Sécheresse
Le pire n'est pas encore certain, mais le mal est fait
Réunis en Côte d'Or, les membres du bureau de la Chambre régionale d'agriculture se sont rendus sur une exploitation d'élevage bovin de l'Auxois-Morvan. Un nouvel état des lieux qui conforte les précédents.
A Goix, à proximité de Saulieu dans une des zones les plus touchées de Côte d'Or, les comptes de la sécheresse sont rapidement faits. Le bilan des premières récoltes de fourrages est navrant avec en moyenne 1,5t/ha au lieu des 4,5t/ha habituelles. Bernard Tursin, n'en est pas à sa première sécheresse, puisqu'il s'est installé en 1975, mais la situation s'aggrave un peu plus chaque jour et le stress gagne. Il va manquer 120 tonnes de foin pour passer l'hiver, sans parler de l'été, car la paille qui manque également ne suffira pas à maintenir les bêtes en état. Un affouragement très mesuré a commencé dans les prés pour les vaches qui nourrissent et certaines surfaces d'herbe ne seront pas récoltées mais reconduites en pâture. En recevant la Chambre régionale sur son exploitation, Bernard Tursin a commenté ce tableau peu réjouissant. Les membres du bureau ont pu ainsi compléter leur connaissance de la situation actuelle, dans l'imminence du dépôt sur le bureau du ministre, du dossier de demande conjointe de reconnaissance en calamité sécheresse.
Si le pire n'est pas encore certain, le mal est fait et [I]«On sait déjà que l'on devra diminuer le nombre de vaches pour passer l'hiver»[i] témoigne Bernard Tursin. Le départ des vaches de réforme est ainsi avancé aux mois de juillet et d'août. Prévoyant, l'éleveur et son fils ont retenu la paille dans le Châtillonnais [I]«mais on n'en connaît pas encore le prix»[i]. Qu'importe, la confiance est là quand les céréaliers qui le peuvent réservent leur paille aux éleveurs du département.
[INTER]Des conséquences à court et moyen terme[inter]
[I]«Il faut aimer son travail»[i] commente sobrement l'éleveur [I]«car la situation est de plus en plus stressante»[i] et l'angoisse pointe sous le discours à l'évocation des conséquences possibles à moyen terme d'une saison estivale tout aussi sèche que le printemps. Quel sera l'état des animaux si la situation perdure cet été ? Dans les zones les plus sèches les prés non fauchés se confondent avec les jachères. Au-delà de la production actuelle, la prochaine saison se trouvera également impactée, car si l'alimentation reste en dessous des besoins des bêtes [I]«la production des mois à venir va s'en ressentir, pour les vaches à vêler comme pour les veaux à grandir»[i]. Heureusement, dans ce pays d'eaux vives, l'eau ne manque pas encore, mais l'abreuvement des animaux nécessite de nombreux tours d'eau, sur des exploitations au parcellaire étendu et morcelé. Et la conduite de cultures dérobées n'est pas toujours accessible à ces structures très spécialisées, où la sole cultivable est rare et même quelques fois inexistante.
[INTER]Un impératif : dégager le marché[inter]
La visite a permis aussi d'évoquer les problèmes de marché. La décapitalisation n'améliore pas la tenue des cours qui accusent comme le précise Jean-Pierre Fleury une baisse de 10% par semaine. [I]«Nous sommes très en-dessous des coûts de production, la viande bovine a encore perdu 20cts en trois semaines»[i]. La réflexion est engagée sur le recours à des outils de dégagement du marché, car sur le plan européen le niveau du filet de sécurité à 1,5 euro/kg, évoqué par Gilles Abry, vice-président de la Chambre régionale, n'est pas acceptable.
Si le pire n'est pas encore certain, le mal est fait et [I]«On sait déjà que l'on devra diminuer le nombre de vaches pour passer l'hiver»[i] témoigne Bernard Tursin. Le départ des vaches de réforme est ainsi avancé aux mois de juillet et d'août. Prévoyant, l'éleveur et son fils ont retenu la paille dans le Châtillonnais [I]«mais on n'en connaît pas encore le prix»[i]. Qu'importe, la confiance est là quand les céréaliers qui le peuvent réservent leur paille aux éleveurs du département.
[INTER]Des conséquences à court et moyen terme[inter]
[I]«Il faut aimer son travail»[i] commente sobrement l'éleveur [I]«car la situation est de plus en plus stressante»[i] et l'angoisse pointe sous le discours à l'évocation des conséquences possibles à moyen terme d'une saison estivale tout aussi sèche que le printemps. Quel sera l'état des animaux si la situation perdure cet été ? Dans les zones les plus sèches les prés non fauchés se confondent avec les jachères. Au-delà de la production actuelle, la prochaine saison se trouvera également impactée, car si l'alimentation reste en dessous des besoins des bêtes [I]«la production des mois à venir va s'en ressentir, pour les vaches à vêler comme pour les veaux à grandir»[i]. Heureusement, dans ce pays d'eaux vives, l'eau ne manque pas encore, mais l'abreuvement des animaux nécessite de nombreux tours d'eau, sur des exploitations au parcellaire étendu et morcelé. Et la conduite de cultures dérobées n'est pas toujours accessible à ces structures très spécialisées, où la sole cultivable est rare et même quelques fois inexistante.
[INTER]Un impératif : dégager le marché[inter]
La visite a permis aussi d'évoquer les problèmes de marché. La décapitalisation n'améliore pas la tenue des cours qui accusent comme le précise Jean-Pierre Fleury une baisse de 10% par semaine. [I]«Nous sommes très en-dessous des coûts de production, la viande bovine a encore perdu 20cts en trois semaines»[i]. La réflexion est engagée sur le recours à des outils de dégagement du marché, car sur le plan européen le niveau du filet de sécurité à 1,5 euro/kg, évoqué par Gilles Abry, vice-président de la Chambre régionale, n'est pas acceptable.
Paille: des actions prometteuses
Dans un communiqué, la FRSEA note que «face à la sécheresse, la solidarité entre céréaliers et éleveurs est aujourd'hui une réalité en Bourgogne». Les représentants de l'Yonne et de la Côte d'Or relèvent le fait que, dans leur grande majorité, les producteurs de céréales ne broieront pas la paille à la moisson. Cependant, les besoins sont énormes et tout doit être fait pour récupérer la paille disponible. Les responsables régionaux espèrent éviter la quête de paille au-delà du territoire français, aussi considèrent-ils que les actions paille sur le terrain, déjà prometteuses, doivent s'amplifier. «La priorité doit conduire les éleveurs à poursuivre leurs efforts à aller chercher dans les zones céréalières pour contractualiser la paille» et «il faut le faire dès maintenant !».