré-équilibrer le rapport de forces entre les industriels, les distributeurs et les producteurs. Nous prônons une interprofession, avec les consommateurs, pour que l’on parte du coût de revient et non pas du prix de marché dans le calcul des prix. C’est une petite révolution».